Stéphane Lannoy, l'arbitre français présent à l'Euro
Stéphane Lannoy, l'arbitre français présent à l'Euro |

Arbitrage à cinq et sans droit à l'erreur

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Pour la première fois dans un grand tournoi, les arbitres seront cinq sur le terrain lors de l'Euro, avec l'obligation d'éviter une erreur comme celle d'Allemagne-Angleterre au dernier Mondial, une décision à propos de la vidéo sur la ligne de but devant être prise au lendemain de la finale.

Quart de finale du Mondial-2010 entre l'Allemagne et l'Angleterre:  L'Allemagne mène 2-1 quand l'Anglais Lampard expédie une frappe qui touche le  bas de la transversale de Neuer et rebondit nettement derrière la ligne. L'arbitre n'accorde pas le but et l'Allemagne l'emporte finalement 4-1. L'affaire a relancé l'interminable débat entre partisans et opposants de  l'assistance vidéo dans l'arbitrage mais tous au moins sont d'accord sur un  point: ce type d'erreur n'est pas acceptable à ce niveau. Du coup, les expérimentations fusent avec d'un côté les partisans de l'arbitrage humain et de  l'autre une aide vidéo.

Opposant notoire à la vidéo, le patron de l'UEFA Michel Platini a en effet réussi à imposer les deux  arbitres supplémentaires derrière les lignes de but lors de la compétition phare de l'UEFA, après des tests jugés concluants en Europa League (depuis 2009-2010) et en Ligue des champions (à partir de 2010-2011)."Je pense que des humains verront si le but est rentré, si la main de  Thierry Henry (en barrage du Mondial contre l'Eire, ndlr) était main, ce que la  technologie ne verra pas. (...) S'ils se trompent à 5 ils se seraient trompés à 3 mais l'inverse n'est pas forcément vrai", expliquait encore l'ancien N.10 des Bleus en mars.  "Je suis un mec de conviction, je ne peux pas changer, il y a eu 4-5 faits bien précis en Ligue des champions ces deux dernières années, pour juger "balle rentrée-pas rentrée", et les arbitres additionnels ont pris la bonne décision".

Blatter veut la vidéo

Sans surprise, cette solution est également défendue par le responsable de  l'arbitrage à l'UEFA, l'ancien sifflet italien Pierluigi Collina, qui jugeait  au début du mois de mai que "beaucoup de bonnes décisions avaient été prises  sur le terrain" grâce à l'ajout de deux paires d'yeux.  S'il a certainement contribué à une plus grande justice dans les deux  surfaces de réparation et que son rôle préventif ne doit pas être sous-estimé,  l'arbitrage à cinq n'a pourtant pas réglé tous les problèmes et les tenants de  la vidéo mènent le combat de leur côté pour l'imposer.

A leur tête: le N.1 du football mondial, Joseph Blatter, président de la  Fifa. "Nous ne voulons pas de répétition de la dernière Coupe du monde. Je pense  que je peux convaincre le Board que nous devons faire un pas en avant avec la  technologie. Nous ne pouvons pas nous permettre de seulement attendre et voir",  avait-il déclaré en mars.  Et il a été entendu. Deux systèmes concurrents de technologie sur la ligne de but sont actuellement testés. "J'espère que ça ne va pas marcher, sinon ça  va passer", a prévenu Michel Platini. En effet, dans ce domaine, c'est le Board, garant des lois du jeu, qui est décisionnaire. Lors de sa prochaine réunion, il doit se prononcer sur la  technologie vidéo et l'arbitrage à cinq. Elle aura lieu le 2 juillet à Kiev, la veille la finale de l'Euro.

AFP