Les attaquants "Oranje" Robin van Persie (de dos) et Klaas-Jan Huntelaar
Les attaquants "Oranje" Robin van Persie (de dos) et Klaas-Jan Huntelaar | JERRY LAMPEN / ANP / AFP

Cadors poussifs, outsiders déterminés

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Alors que les dernières listes de joueurs sélectionnés pour l'Euro tombent aujourd'hui, la plupart des nations ont déjà joué un match de préparation. Si certaines d'entre elles inquiètent, à l'image de nombreux cadors, d'autres arrivent en Pologne et en Ukraine dans une grande forme. Petit tour des forces en présence avant le 8 juin date du début de la compétition, alors que restent à jouer de nombreux matches amicaux.

Groupe A : Grèce, Pologne, République Tchèque, Russie

Les Grecs ne gagnent plus. Depuis quatre matches et une victoire en Géorgie (1-2), les hommes de Fernando Santos ne trouvent plus la recette. Un dernier match amical face à l'Arménie peut leur permettre de se rassurer avant une entrée dans la compétition face au pays organisateur, la Pologne. Des Polonais à la trajectoire opposée avec deux victoires consécutives en amicaux (1-0 contre la Lettonie et la Slovaquie) avant une ultime confrontation amicale face à Andorre.
Idem pour la République Tchèque, invaincue depuis cinq rencontres. La Hongrie leur servira de dernier galop d'essai. Quant aux Russes, ils auront encore deux opportunités de s'étalonner avant le 8 juin, face à la Lituanie et l'Italie. Leurs matches nuls face à la Grèce puis l'Uruguay, complétés d'une victoire sur le Danemark à Copenhague offrent certaines promesses.

Groupe B : Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Portugal

Mise en déroute par la Suisse (5-3), l'Allemagne attend avec impatience ses huit internationaux du Bayern. Un dernier test face à Israël jeudi pourra permettre à Joachim Löw d'affiner ses choix. "Un bon résultat serait souhaitable, pour nous donner un peu d'allant", a  d'ailleurs reconnu Löw mardi en conférence de presse, avant d'ajouter que "les  choses sérieuses ne commenceront vraiment que la semaine prochaine en Pologne".  Les Portugais, eux, confirment leurs difficultés après des éliminatoires compliqués. Trois matches nuls et vierges sur leurs quatre précédentes sorties internationales, dont le dernier en date face à la Macédoine. Le dernier match contre la Turquie est le dernier espoir de se rassurer pour espérer sortir de ce "groupe de la mort".

Pour le Danemark de Morten Olsen, doyen des techniciens de cet Euro, l'affaire est mal embarquée. Deux défaites à domicile face au Brésil (1-3) et la Russie (0-2) ont remis en cause une belle campagne qualificative durant laquelle ils avaient devancé le Portugal. Le match amical face à l'Australie revêt donc une importance capitale. Enfin, les Pays-Bas semblent sombrer dans le doute. Battus à domicile par la Bulgarie (1-2) après une déroute (3-0) en Allemagne en novembre dernier, les Oranje n'ont signé qu'une victoire sur leurs cinq derniers matches.

Groupe C : Croatie, Espagne, Italie, Eire

Les Croates doivent à tout prix arriver fin prêt dès le début de l'Euro car ils commencent par la supposée équipe la plus faible du groupe, l'Eire. Après leur net succès sur l'Estonie (3-1), les joueurs semblent l'avoir intégré. Cet ultime déplacement en Norvège pourrait le confirmer. Pour les tenants du titre espagnols, la donne est la même. Confrontés d'entrée à l'Italie, l'Espagne devra se montrer plus solide que ces derniers temps face aux cadors (défaites 2-1 en Italie et 1-0 en Angleterre en amicaux). Avec une arrivée tardive des internationaux du Barça et de l'Athletic Bilbao, la formation de Del Bosque n'aura qu'un match pour se rôder.

Leurs adversaires italiens ne paraissent pas en meilleure posture. Deux matches amicaux perdus consécutivement contre l'Uruguay et les Etats-Unis à domicile (0-1 les deux fois) et une affaire de paris truqués qui éclate au pays. La sérénité n'escorte pas les protégés de Prandelli, qui pourrait la reconquérir en cas de victoire face aux Russes après l'annulation du match contre le Luxembourg qui devait avoir lieu mardi à Parme (séisme). Quant à l'Eire, elle pourrait être l'épouvantail de ce groupe. Equipe très accrocheuse qui prend peu de buts (5 lors des 12 derniers matches), elle s'annonce difficile à bouger.

Groupe D : Angleterre, Suède, France, Ukraine

L'Angleterre sort du flou. Le premier match de Roy Hodgson sur le banc de la sélection s'est soldé par une victoire en Norvège (0-1). Mais la condition physique des joueurs de Chelsea (Lampard, Terry, Cole) qui arrivent tout juste déterminera la suite. Ashley Young aligne les grosses performances avec 6 buts et 3 passes décisives sur les 9 derniers matches des "Three Lions" mais devra encore être présent face à la Belgique pour éviter une première désillusion à son nouveau sélectionneur. Battus par les Anglais et les Danois en novembre dernier, les Suédois se sont réveillés, avec une victoire (1-3) en Croatie. Le talent offensif des Nordiques sera à surveiller, car à la figure de proue Zlatan s'ajoutent Larsson auteur d'un doublé en Adriatique ou encore l'ancien Toulousain Elmander. Le résultat face à l'Islande donnera surement des indications au staff des Bleus, qui connaît bien les deux formations.

Les Ukrainiens paraissent également prêts. Une large victoire sur l'Estonie (4-0) durant laquelle les hommes d'Oleg Blokhine ont fait le plein de confiance. Restant sur trois victoires consécutives, ils semblent décider à marquer leur Euro. Leur dernier déplacement en Autriche s'annonce néanmoins périlleux. Des Bleus assez poussifs pour leur premier match de préparation contre l'Islande (3-2). Mais qui n'ont plus perdu depuis 19 matches, série en cours. Le match amical jeudi contre la Serbie, adversaire accrocheur, sera riche en enseignements pour une sélection dont Gourcuff et Yanga-MBiwa ne font plus partie.

Jerome Carrere