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Deschamps: "C'est bien d'être dans la difficulté"

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Le sélectionneur de l'équipe de France Didier Deschamps est ravi de se frotter à la Serbie, dimanche à Belgrade dans un match officieusement amical, l'occasion pour ses joueurs d'être confrontés à un adversaire coriace à l'extérieur et de se tester "dans la difficulté".

Q: Comment la France aborde ces rencontres sans enjeu dans ce groupe de qualification?
R: "On a une période de deux ans de matches amicaux même si on a été  reversé dans un groupe de 5. On a fait le choix d'avoir des équipes de haut  niveau sur d'autres matches amicaux comme l'Espagne, jeudi. Dans ce groupe de  qualification, la Serbie, le Danemark et le Portugal sont les candidats à une  qualification directe. J'ai pas mal regardé cette équipe de Serbie. Elle a  changé de sélectionneur et quand on regarde poste par poste, la majorité des  joueurs évoluent dans de grands clubs à l'étranger. Individuellement, cette  équipe a beaucoup de qualités. C'est bien pour nous, on aura un adversaire qui  va donner le meilleur de lui-même. C'est bien pour nous d'être dans la  difficulté."

Q: Allez-vous aligner la meilleure équipe possible dimanche?
R: "Je vais aligner une équipe qui sera différente de celle qui a joué  contre l'Espagne. Je considère que c'est normal de donner du temps de jeu à  tous les joueurs qui sont là et qui ont eu peu de temps de récupération. Ce ne  sera pas la même équipe."

Q: L'objectif est-il de finir premier du groupe, même de manière fictive?
R: "On peut avoir cet objectif en interne de finir premier de ce groupe. Je  ne sais pas si vous publierez ce classement mais l'objectif sera de prendre le  maximum de points."

Q: Depuis votre prise de fonctions en 2012, tout se déroule-t-il comme  prévu pour vous?
R: "(Ironique) Tout était prévu bien évidemment, avec l'objectif de se  qualifier pour la Coupe du monde. Après ce match aller en Ukraine (défaite 2-0  en barrage, ndlr) tous les feux étaient au vert. On se sentait tellement sûrs  de nous (rires). Non, ça a mis du temps. Cela s'est construit dans la  difficulté. Le match retour du barrage a changé l'histoire des joueurs, de la  mienne et de mon staff. Le fait d'être à cette Coupe du monde, d'avoir vécu 50  jours ensemble, ce vécu est important et rien ne le remplace. Mais ce n'est pas  parce que certains n'étaient pas là, qu'ils ne pourront pas être là en 2016.  J'ai pris une équipe qui sortait d'un quart de finale de l'Euro éliminé par le  vainqueur mais j'ai amené des choses différentes et des choix différents, comme  c'est le cas quand il y a un changement de sélectionneur."

Q: Loïc Rémy a-t-il à vos yeux un statut de joker ou peut-il être à terme  un titulaire?
R: "Il a commencé des matches aussi. Je ne vais pas cantonner un joueur à  un rôle de joker. Il a la capacité, comme Griezmann, d'apporter quelque chose  quand il rentre. C'est important qu'il ait cette aptitude-là. Débuter, c'est  une préparation différente aussi, psychologiquement, et il faut être prêt aux  deux."

Q: Il a dit hier que vous lui aviez demandé de "muscler son jeu"...
R: "Je ne lui ai pas dit ça. Il a beaucoup de qualités, ce n'est pas que la  vitesse. C'est un joueur qui a toujours marqué des buts mais il est encore  irrégulier, il doit gagner en agressivité. Certains matches, au bout de 30  secondes, il se prend une bonne gifle et il a tendance à tendre l'autre joue  pour en prendre une 2e. Là, il est dans un club, à Chelsea, avec la concurrence  et le manageur qu'il aura (José Mourinho, ndlr), il ne faudra pas qu'il dorme beaucoup."

Q: En faisant arriver des nouveaux joueurs, n'y aurait-il pas le risque de  casser l'équilibre du groupe?
R: "L'équilibre est fragile mais on n'est pas en vase clos. La porte est  ouverte. Si eux restent compétitifs, ce sera peut-être plus compliqué, mais  j'ouvrirai la porte de toutes façons. Parce que c'est logique que certains  puissent venir. C'est plus à ceux qui sont là de faire en sorte que les  nouveaux puissent être intégrés et être bien dans ce groupe."

AFP

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