Equipe de France : A qui profite le report de l'Euro 2020 ?

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Auteur·e : Xavier Richard
Equipe de France
Quel visage aura l'Equipe de France lors de l'Euro en 2021 ? | PHILIPPE MILLEREAU / KMSP

L’Euro repoussé à l’été 2021, voilà qui pourrait ouvrir ou refermer bien des portes aux pensionnaires de l’équipe de France. Faut-il s’attendre à une redistribution des cartes ? En quinze mois, il peut s’en passer des choses. Voici la liste de ceux qui ont tout à gagner ou tout à perdre.

Ils vont frapper à la porte : Aouar, Camavinga, Saliba

Si Didier Deschamps n’a pas pour habitude de bousculer ses cadres, il n’a pas pour autant des œillères quand un jeune joueur grille les étapes. Cette saison a d’ores et déjà confirmé tout le bien qu’on pensait d’eux. Le premier d’entre-eux est Houssem Aouar, propulsé leader technique d’un Lyon fragilisé par les absences. Et le milieu rhodanien a répondu présent jusqu’en Ligue des champions. Son activité et sa précocité (il n’a que 17 ans) ont fait d’Eduardo Camavinga une valeur sûre du Stade Rennais, son poumon. Le milieu de terrain a découvert les Espoirs en novembre dernier et ne devrait pas s’arrêter là, d’autant que Blaise Matuidi, autre gaucher suroxygéné, arrive dans la dernière partie de sa carrière. En défense centrale, les Bleus ont de la ressource mais la hiérarchie pourrait être bousculé par William Saliba. Le Stéphanois, qui rejoindra Arsenal cet été (il a été acheté 30 millions d’euros), est l’une des rares satisfactions des Verts cette saison. Son aisance technique et sa réussite dans les duels devraient séduire la Premier League… et Didier Deschamps. On n’oublie pas Dayot Upamecano, quart de finaliste de Ligue des champions avec Leipzig et pilier des Espoirs de Sylvain Ripoll.

Ils ont le pied dans la porte : Dembélé, Thauvin, Tolisso

La blessure et ses dommages collatéraux avait hypothéqué voire anéanti leurs chances. Pour eux, ce report est une bénédiction. On pense évidemment à Ousmane Dembélé, l’éternel absent des feuilles de match, qui doit faire face à un double défi : éviter les pépins physiques et trouver sa place dans un Barça en reconstruction (si on veut encore de lui en Catalogne). Revenu il y a peu à la compétition, Florian Thauvin avait lui encore beaucoup de terrain à franchir pour prétendre à un retour en bleu. Si tout va bien il sera pleinement opérationnel pour la prochaine saison. Une situation quasi similaire pour Léo Dubois avec Lyon même si le latéral droit a déjà retrouvé un rythme plus élevé. Pour Corentin Tolisso, 21 sélections au compteur, ce n’est plus l’infirmerie qui l’embête mais une crise de confiance qui rend sa situation au Bayern Munich délicate. L’Euro ne s’ouvrira qu’en rejouant en Bundesliga ou ailleurs. En attaque où les places sont chères, Jonathan Ikoné et Wissam Ben Yedder ont un coup à jouer en continuant de briller avec leur club. A eux de rester sur le haut de la vague jusqu’au printemps prochain.

Ils vont peut-être prendre la porte : Giroud, Payet, Fékir

Tout le monde prédit sa chute mais il tient toujours… et marque. L’été prochain Olivier Giroud aura 34 ans bien tassés. Malgré ses 35 buts en EDF, le 3e meilleur marqueur de l’histoire des Bleus se sait sur un fil et son faible temps de jeu avec Chelsea le dessert. Son avenir en sélection dépendra de son avenir en club et son efficacité. Autre trentenaire, Dimitri Payet marchera-t-il autant sur l’eau dans un an ? J’en conviens, nous sommes depuis le début dans la pure fiction mais la seconde jeunesse du Marseillais, 32 ans, pourrait ne pas durer et ça fait bien longtemps que Deschamps n’en fait plus un cadre (Il a joué 44 minutes sur les 22 derniers matches de la France). Le cas de Nabil Fékir est différent. Son départ au Bétis Séville n’a pas été une réussite sur le plan de l’exposition. Peu utilisé (25 minutes seulement !) pendant les éliminatoires de l’Euro, l’ancien lyonnais s’éloigne petit à petit des Bleus. L’Euro pourrait être le coup de grâce.