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Laurent Blanc salue ses joueurs après le match nul contre l'Angleterre | AFP-Hertzog

Entre déceptions et satisfactions

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De ce match nul de l'équipe de France face à l'Angleterre (1-1), émerge un sentiment mitigé. Partagée entre la frustration d'avoir perdu deux précieux points pour son entame d'Euro et la satisfaction d'être restée invaincue depuis 22 matches, notre rédaction pointe du doigt les points positifs et négatifs du premier match des Bleus.

On n'a pas aimé

- L'animation offensive
Les matches amicaux l'ont démontré, la force de cette équipe de France demeure son attaque. Rarement on a connu un tel potentiel offensif. Techniquement, le niveau est très élevé, mais la "timidité" dont parle Laurent Blanc dans les vingt premières minutes n'a pas permis à cette attaque de prendre le match par le bon bout. Face à un double rideau défensif, le jeu de passe à dix dans un petit rayon était bien trop cloisonné à hauteur des trente mètres entre les joueurs dits plus techniques, et ne s'est pas suffisamment donné de l'air sur les ailes. Ainsi, Evra qui se montrait pourtant volontaire sur son côté gauche s'est souvent retrouvé seul au monde. De même, Malouda a eu du mal à se faire une place entre Ribéry, Cabaye et Benzema. A droite, Debuchy n'a pas toujours été bien servi, et a surtout appliqué les consignes de vigilance dues aux qualités de contres des Anglais.

- La fébrilité défensive
Même si les qualités de vitesse des attaquants anglais n'étaient pas évidentes à gérer, Evra et Rami se sont parfois retrouvés piégés. Sa première perte de balle après quelques minutes de jeu, n'a à coup sûr pas rassuré un Rami déjà sous le feu des critiques, et que certains aimeraient bien voir remplacé par Koscielny. Sa complémentarité avec Mexès ne devrait toutefois pas être mise en cause. Quant à Evra, il a commis la faute inutile qui amène le coup franc et le but anglais. Les Français ont été aussi dominés dans les airs, à l'image de Diarra sur le but de Lescott, qui n'a pas senti son adversaire dans le dos.

- Le manque de rythme
La chaleur a sans doute eu une grosse incidence sur le jeu des deux équipes. Les contres anglais n'ont d'ailleurs pas donné lieu à de si grandes frayeurs devant les cages tricolores, mais c'est surtout la capacité des Bleus à relancer et accélérer dans les trente derniers mètres qui s'en est trouvée affectée. A force de trop vouloir tricoter, la percussion a manqué devant le double mur anglais. Les trop nombreux décrochages de Benzema n'ont pas permis d'asseoir une menace permanente dans les 18 mètres anglais et ces derniers en ont profité pour rester en place.

- Le coaching de Blanc
S'il n'est pas déplaisant de voir des gestes techniques, et la facilité avec laquelle un Benzema se dégage d'un adversaire, ce match qui était proposé aux Français était avant tout un match où la présence physique prédominait. Souvent dépassé dans les airs, on  aurait aimé voir un Olivier Giroud prendre place dans les 18 mètres, et agir comme il le fait si bien en tour de contrôle. Laurent Blanc a probablement considéré qu'il ne fallait pas trop modifier le profil de son équipe, et a d'ailleurs mis un certain temps avant d'effectuer des changements poste pour poste. Là encore, la technique de Ben Arfa a été préférée à l'explosivité d'un Valbuena. Mais on sait bien qu'en France, il existe 60 millions de sélectionneurs…

On a aimé

- La réaction de Diarra
Sa mine déconfite au coup de sifflet final en dit long sur son état d'esprit. Conscient d'avoir été fautif sur le but anglais, Alou Diarra s'est par la suite racheté en donnant du fil à retordre aux attaquants anglais. C'est souvent lui qui s'est interposé dans les relances anglaises, par sa présence physique d'abord, et aussi par sa lecture du jeu, n'hésitant pas à provoquer des fautes dîtes techniques afin de couper les jambes de feu des Chamberlain et autre Welbeck. Et il s'en est aussi fallu de peu pour que le joueur marseillais n'égalise de la tête cinq minutes après l'ouverture du score sur un corner.

- La solidité de Mexès et Debuchy
Les soi-disant kilos en trop de Mexès n'ont plus fait parler d'eux lors de ce France-Angleterre. Sûr de lui et appliqué, le joueur de l'AC Milan a permis à ses coéquipiers de prendre eux-mêmes une certaine assurance. Juste dans ses relances, le N.5 de l'équipe de France s'est imposé en véritable patron et su pas son expérience maîtriser les ardeurs des jeunes attaquants anglais. Son tacle à une minute de la fin du temps réglementaire sur Milner a démontré que Mexès avait à la fois la forme physique et la vigilance nécessaires pour se faire respecter des attaques adverses.

- Le rendement de Cabaye
Le temps de s'acclimater à cette température estivale, et de laisser l'équipe prendre ses repères, Yohan Cabaye a une fois de plus convaincu. Apportant en club comme en équipe nationale de bonnes solutions offensives, il a apporté cette percussion dont a un peu trop manqué l'équipe de France. Sentant que ses attaquants avaient bien du mal à trouver des espaces, il a souvent pris sa chance de loin et ainsi semé le doute dans les rangs anglais. Sa reprise de volée à dix minutes de la fin a démontré également qu'il possédait une grande maîtrise technique et cette occasion aurait mérité un autre sort.

- Les tentatives de loin
Ces tentatives de loin représentent d'ailleurs une petite nouveauté. Depuis le missile de Florent Malouda face à la Serbie (2-0), les Bleus et plus précisément leur encadrement ont compris que cette arme était parfois utile. Il faut dire aussi que nombreux sont les joueurs à disposer d'une belle frappe de loin à l'instar de Cabaye, Malouda, Nasri, Benzema, Valbuena ou encore Debuchy. Face au double-rideau défensif qui se dressait devant eux, les joueurs français n'ont pas connu la réussite, mais se sont employés à trouver des solutions, et c'est bien ce qui donne de l'espoir sur leurs deux prochains matches.