Cristiano Ronaldo Portugal Pays-Bas
Cristiano Ronaldo (Portugal) | SERGEI SUPINSKY / AFP

Allemagne et Portugal : les survivants

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L'Allemagne, qui a battu le Danemark (2-1) et le Portugal, vainqueur de décevants Pays-Bas sur le même score grâce à un doublé d'un Cristiano Ronaldo totalement retrouvé, sont les deux équipes qui ont réussi à s'extirper du fameux "Groupe de la Mort". L'Allemagne affrontera la Grèce et le Portugal retrouvera la République Tchèque en quarts de finale.

La quatorzième tentative a été la bonne. Après 13 tirs au but sans trouver les filets, Cristiano Ronaldo a enfin débloqué son compteur. Et sans doute son esprit. Très critiquée, le plus souvent à juste titre, depuis le début de cet Euro, la star portugaise a attendu le bon moment pour endosser le costume de sauveur et justifier son statut. Face à une formation des Pays-Bas bien décidée à jouer le tout pour le tout, comme en témoignait l'association van Persie-Huntelaar devant et l'intronisation de van der Vart au milieu de terrain, le Portugal a commencé par trembler.

Jouant crânement leur chance, les "Oranje" sont récompensés de leur panache par l'ouverture du score signée van der Vart, parfaitement décalé par Robben, et qui enroulait une merveille de frappe (1-0, 11e). Les Néerlandais, qui devaient battre leur adversaire du soir par deux buts d'écart tout en espérant un succès de l'Allemagne face au Danemark pour se qualifier en quarts de finale, commençaient sérieusement à croire à l'exploit. D'autant que, Ronaldo, à l'autre bout du terrain, touchait du bois (16e) puis voyait son coup de tête dévié miraculeusement par Stekelenburg (23e)… Comble de malchance pour le Portugal, Helder Postiga n'était pas plus en réussite et sabotait complètement son face-à-face contre le portier batave (17e).

Les Pays-bas au plus bas

Mais si le début de match des Pays-Bas donnait l'illusion d'une équipe enfin à son niveau, la réalité du terrain rattrapait vite les Néerlandais, beaucouop trop limités en défense pour prétendre à sortir de ce groupe. Fébriles et lents derrière, mais également très peu inspirés devant, les vice-champions du monde, après plusieurs alertes, sombraient en seconde période. Après plusieurs alertes brûlantes sur la cage de Stekelenburg, les Lusitaniens parvenaient enfin à se mettre définitivement à l'abri grâce à l'intenable Cristiano Ronaldo. Dans tous les bons coups, l'attaquant du Real voyait son abnégation récompensée par un second but, tout en sang-froid, après un service parfait de Nani (2-1, 74e). Succès mérité pour le Portugal et confiance retrouvée pour CR7, qui se classent donc finalement deuxième de ce Groupe B et qui affronteront la République Tchèque en quart de finale alors que l'Allemagne sera opposée à la Grèce.

Dans ce groupe, l'Allemagne n'avait besoin que d'un point. Sa victoire sur  un score serré, la troisième (après 1-0 contre le Portugal et 2-1 face aux  Pays-Bas), ne traduisait pas vraiment sa mainmise, tellement elle a dominé son  sujet et finalement survolé son groupe.

L'Allemagne mâche danois  

Comme prévu, les Allemands confisquaient le ballon, campaient chez les  Danois et accumulaient les occasions nettes, par Müller (2e, 6e) et Gomez (12e,  43e). D'où la logique ouverture du score de Podolski (19e), à la réception d'un  centre de Gomez dévié par Müller, lors d'une première période très ouverte,  suivie d'une seconde beaucoup moins riche en sensations.  Et le Danemark, dans cette affaire ? Privé de ballons, il dégainait les  deux armes qui lui restaient: les coups de pied arrêtés et les contre-attaques.  Krohn-Dehli égalisait ainsi sur un corner en déviant une tête de Bendtner  (24e), et J. Poulsen trouvait le poteau extérieur à l'issue d'un contre et  d'une remise du même Bendtner (51e). Et Agger manquait de peu la lucarne d'une  tête sur corner (84e). Le but marqué relevait néanmoins d'un réalisme extrême de la part des Danois qui ne compensait cependant la pauvreté de leurs offensives. Mais ce  n'est pas ce dimanche qu'ils ont manqué la qualification, mais plutôt mercredi  dernier, lorsque revenus à 2-2 face au Portugal, ils avaient cédé à la 87e  minute (3-2). Leur bonne série face au voisin allemand (trois matches sans défaite, la  dernière remontant à 1996) et les souvenirs de l'Euro-1992, lorsqu'ils avaient  battu les champions du monde de 1990 (2-0), ne leur ont pas donné l'élan espéré.

Déclarations :

Lukas Podolski (milieu de  terrain de l'Allemagne): "Le plus important c'était d'atteindre les quarts de  finale. Cela a été un match très disputé contre un bon adversaire. Pour moi, le  but que j'ai marqué était un but particulier (Podolski honorait sa 100e  sélection), et en plus, je le marque du droit, ce qui est aussi assez  particulier. On a trois victoires en trois matches. Maintenant, on va bien se  préparer pour le match contre la Grèce."

Rafael van der Vaart (capitaine des  Pays-Bas): "C'est très simple: nous  n'avons pas été assez bons. Nous perdons trois fois, tout s'arrête ! Ce que  nous avons montré est très très mauvais. Nous avons certes débuté avec beaucoup  de vitesse, c'était l'objectif, puis tout s'est éteint. Ce fut de plus  en plus mauvais. Et nos adversaires étaient meilleurs."

 

Julien Lamotte