Dîtes 23 !

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23 ! C'est le nombre de joueurs que chaque sélection nationale aura le droit d'emmener à l'Euro, en déposant une liste définitive avant le 29 mai. Autant dire que le temps presse et qu'il n'est plus guère de saison de trop hésiter. Ainsi, pour être sûr de ne pas se tromper, Laurent Blanc à décidé de publier deux pré-listes afin d'élargir le plus possible le spectre des joueurs capables d'être concernés. La première sera donnée mercredi à 18h00.

Une première liste de joueurs évoluant à l'étranger

La première liste qui sera rendue publique va concerner les joueurs français évoluant à l'étranger, et la seconde liste, dévoilée le 15 mai, portera sur les joueurs évoluant en France, dont le championnat ne se terminera que le 20 mai. On ignore toutefois le nombre de joueurs qui figureront dans chacune de ses listes. Le sélectionneur français a besoin d'être rassuré sur l'état de forme des joueurs après une saison marquée pour certains par des blessures ou pour d'autres par des difficultés à s'imposer dans leurs clubs. 

Blanc: "J'avais dit aux joueurs: faites en sorte d'être pris et d'être dans le chapeau pour pouvoir être choisi. Cela veut dire qu'il faut avoir du temps de jeu. Si tu ne joues pas ou très peu, ou pire si tu es blessé, tu ne peux pas être choisi" avait déclaré Laurent Blanc.

C'est ainsi que certains joueurs que l'on pensait écartés après une saison chaotique, mais qui semblent revenir dans le rythme pourrait retrouver une chance. C'est par exemple le cas de Hatem Ben Arfa, dont la dernière apparition sous le maillot bleu remonte au 11 août 2010. Son retour en forme après une longue indisponibilité, et le fait qu'il soit redevenu une pièce maîtresse à Newcastle n'a pas échappé à Laurent Blanc qui considère que l'ancien Marseillais devient de nouveau sélectionnable. Tout comme Yoann Gourcuff, auteur d'une saison ratée avec Lyon mais qui a retrouvé une place de titulaire et à qui Laurent Blanc ne ferme pas la porte: "Il a une chance de participer à l'Euro parce qu'on s'aperçoit qu'on n'a pas beaucoup de certitudes dans le domaine offensif. Donc ça lui laisse encore une petite opportunité". Outre les revenants il peut y avoir aussi un joueur dont les quelques sorties internationales ont suffi à convaincre, c'est le cas de Debuchy, ou un néophyte, suivi par le staff tricolore depuis des semaines, contribuant à la réussite de son club ou dont évalue le potentiel, et pour lequel on peut penser que son heure est venue. Ce peut être le cas de Christophe Jallet ou de Raphaël Varane. Il peut y avoir aussi ceux qui n'ont pas satisfait aux critères de performances cette saison parce que les circonstances ont été compliquées avec leurs clubs: on pense là à Philippe Mexès ou à Marvin Martin. Toutes les possibilités semblent donc ouvertes et sans doute Blanc entend-il les explorer.

De l'envie et de la morale 

Malgré tout, au-delà des noms inscrits sur une liste, il convient de ne pas oublier la passé récent, et l'épisode douloureux de Knysna qui a frappé les esprits en même temps qu'il a discrédité l'équipe de France. L'opération reconquête des Bleus est longue et difficile. La Fédération tout comme le sélectionneur et son équipe engagent leur responsabilité et mettent indéniablement en jeu leur image sur ce qui va se passer en Ukraine et en Pologne. Car la dimension collective sera très importante pour donner de la consistance humaine à un groupe qui en a manqué singulièrement depuis deux ans. Les joueurs que Laurent Blanc réunira à Clairefontaine devront donc être jugés sur leurs capacités techniques à aller à l'Euro évidemment, mais aussi et surtout sur leur engagement à respecter les valeurs d'un groupe appelé à vivre ensemble au moins au mois si l'aventure du tournoi s'arrête prématurément et quinze jours supplémentaires si, par bonheur pour eux, les Bleus atteignaient la finale. 

Laurent Blanc, dont le contrat de sélectionneur n'a pas été renouvelé comme il souhait que cela fût fait avant l'Euro, alors que le président de la Fédération Français Noël Le Graët a conditionné une éventuelle prolongation de contrat à un championnat d'Europe réussi: "Cela a été très clair, j'ai toujours envie et j'ai émis le souhait de continuer en équipe de France. Je ne mettais pas les résultats de l'Euro dans la balance. Cela ne se passe pas comme ça, j'en prends acte. Ce n'est pas grave, il ne faut surtout pas que cela vienne envenimer l'ambiance du  groupe et de l'équipe...Il est possible que je signe dans un club étranger si je suis sollicité, si le challenge qui m'est proposé m'intéresse mais je n'oublie pas ma mission  première qui est l'Euro"

C'est sans doute pour cela que le Nîmois veut prendre du recul et voir comment préparer ce rendez-vous européen dans les meilleures conditions. Il faudra donc de l'envie et de la morale. Des joueurs capables de répondre aux exigences d'une phase finale, mais aussi, sur le terrain, capables de répondre à la manière dont Laurent Blanc entend faire jouer l'équipe. Le sélectionneur n'est donc pas sorti de l'auberge. Il doit prendre en compte tous ces critères, en faire l'amalgame, envisager les baisses de régime ou les blessures, anticiper les doutes, parler avec les joueurs pour mesurer leur degré d'implication, et sur une plan purement technique, organiser sa sélection en fonction des postes qu'il vaut mieux renforcer. C'est un casse-tête d'autant plus difficile dans un double contexte: celui de redonner, aux yeux des autres nations, de la crédibilité au football français, mais aussi la position instable concernant son avenir dans laquelle se trouve  Laurent Blanc. Pour réussir, ce dernier doit se concentrer sur l'Euro, ne pas se tromper sur les gens et constituer le groupe le plus fort à ses yeux. A cet égard, ces deux listes seront scrutées avec intérêt. 

Christian Grégoire

Euro