Réupblique Tchèque, Euro 1976
L'équipe tchèque à Paris, quelques mois avant son sacre européen | AFP

1976 : Les Tchèques tombent le mythe

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La RFA, si impressionnante en 1972, se présente comme l'équipe favorite de cet Euro-76. L'essentiel de l'équipe championne d'Europe quatre ans plus tôt est toujours sur le pont. Mais les Allemands vont croiser la route de la Tchécoslovaquie, et notamment celle d'un joueur désormais connu dans le monde entier: Panenka. 1976 ou l'année d'une création sublime.

Quatre ans après leur titre de champion d’Europe et deux ans après leur sacre mondial, les Allemands de l’Ouest débutent l’Euro 1976, joué en Yougoslavie, en position de favori. Victorieux de l’Espagne en quarts, les coéquipiers de Franz Beckenbauer défient en demi-finale le pays organisateur.

Une RFA à réaction

Une équipe de Yougoslavie portée par tout un peuple. Après un quart délicat contre des Gallois accrocheurs (2-0, 1-1), les coéquipiers de Dzajic produisent un jeu de qualité qui leur permet de prendre deux buts d’avance (Papivoda 20e, Dzajic 32e) à la pause. Les tenants du titre sont sonnés mais ils réagissent lors d’une deuxième période à sens unique. Fiche marque (65e) puis Dieter Muller égalise à huit minutes de la fin du temps réglementaire. La prolongation s’avère fatale aux Bleus qui encaissent deux nouveau buts (4-2) signés Muller (115 et 119e).

Les Tchèques solides

La prolongation a également lieu dans la seconde demie. Elle oppose la Tchécoslovaquie du gardien Viktor à la Hollande de Cruyff, finaliste malheureuse de la Coupe du monde 1974. Les Bataves veulent leur revanche contre la RFA mais les Tchèques possèdent un bloc compact à même de les contrarier.

De fait, le jeu vif et fluide des Oranges est inefficace. Ondrus ouvre le score dès la 20e minute et, malgré une nette domination, les Pays-Bas doivent attendre l’entame du dernier quart d’heure pour forcer le verrou tchèque (Ondrus contre son camp). La Tchécoslovaquie, plus fraîche, crucifie la Hollande (3-1) dans les ultimes moments de la partie (Nehoda et Vesely).

Les Allemands ne gagnent pas toujours

La finale oppose donc les Tchèques aux Allemands, à Belgrade. Soutenue par le public yougoslave, la Tchécoslovaquie attaque en fanfare (Svehlik 8e) et double même la mise à la 25e (Dobias). Fidèles à leurs habitudes, les Germains réagissent. Dieter Muller réduit la marque dans la foulée (28e). Mais il faut attendre les arrêts de jeu pour voir Hölzenbein redonner espoir aux coéquipiers de Beckenbauer.

La rencontre paraît ficelée tant les Allemands savent gérer ce genre de situation. Pourtant, contrairement aux pronostics, les Rouges n’abdiquent pas. Viktor rassure sa défense et les attaquants blancs échouent dans leurs tentatives. La séance des tirs aux buts est inéluctable.

Panenka à la postérité

Les Tchèques mènent 4-3 lorsque le tir d’Hoeness s’envole dans le ciel belgradois. La balle de match est pour le brillant Panenka trompant Sepp Maïer d’une feuille morte de génie qui aspire à la postérité. La « Panenka » est née.

La Tchécoslovaquie vient de réussir ce que l’histoire retiendra comme un exploit : battre l’Allemagne aux « pénos » !