Espagne, Euro 2008
Le peuple espagnol en liesse après la victoire des leurs, 44 ans après leur dernier succès international | PHILIPPE DESMAZES / AFP

2008 : L'Espagne retrouve son trône

Publié le , modifié le

L'Euro 2008 en Suisse et en Autriche voit le retour sur le devant de la scène d'une sélection espagnole en quête de titre depuis 1964. Portés par un Xavi exceptionnel, les Ibériques justifient enfin leur statut d'éternel favori dans les compétitions internationales. Le début d'une domination que la Roja portera jusqu'au sacre mondial.

Encore marquée par leur élimination en huitième de finale de la Coupe du Monde 2006, où ils avaient pêché par orgueil face à la France, les Espagnols arrivent gonflés à bloc à l'Euro. Sortie première de son groupe de qualification, elle retrouve Grèce, Suède et Russie dans un groupe D, à priori abordable.

Les Grecs, tenants du titre, ne sont pas à la hauteur et rentrent à Athènes avec trois défaites dans la besace. Au contraire, les hommes de Luis Aragones écrasent la concurrence et terminent en tête du groupe avec trois victoires. Tous les autres favoris répondent présents à l'exception de la France, vice-championne du Monde éliminée en dernière position de son groupe. La Suisse et l'Autriche, malgré l'appui de leur public à domicile quittent également prématurément la compétition. L'Allemagne, battue par la Croatie, passe malgré tout l'écueil en compagnie de son bourreau.

Historique Russie

Les quarts de finale offrent des confrontations haletantes. Trois d'entre elles se soldent par des prolongations ou des tirs au but. Face à l'Italie, l'Espagnol "San Iker" Casillas stoppe les tentatives de Di Natale et De Rossi pour qualifier les siens.

Les Russes, pour la première fois de leur histoire à ce stade de la compétition créent la sensation en dominant les Pays-Bas, pourtant incroyable de facilité en poule où ils avaient corrigé les champions du monde italiens (3-0) et leurs dauphins (4-1 contre la France). Dans le choc de ces quarts, l'Allemagne vient à bout du Portugal (3-2). Malgré ses cheveux peroxydés au goût douteux, Bastian Schweinsteiger tient la Mannschaft à bout de bras avec un but et une passe décisive.

Xavi, le 500e

En demi-finale, les coéquipiers du capitaine Mickaël Ballack réalisent un nouveau feu d'artifice face à la Turquie (3-2), invitée surprise après avoir pris le dessus sur la Croatie au tour précédent. Philip Lahm offre la victoire et la finale aux siens, au forceps, d'une frappe limpide, à la 90e minute.

Dans le même temps, l'Espagne étrille la Russie (3-0) marquant au passage le 500e but de l'histoire de l'Euro par l'intermédiaire de Xavi. La Roja perd néanmoins David Villa, meilleur buteur de la compétition avec 4 réalisations. Son triplé face à ces mêmes Russes lors du premier tour le fait d'ailleurs entrer dans un cercle très fermé de huit joueurs ayant réalisé pareille performance.

L'Espagne, 44 ans après

Après leur finale du Mondial 2002 perdue et ses deux demi-finales consécutives à l'Euro 2004 puis à la Coupe du Monde 2006, l'Allemagne aimerait renouer avec un succès qui la fuit sur la scène européenne depuis 1996. Quant aux Espagnols, ils retrouvent une finale européenne qu'ils n'avaient plus connue depuis 1984 et une défaite face à la France.

Les hommes d'Aragones dominent ceux de Joachim Löw et s'imposent sur la plus petite des marges grâce à Torres qui s'arrache sur une passe de Xavi pour griller la politesse à Lahm et tromper Lehman. Après 44 ans de malédiction depuis son sacre européen de 1964, l'Espagne règne de nouveau sur le continent.

 

Jerome Carrere