Didier Deschamps
Ca bouge dans les 23, mais la hiérarchie reste la même. | AFP

Equipe de France : le changement, c'est pas pour maintenant

Publié le , modifié le

Engagée face à la l'Albanie et face à Andorre pour le compte des éliminatoires de l'Euro 2020, l'équipe de France se présente avec un groupe bien différent de celui qui avait conquis la Russie à l'été 2018. Dans sa liste de 23, Didier Deschamps a incorporé dix non mondialistes, dont deux nouveaux visages. Mais au regard des nombreux forfaits et de l'opposition relative que représentent l'Albanie et Andorre, difficile de croire à l'annonce d'une nouvelle ère chez les Bleus. La patte Didier Deschamps a encore de beaux restes.

Un an après le triomphe en Coupe du monde, qui aurait misé que 10 joueurs de l'épopée russe ne figureraient pas dans une liste de Didier Deschamps, lui le grand ponte de la stabilité ? Pas grand monde. Et pourtant c'est bien le cas. Au moment d'affronter l'Albanie ce samedi (20h45), le sélectionneur des Bleus devra composer son onze de départ dans une liste de 23 joueurs assez chamboulée. Sept changements ont été opérés par rapport à la liste des 24 de juin dernier et deux novices ont découvert le groupe A (Mattéo Guendouzi et Jonathan Ikoné). Loin d'être une habitude pour Didier Deschamps, qui fait face à une avalanche de blessures. 

Même si dans L'Equipe ce vendredi on évoque des "chances à saisir", et même si, logiquement, certains joueurs vont gratter du temps de jeu, il est très peu probable d'imaginer une révolution ou même l'incorporation durable de nouveaux visages. Si la liste est en partie inédite, c'est avant tout parce que les absents sont nombreux. Benjamin Mendy, Paul Pogba, N'Golo Kanté, Kylian Mbappé, Florian Thauvin, Ousmane Dembélé ou encore Anthony Martial sont trop justes pour tenir leur place. Même Aymeric Laporte, finalement appelé pour la première fois après de longs mois d'attente, a dû renoncer pour passer sur le billard. Il y a fort à parier que la prochaine liste verra la réintégration de plusieurs cadres.

Du changement en trompe-l'oeil 

"On a beaucoup de blessés en ce moment, j'aurais aimé m'en passer je ne vous cache pas (...). Quand arrive la trêve internationale, j'aime bien que tout le monde soit disponible. Là, ce n'est pas le cas. J'ai un choix plus limité, je subis", a reconnu Deschamps en conférence de presse mardi. Le technicien n'a pas renié ses principes. Il aime accorder sa confiance sur le long terme à ceux qui lui ont apporté satisfaction et le bien-être du groupe est prioritaire. Le but du coach est de ne pas miner l'ambiance de groupe, quitte à se priver de talents individuels. Si un joueur n'accepte pas le statut de remplaçant, il reste à quai.

à voir aussi Bleus : Umtiti, Lenglet et Dubois dispensés d'entraînement Bleus : Umtiti, Lenglet et Dubois dispensés d'entraînement

Cette logique peut expliquer en partie l'absence d'un Alexandre Lacazette, dont la dernière sélection remonte à novembre 2017. Mais cela justifie surtout la présence de joueurs de confiance comme Steven Nzonzi, en dépit de performances en berne, mais aussi de jeunes premiers comme Mattéo Guendouzi et Jonathan Ikoné. Les deux habitués de la catégorie espoirs ne sont pas là pour gagner une place. En les sélectionnant, Didier Deschamps veut les mettre à l'épreuve pour voir s'ils sont compatibles avec son projet de jeu et avec le groupe France. D'ailleurs, ils ne devraient pas être titulaires parce que les deux matches prévus ne sont pas de simples rencontres amicales.

Un seul joueur peut vraiment jouer sa carte

La meilleure équipe sera alignée et Deschamps va privilégier ses hommes de confiance. Le onze attendu samedi face à l'Albanie n'aura rien de new look. Un 4-2-3-1 sous la forme Lloris - Pavard, Varane, Lenglet, Hernandez - Tolisso, Matuidi - Coman, Griezmann, Lemar - Giroud est avancé par L'Equipe. Le seul joueur qui a sa carte à jouer, c'est Clément Lenglet. Quelques mois après avoir mis Samuel Umtiti sur le banc au FC Barcelone, l'ancien défenseur nancéien pourrait entamer son installation en charnière centrale, aux côtés de l'indéboulonnable Raphaël Varane. Pour tout autre joueur ambitieux, une grosse performance contre l'Albanie n'offrira pas de garanties, et que dire d'Andorre...

Jonathan Ikoné, la surprise

Ikoné, première sélection chez les Bleus.
Ikoné, première sélection chez les Bleus. © AFP

Dans l'esprit de Didier Deschamps, les hiérarchies sont globalement claires. Dans les buts, Hugo Lloris reste le numéro 1, Alphonse Areola le numéro 2 et Mike Maignan le numéro 3. A gauche, Lucas Hernandez, même s'il revient de blessure, a fait ses preuves. Si Lucas Digne est présent dans la cinquième liste consécutive, il restera sous la menace des deux Mendy (Benjamin et Ferland). En défense centrale, le sélectionneur avait fait son seul choix fort de la liste : se priver de Samuel Umtiti. L'ex-Lyonnais est semble-t-il passé 5e dans la hiérarchie des défenseurs centraux derrière Varane, Lenglet, Zouma et Laporte (qu'il a finalement suppléé).

Au milieu de terrain, les deux titulaires indiscutables resteront Paul Pogba et N'Golo Kanté. Blaise Matuidi a les pieds bien ancrés et Corentin Tolisso fait son retour. Tanguy Ndombélé devrait sans aucun doute faire son retour lors du prochain rassemblement. Pour la sixième place du secteur, Steven Nzonzi (5 fois présent dans les 7 dernières listes) et Moussa Sissoko sont des habitués. Mattéo Guendouzi n'est, au mieux, que le 8e choix... Même chose pour Jonathan Ikoné en attaque, où il est en réalité le 11e choix derrière Mbappé, Griezmann, Giroud, Dembélé, Coman, Fekir, Thauvin, Martial, Lemar et Ben Yedder (et on n'évoque même pas Lacazette). Pas de tremblement de terre à prévoir en septembre.