Gignac
Gignac a permis aux Trigres de remporter leur premier match cette saison | JORGE MARTINEZ / MEXSPORT

André-Pierre Gignac, un Mexicain chez les Bleus

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Peut-être plus encore que le retour d'Hatem Ben Arfa en équipe de France, celui d'André-Pierre Gignac est presque passé inaperçu. Pourtant, c'est bien la première fois qu'un international français évoluant en dehors des championnats estampillés UEFA, est appelé en équipe de France.

Il y a bien eu Nicolas Anelka, lorsqu'il jouait à Fenerbahçe, mais le championnat de Turquie n'est pas aussi "exotique" que celui du Mexique. Jusqu'à ce que Gignac signe avec les Tigres de Monterrey, qui donc connaissait la Liga MX, autrement dit, le championnat mexicain ? A vrai dire, pas grand monde dans l'hexagone… Pour bon nombre d'observateurs, son engagement avec le club de la région de Nuevo Léon, avait laissé entendre que l'attaquant compromettait fortement ses chances de revenir en équipe de France. Mais c'était compter sans l'efficacité de l'ancien buteur de l'OM, qui a déjà inscrit 10 buts en 15 rencontres.

Interrogé à son sujet, Deschamps qui était son entraîneur à Marseille de 2010 à 2012, a rappelé à tout le monde qu'il gardait toujours un œil bienveillant sur lui, même s'il n'avait plus été appelé en Bleu depuis le match amical contre la Suède en novembre 2014 (1-0). "Dédé continue de marquer des buts, il a gardé la forme athlétique qu’il avait avec l’OM. Il fait toujours partie du groupe élargi", a même précisé le sélectionneur qui avait déjà démontré la confiance qu'il lui accordait en le rappelant après trois ans d'absence en Bleu.

Encore une carte à jouer

Pourtant, les rapports n'ont pas toujours été au beau fixe, le joueur étant allé jusqu'à insulter son entraîneur de l'époque avant d'être écarté du groupe en 2011. Mais Deschamps est pragmatique, et il aurait sûrement eu tort de se priver d'un élément qui reste à 29 ans, intéressant. Ses performances en club l'attestent. Son triplé en août dernier face aux Jaguars de Chiapas en est un bon exemple, même si l'on peut s'interroger sur le niveau de ce championnat mexicain…

Toutefois, aux côtés d'autres joueurs étrangers tels que le gardien argentin Nahuel Guzman, le milieu uruguayen Egidio Arevalo et l'attaquant brésilien Rafael Sobis, "APG" avait bien failli remporter la Coupe Libertadores en août dernier, ce qui aurait été une première pour un club mexicain. Mais le football rugueux des Argentins de River Plate (3-0) a anéanti ses espoirs en finale de la prestigieuse compétition sud-américaine. A sept mois du début de l'Euro en France, et alors que la situation des attaquants tricolores est pour différentes raisons encore assez floue, "Dédé Gignac" a encore une carte à jouer.

Romain Bonte