Ben Arfa - Samir Nasri Euro 2012
La tension monte entre Samir Nasri et Hatem Ben Arfa | AFP - Franck Fife

Ca gronde en coulisses

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La tension est montée d'un cran dans les vestiaires de l'équipe de France mardi soir, après la défaite face à la Suède (2-0). Hatem Ben Arfa, Alou Diarra, et Samir Nasri auraient eu un échange musclé suite au match. Simple crise ou malaise plus profond ?

Si les victoires apaisent les tensions dans un groupe, l'inverse est aussi vrai. Depuis sa défaite face à la Suède, mardi soir à Kiev, le collectif de l'équipe de France s'émaille. Depuis deux jours, les joueurs révèlent, à tour de rôle, les soubresauts qui ont remué le groupe depuis ce revers. C'est d'abord Florent Malouda, l'un des rescapés de "l'affaire Knysna" lors du mondial 2010, qui avait évoqué ces frictions en conférence de presse. "On s'est envoyé des missiles" avait-il commenté pour éviter d'égratigner l'un ou l'autre. Depuis jeudi matin, on en sait un peu plus sur le contenu de ce débriefing musclé.

Tout aurait commencé par une réflexion d'Alou Diarra. Le Marseillais, l'un des rares tricolores à s'être montré impliqué tout au long de la rencontre, a critiqué ouvertement le niveau de certains joueurs à caractère offensif. "Ce n'est pas normal" aurait-il crié sitôt après le match. Une réflexion légitime, qui a pourtant eu un effet boule de neige dans le groupe. Samir Nasri, qui s'est senti visé par la remarque lui aurait demandé de rester poli. Mais le mal était fait et la suite a été une triste passe d'armes, rappelant les heures sombres du football français à Knysna, lors de "l'affaire du bus".

Blanc : "Oui, ça a été chaud"

Hatem Ben Arfa aurait agacé Laurent Blanc en restant sur son téléphone portable alors qu'il prenait la parole. "Hatem, tu n'as qu'à appeler ta famille pendant que tu y es" lui aurait lancé le Cévenol pour le recadrer. Le milieu offensif de Newcastle aurait alors réagi en expliquant qu'il y avait des "joueurs plus nuls que (lui)" et qu'il ne comprenait pas son remplacement sur le terrain, à l'heure de jeu. Encore une fois, Samir Nasri semblait être au centre du débat. La situation s'est donc envenimée jusqu'à ce que Ben Arfa propose au technicien tricolore de le renvoyer à la maison.

Bien sûr, ce récit est celui d'un vestiaire, rapporté sous couvert d'anonymat. Il est vraisemblablement à prendre avec des pincettes même si toutes les déclarations des joueurs tendent à le confirmer. Celles de Blanc également : "Oui ça a été chaud, a-t-il commenté laconique face à la presse. Ca existe toujours dans un vestiaire, et souvent après une défaite."

Ce qui s'est dit en vestiaires est finalement la concrétisation de ce que tout le monde avait pu observer sur la pelouse. Une équipe démobilisée, individualiste, éloignée de son sujet. Ce match de mardi aura certainement des répercussions sur l'équipe de France, sur le point d'affronter l'équipe tenante du titre, l'Espagne, samedi à Donetsk. Florent Malouda a déjà confié ne "pas se sentir à (sa) place dans le groupe". Samir Nasri et Hatem Ben Arfa, qui avaient déjà perdu de gros points sur la pelouse, en ont sans doute concédé davantage après-match. Le groupe sera-t-il remobilisé d'ici à affronter la "Roja" ?