Erwann Le Péchoux
Erwann Le Péchoux | GIUSEPPE CACACE / AFP

Mission accomplie pour les Bleus

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Après la débacle de Londres et le "zéro pointé", l'escrime tricolore s'était fixé l'objectif suivant : glâner trois médailles. Si le contrat est rempli et les dirigeants satisfaits, les Bleus peuvent également nourrir quelques regrets.

"Le traumatisme de Londres". Pour la présidente de la Fédération Française d'Escrime Isabelle Lamour, l'échec cuisant des escrimeurs français, revenus de la capitale britannique sans aucune médaille, polluait encore les têtes de ses athlètes. Alors, il fallait laver l'affront, et redorer le blason de l'Equipe de France, sali depuis le stérile séjour londonien. Et c'est désormais chose faite : avec une médaille d'argent en fleuret par équipes féminin, et deux médailles de bronze pour les hommes (à l'épée et au fleuret), les Bleus atteignent le but fixé par Christian Peeters, à savoir rapporter trois précieux sésames à la délégation tricolore :"Il y a une vraie dynamique qui se crée. On a franchi la première marche de  l'Olympiade, j'espère que l'on va franchir les suivantes avec autant d'aisance", s'est réjoui le Directeur Technique National.

Pas de médaille d'or

On aurait très bien pu partir avec zéro médaille, çela aurait été compliqué pour le mental. Sur cette compétition, certains ont pris conscience de leur valeur et ont  emmagasiné de l'expérience". Christian Peeters a très certainement en tête, les jeunes épéistes dames (moyenne d'âge de 21 ans), qui ont échoué au pied du podium, laissant la Roumanie s'emparer la médaille de bronze. Globalement, la délégation tricolore, même si l'objectif fixé en amont a été atteint, peut nourrir de gros regrets. D'abord, les Bleus n'ont remporté aucune médaille en individuel, une première depuis 1983. Mais pour l'entraineur national adjoint Emeric Clos, ce n'est pas vraiment une surprise : "Sur l'ensemble des tireurs, on avait une seule fleurettiste dans les cinq premières au classement mondial. Pour le reste, on n'était pas parmi le haut". Mais surtout, l'Equipe de France n'a pas décroché de médaille d'or. Pourtant, elle semblait tendre les bras aux épéistes Messieurs. Dans une rencontre extrêmement tactique contre l'Ukraine, avec des choix visant à abréger les assauts, prévus sur trois minutes mais souvent écourtés pour non-combativité, les Français se sont inclinés 17-15. Mais se sont ensuite imposés contre la Pologne, et ont pu récolter une - amère - médaille de bronze. 

Mais là n'est peut-être pas l'important. Au delà de la couleur et du nombre de médailles, l'Equipe de France a prouvé qu'elle était capable de chasser ses vieux démons. Londres, c'est derrière. Et définitivement. 

 

Jean Charbon