Portugal - Pays-Bas Cristiano Ronaldo
Cristiano Ronaldo a qualifié le Portugal | PATRICK HERTZOG / AFP

Cristiano Ronaldo est de retour

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Deux buts, deux poteaux, des occasions en pagaille, des gestes de grande classe, Cristiano Ronaldo a fait taire les critiques qui s'abattaient sur ses performances depuis le début de l'Euro. L'attaquant du Real Madrid a porté son équipe pour écarter les Pays-Bas 2 à 1 et se qualifier pour les quarts de finale. Attention, Cristiano Ronaldo a retrouvé le chemin des buts.

Après deux matches très moyens, accumulant les  maladresses et laissant poindre plusieurs signes d'irritation, Cristiano Ronaldo a enfin livré une prestation digne de ses sorties madrilènes (60 buts cette saison). Inspiré dès les première minutes avec une frappe sur le poteau (16e), il est monté en puissance au fur et à mesure de la rencontre. Après un tête cadrée détournée in extremis par Stekelenburg (23e), il a égalisé sur un classique: balle dans la profondeur et duel face ayu gardien (28e). L'occasion d'adresser un message à son enfant qui fêtait ses deux ans  dimanche: "pour toi mon fils". Dangereux devant les buts, il s'est montré hyperactif dans le jeu en délivrant des passes excellentes et en multipliant les courses tranchantes.

"Fallait pas l'énerver"

Si la Selecçao avait retrouvé des couleurs mercredi (3-2 contre le Danemark), Cristiano Ronaldo  était apparu énervé et inefficace. Il a entre autres manqué deux face-à-face avec le gardien danois. Inhabituel. "Tout le monde a le droit de rater des occasions, moi aussi, a-t-il relevé.  J'aurais aimé marquer, vous me connaissez, mais j'ai donné mon maximum. Les  buts vont arriver. L'équipe a gagné, c'est tout ce qui m'importe. Si je ne  marque pas dans cet Euro et que l'équipe le gagne, je signe tout de suite".

Du coup, un débat a animé l'avantè-match. Le capitaine subit-il trop de pression ? Toute la délégation lui apporte  son soutien, mais aussi un surcroît de responsabilité, sur le mode: s'il n'a  pas encore marqué, il le fera lors du troisième match. "Il aura une grande  responsabilité pour nous parce qu'on a un match décisif" dimanche, a ainsi  glissé le sélectionneur Paulo Bento mercredi soir. Puis, après s'être manifestement recoiffé dans les vestiaires à la  mi-temps, le capitaine a ensuite assuré la qualification portugaise pour les  quarts. Avec son deuxième but (74e), celui de la victoire, Cristiano Ronaldo a endossé le costume pour lequel il s'est préparé. Il a même aussi délivré un bijou de passe pour Nani,  qui a manqué l'immanquable.

Prendre ses responsabilités

Pris en grippe par la presse de son pays qui attend monts et merveilles de son attaquant, Ronaldo  a parfaitement pris ses responsabilités au cours de la rencontre en frappant dix fois au but et en créant du danger sur chaque ballon.  Hormis ces deux buts, Ronaldo a été de toutes les actions dangereuses de  son équipe, avec dans l'ordre un tir sur le poteau (16e), une tête plongeante  au ras du montant (35e), une passe qui aurait mérité d'être décisive pour Nani  qui a échoué de près face au gardien (72e), jusqu'à un dernier déboulé et une  frappe du gauche tendue qui a encore heurté le poteau (90e) !

Le protégé de José Mourinho a confirmé les propos de l'ancienne gloire Luis Figo qui demandait à la  Selecçao "d'aider" son joueur phare. "Je pense que l'équipe doit lui donner plus d'occasions, afin qu'il ait un  meilleur rendement", affirme Figo, 39 ans. "Cristiano excelle dans la finition,  pour marquer des buts. Alors, si l'équipe ne parvient pas à lui fournir des  occasions de but, ses performances ne peuvent pas être bonnes." En accédant au quart de finale, le brillant joueur formé au Sporting Portugal a posé la première pierre de son ambition: remporter l'Euro et le ballon d'or.

Mathieu Baratas