Dries Mertens retenu par Eder
Dries Mertens retenu par Eder | AFP

Débat: Faut-il renforcer les sanctions contre les fautes d’antijeu ?

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Le match de l’Euro 2016 disputé lundi entre la Belgique et l’Italie a été émaillé de fautes d’antijeu, notamment vers la fin de la rencontre remportée par la Squadra Azzurra (2-0). Si comme bon nombre d'observateurs, certains joueurs italiens considèrent que ces fautes qualifiées souvent de "techniques", voire "intelligentes" font partie du football, elles agacent, voire irritent ceux qui se disent partisans du beau jeu. Francetvsport lance le débat: faut-il renforcer les sanctions contre les fautes d’antijeu ?

CONTRE, par Hugo Monier

La faute n’est pas en dehors du football. Ce n’est pas un élément extérieur, fauteur de troubles dans un ballet pur et gracieux entre 22 acteurs. La faute est un moyen, un outil de plus dans le combat entre deux équipes. La faute d’antijeu, c’est le sens du sacrifice. Accepter une potentielle sanction pour le bien de son équipe.

La faute d’antijeu n’est pas idiote, ce n’est pas de la bêtise crasse, de la méchanceté. Au contraire, elle nécessite une intelligence et une compréhension immédiate de la situation. L’intelligence de faire la bonne faute, au bon endroit, au bon moment. Quelques secondes de plus, quelques mètres plus loin, et c’est trop tard. Combien d’exploits, de victoires de David contre Goliath, sont passés par une défense de mort de faim et des fautes plus proches de l’esprit de Mark van Bommel que de celui de Pierre de Coubertin ?

La faute d’antijeu nécessite d’être encadrée, comme elle l’est actuellement, pour éviter les abus. A ce niveau, les frontières sont claires : la mise en danger de l’intégrité physique de l’adversaire, l’anéantissement d’une action concrète de but et la répétition (deux cartons jaunes). Vouloir supprimer complètement les fautes d’antijeu, c’est demander au football d’être quelque chose qu’il n’est pas. Le football ne peut pas s’affranchir de sa part de vice. Ce serait l’aseptiser, le mettre dans une bulle, perdre du réalisme, du « vrai » et donc de l’émotion.

POUR, par Romain Bonte

Antijeu, « action contraire aux règles ou à l’esprit du jeu ». Tout est dit, le débat est clos ! Le règlement 12 de la Fifa stipule qu’ « un comportement antisportif » mérite un carton jaune. Un rouge peut être sorti lorsqu’un joueur « se rend coupable d’une faute grossière ». Un règlement existe et les arbitres doivent donc l’appliquer, ni plus ni moins. Ne pas sanctionner d’un carton des tirages de maillot, des ceinturages comme celui d'Eder sur Dries Mertens (en photo), c’est autoriser (ou tolérer, ce qui revient au même) des gestes d’antijeu.

Au travers de ce débat, c’est une question fondamentale qui se pose : préfère-t-on voir des artistes du ballon rond ou des truqueurs ? Et si comme beaucoup d’autres, Thiago Motta estime que commettre des fautes tactiques « c’est le football », il serait bien de rappeler à tous ces 'artistes' du ballon rond que ce sont plutôt les dribbles d’Eden Hazard que les tirages de maillot du milieu italien qui font rêver les gamins. C'est juste du bon sens.

Il ne s’agit donc pas de « renforcer les sanctions, mais bien de les mettre en place ! Si l’on considère que de retenir un adversaire ou lui barrer la route n’est pas sanctionnable, on ne parle plus de football, mais de football américain… Et il faut bien distinguer une faute d’un geste défensif. Un beau tacle doit être autant apprécié qu’un beau but !
Si l’on considère que le sport doit véhiculer des valeurs tels que le respect, le fair-play et mettre en valeur des gestes techniques ou collectifs plutôt que des gestes d’antijeu, il serait peut-être temps de changer les esprits. Ou alors, on change de sport !

francetv sport @francetvsport

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