L'Italien Mario Balotelli bourreau des Allemands
Mario Balotelli (Italie). | AFP - Francisco Leong

Balotelli sort le très grand jeu

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Depuis quatre ans tout le monde se demande ce que vaut vraiment Balotelli, la réponse a éclaté lors de cette deuxième demi-finale de l'Euro 2012. "Super Mario" a réussi un doublé tout en puissance qui a terrassé l'Allemagne (2-1) et envoyé les "Azzurri" en finale.

Pectoraux à l'air

Cesare Prandelli a eu raison d'insister. "Balo" a rendu la monnaie de sa pièce à son sélectionneur, qui l'a maintenu dans l'équipe "quand tous les tifosi et les médias le voulaient sur le banc", expliquait lui-même l'entraîneur italien. "MadMario" a ouvert le score d'une puissante tête sur une action d'Antonio Cassano (20). Il a pris l'ascendant sur la tête d'Holger Badstuber et pris Manuel Neuer à contre-pied. Puis il a fait basculer le match en décochant un tir surpuissant dans la lucarne  du gardien allemand (36), sur un lancement de Riccardo Montolivo. Balotelli le taciturne avait souri d'une oreille à l'autre sur le premier  but, mais sur le second, celui de la confirmation éclatante de son talent, il a retrouvé son naturel et toisé le public, maillot ôté, pectoraux saillants et regard dur. Avec un carton jaune à la clé.

Le match des revanches  

Mais il a dû goûter cet instant de revanche sur des années de critiques depuis ses débuts en professionnel, en 2007-2008 à l'Inter Milan. Les disputes avec José Mourinho qui le trouvait ingérable? Les feux  d'artifices qui faillirent mettre le feu à sa maison? Les fléchettes lancées à  un stagiaire de Manchester City? Les quatre cartons rouges en deux saisons en  Angleterre? Les bagarres avec ses coéquipiers? Evaporés en deux gestes magnifiques.

Il a écouté comme un bon élève, lui l'adolescent capricieux, les consignes  de Prandelli, qui  lui serinait de prendre la profondeur. "La profonditta, la profonditta!" s'égosillait l'entraîneur, qui avait sorti son N.9 en cours de  match contre la Croatie car il n'obéissait pas. Il l'avait même mis sur le banc au troisième match, contre l'Eire, et Balo,  entré en jeu pour les 20 dernières minutes, avait signé en fin de partie un but  d'une frappe puissante et acrobatique (2-0). Il a gagné sa place dans le onze pour le quart de finale contre  l'Angleterre (0-0, 4 t.a.b. à 2), où il a réussi un bon match, mais manqué de  réussite. Balotelli a aussi eu le cran de tirer et de réussir le premier tir au  but.
 

"MadMario" est vraiment devenu "SuperMario"

Roberto Mancini, son mentor, qui l'avait lancé à l'Inter et l'a attiré à  City, peut aussi s'attribuer une part d'une mérite. Lui aussi a défendu  Balotelli, même après des gestes affreux qui lui avaient valu des cartons  rouges, et une non-convocation en "Nazionale" au nom du code éthique. Fini d'être un paria, tous ses coéquipiers l'ont embrassé sur le second  but, et tout le banc lors de son remplacement par Antonio Di Natale (70). Jeudi soir, Balotelli s'est même excusé pour une passe ratée à Montolivo. Il a changé, Mario...

AFP