Mario Goetze face à Alessandro Florenzi (à gauche) et Leonardo Bonucci
Mario Goetze face à Alessandro Florenzi (à gauche) et Leonardo Bonucci, lors d'un match amical le 29 mars dernier | AFP

EURO 2016: Allemagne - Italie, le quart aux allures de finale

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Classique parmi les classiques du football, finale avant l’heure de l’Euro 2016, l’énorme choc de ce soir entre l’Allemagne et l’Italie représente de loin le quart de finale le plus alléchant de cet Euro 2016. Les champions du monde affrontent à Bordeaux (21h00) l’équipe la plus convaincante de la compétition, celle aussi qui a sorti l’Espagne double tenante du titre, et celle surtout, que la Mannschaft n’a jamais vaincu dans un tournoi.

Avant le début de cet Euro, l’Italie ne faisait pas figure de grande favorite. Si la Squadra Azzurra a, quelle que soit la compétition, toujours fait partie des prétendants au titre, sa cote a sérieusement pris de l’ampleur depuis sa prestation face à la Roja (2-0). Hormis la défaite anecdotique face à l’Irlande (les Italiens avaient perdu 1-0 alors qu’ils étaient déjà assurés de terminer premiers du groupe E), l’équipe d’Antonio Conte n’a jamais montré de signe de faiblesse.

Conte sûr de sa formule, Löw encore hésitant

Si tous les observateurs louaient l’expérimentée défense composée de Bonucci, Chiellini, Barzagli et de l’incontournable gardien Buffon, le solide milieu de terrain et l’efficace attaque italienne ne sont pas en reste. « Ce ne sont pas les Italiens qu'on connaît d'habitude. Ils ne sont pas concentrés que sur la défense mais jouent aussi très bien vers l'avant », résume Joachim Löw. En utilisant l’ossature et le système en 3-4-3 de « sa » Juventus, Conte a fait dans le classique en utilisant. Et le futur coach de Chelsea a eu du nez en recréant l’ancien duo de la Sampdoria Graziano Pellè – Eder. L’attaquant de Southampton et celui de l’Inter ont déjà inscrit à eux deux 10 buts en sélection, dont déjà trois lors de cet Euro.

Et la dynamique actuelle de la Squadra Azzurra laisse penser que la Mannschaft a de quoi être inquiète. Alors que Conte effectue que peu de changements dans son système, Joachim Löw a encore un peu de mal à trouver la panacée entre son plus fréquent 4-2-3-1 et un 3-3-3-1, mais hésite surtout à laisser le très prolifique Mario Götze en pointe, alors que Julian Draxler semble être en meilleure forme…

Hummels : "Moi, je les ai battus à l’Euro Espoirs 2009"

En 33 affrontements répertoriés par la Fifa, l’Italie s’est imposée à 15 reprises face à l’Allemagne, pour 8 défaites et 10 matches nuls. Si leur dernier duel -en amical- en mars dernier s’est terminé par une lourde défaite des Italiens (4-1), la donne change toujours lors des grandes compétitions. En tournois, les Italiens ayant toujours gagné face aux Allemands, comme en demi-finales de l’Euro 2012 (2-1) et du Mondial 2006 (2-0), ainsi que dans les six précédents affrontements. "Moi, je les ai battus en demi-finale de l'Euro Espoirs 2009, donc mon bilan contre eux est équilibré", a tenté de nuancer Mats Hummels, sachant que Manuel Neuer, Jerome Boateng, Mesut Özil et Benedikt Höwedes, étaient également présents ce jour là.

En revanche l’Allemagne associe jeunesse et expérience, avec une moyenne d’âge de 25,91 ans pour 45 matches internationaux de moyenne. L’Italie, c’est presque le contraire, avec une moyenne d’âge de 28,91 ans et 36 matches internationaux. Mais côté physique, les Italiens n’ont pas grand-chose à craindre, d’autant qu’ils ont pu faire tourner lors de leur troisième match de groupe face à l’Eire.

Löw: "Une Italie bien meilleure qu’en 2012"

"Ce sera encore un match très fermé, prédit le sélectionneur allemand. Quand on voit la façon dont ils ont défendu (contre l’Espagne), on sait évidemment que c'est dans leur chair et dans leur sang de défendre parfois à neuf ou dix joueurs. (…) C'est une Italie bien meilleure qu'en 2008, qu'en 2010 et même qu'en 2012". Mais Löw l’assure : « On n'a pas peur des Italiens. On a confiance dans notre potentiel et si on arrive à l'exploiter on a de bonnes chances de gagner ce match."

Côté italien, l’idée est plus de flatter tant que possible les Allemands, histoire de leur remettre un peu plus de pression. "Les faits parlent pour eux, ils sont champions du monde, ils gagnent plein de matchs, ils ont confiance", a expliqué Alessandro Florenzi. Et comme les Italiens ne savent pas trop faire dans la demi-mesure, Antonio Conte considère quant à lui « qu’il faudra un exploit titanesque » pour vaincre « l’équipe de loin la plus forte de cet Euro ». Samedi soir, tout le monde saura si l’Allemagne est vraiment l’équipe la plus forte de cet Euro 2016.

Romain Bonte