Cinq bonnes raisons pour que le Portugal de Cristiano Ronaldo remporte l’Euro 2016

Cinq bonnes raisons pour que le Portugal de Cristiano Ronaldo remporte l’Euro 2016

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Volontaire et chanceux, brillant par intermittence, le Portugal affiche une belle sérénité sur ces matches à éliminations directes malgré un fond de jeu très moyen. Ronaldo assez loin de son meilleur niveau, la Seleçao s’en remet à l’inusable Pepe, à sa pépite Renato Sanches et à un mental retrouvé pour viser les étoiles.

Ronaldo n’est pas extra mais le Portugal arrive à s’en sortir

Hormis un très bon match face aux Hongrois, avec un doublé et une passe décisive, Cristiano Ronaldo a plutôt déçu pour l’instant. Un premier match frustrant contre l’Islande puis un deuxième très décevant ponctué d’un penalty manqué face à l’Autriche (0-0) ont mal lancé la star du Real Madrid. Son réveil contre la Hongrie (3-3) n’a pas été suivi d’effet lors du 8e de finale face à la Croatie (même s’il est impliqué sur le but portugais avec un tir dévié par Subasic sur Quaresma) ni lors du quart contre la Pologne ou CR7 n’a rien réussi de bien sauf son tir au but. Malgré un Ronaldo en demi-teinte, le Portugal a rejoint le dernier carré. Mais il aura du mal à gagner l’Euro sans un grand Ronaldo.

Renato Sanches se révèle au grand public

Aussi physique que Christian Karembeu et Edgar Davids, aussi technique que Clarence Seedorf, voici Renato Sanches. Le milieu de terrain portugais, qui aura 19 ans dans un mois et demi, éblouit tous les observateurs par son talent et sa capacité à rayonner dans l’entrejeu. Infatigable, percutant et altruiste, le futur joueur du Bayern Munich s’est découvert buteur jeudi soir au stade Vélodrome. La Pologne menait 1-0 depuis l’entame de match lorsque Renato Sanches a surgi : après s’être appuyé sur Nani, qui lui redonna le ballon dans de bonnes conditions, le jeune prodige prenait son temps pour tirer d’une gauche légèrement dévié qui trompait Fabianski. Ce garçon ira loin.

Pepe tient la baraque derrière

Pepe n’a pas encore péter un câble ni pris un carton rouge et c’est une bonne nouvelle pour le Portugal. Patron d’une défense qui évolue au fil des matches, le joueur du Real Madrid a fait preuve d’une belle assurance contre la Croatie comme face à la Pologne. On l’attendait dans les matches couperets ? Il est bien présent. Toujours dur sur l’homme, Pepe a pour l’instant bien canalisé son énergie pour la mettre au service d’un secteur défensif friable au premier tour (un but encaissé devant l’Islande et surtout trois contre la Hongrie). Jeudi à Marseille, c’est lui qui a freiné la reprise de Milik permettant l’arrêt de Rui Patricio au cœur d’une seconde période bien maîtrisée. Avec lui au top, le Portugal est bien plus solide.

La réussite du champion

Pour arriver jusqu’en demi-finales, le Portugal a bénéficié d’un parcours favorable et d’une certaine réussite. L’Autriche a été beaucoup moins redoutable que prévu et pourtant les Lusitaniens sont les seuls à ne pas avoir gagné contre elle. Dominatrice face à l’Islande, la Seleçao s’est laissé rejoindre sans être capable de doubler la mise. Contre la Hongrie, le Portugal a eu la chance de savoir avant le match qu’un résultat nul la qualifiait pour les huitièmes de finale. Serait-il parvenu à inscrire un quatrième but s’il avait fallu arracher la victoire à tout prix. La formule à 24 équipes comme le fait d’être placé dans le groupe F a clairement avantagé les Portugais qui ont eu le mérite d’en profiter. Devant la Croatie, la réussite était encore de leur côté avec cette tête d'Ivan Perisic sur le poteau avant la contre-attaque amenant le but vainqueur de Ricardo Quaresma. Et on sait l’avantage de commencer lors d’une séance de tirs au but, ce qui fût le cas contre la Pologne…

Le Mental

Après deux premières rencontres qui donnaient un mauvais aperçu du mental affiché par ses joueurs, le Portugal a bien réagi lors de ses trois derniers matches. Contre la Hongrie, les hommes de Fernando Santos sont revenus au score à trois reprises, montrant ainsi une belle force de caractère. Face à la Croatie, ils ont misé sur la patience pour endormir l’un des favoris du tournoi après la première phase. Et ils ont attendus le money time pour planter le but de la gagne, quand il était trop tard pour un éventuel retour croate. Enfin, ils ont su revenir assez rapidement à la marque devant la Pologne avant de commencer à douter. Avant de faire montre d’une grande maîtrise lors de la séance des tirs au but contre une équipe qui avait sorti la Suisse dans cet exercice. La Grèce en 2004 avait affiché une telle solidité mentale, mais sa défense semblait plus solide. Le Portugal a deux matches pour confirmer ses bonnes dispositions dont –a priori- au moins un face à une grande équipe.

Grégory Jouin @GregoryJouin