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La joie des sabreuses Cécilia Berder, Solenne Mary, Léonore Perrus et Carole Vergne | AFP - LOIC VENANCE

L’honneur du sabre est sauf

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Sans médaille point de salut. Grâce à la médaille de bronze des femmes, le sabre repartira du Grand Palais de Paris avec le minimum syndical. Même si ça ne vaut pas de l’or, les Françaises ont eu le mérite de s’accrocher pour monter sur le podium mondial. Remobilisées après leur défaite en demi-finale contre l’Ukraine, les sabreuses tricolores ont battu les Etats-Unis, sans Zagunis, 45-35. En finale, la Russie a facilement disposé de l'Ukraine 45-33.

« A la maison, la baston ! A Paris, la boucherie ! Au Grand Palais, on le fait ! » C’est avec ce cri guerrier et singulier que Cécilia Berder, Solenne Mary, Léonore Perrus et Carole Vergne ont donné le ton de leur combat. Ce ne fût jamais facile tout au long de la journée mais la récompense est là, au bout d’un bel effort collectif. Privés de la double championne du monde et olympique Mariel Zagunis, touchée à une hanche en demi-finale, les USA n’ont jamais lâché le morceau, même largement menée après les assauts de Berder et surtout Vergne (20-11). "On a su dans la chambre d'appel que leur point fort n’allait pas tirer, raconte Solenne Mary, remplaçante en finale pour la 3e place. On est resté sereine même quand elles sont revenues à une touche. On n'a pas sombré comme face à l’Ukrainiennes."

Car la partie n'a rien eu de facile pour les Françaises. Trop contractée, Eléonore Perrus coinçait lors de ses deux premiers relais mais maintenait un bel écart. Le passage de Schneider, bien coachée par Zagunis en bord de piste, relançait les Américaines. Telle une matador, elle acculait Berder et passait un 8-2 pour revenir à une touche (33-32). Mais les Françaises n’allaient pas lâcher si près du but. En collant cinq touches à zéro à Wozniak, Vergne portait l’estocade et offrait à Perrus l’occasion de conclure dans un fauteuil. Ce qu’elle faisait sans trembler 45-35. « On s’est battu jusqu’au bout », dira la sabreuse après son match, le sourire jusqu'aux oreilles. Non, le sabre français n'est pas mort.

"La prochaine fois, on va chercher l'or, annonce l'entraîneur des Françaises Cyril Tahon. Je serai fine bouche de dire que cela ne me convient pas, bien au contraire. Ce qui me convient encore plus c'est l'état d'esprit qu'elles ont démontré pour pour pouvoir se remotiver après cette défaite en demi-finales. Parce qu'à chaque fois qu'on a perdu en demi-finales en Grand Prix, on a eu du mal à se remobiliser et on a fini 4e. Là, on a su redresser la tête pour aller chercher cette médaille de bronze. C'est bien que cela arrive ici à Paris aux Championnats du monde." Voilà qui devrait donner des idées au fleuret, seule arme encore bredouille côte français. Aux dames de s'en inspirer mercredi. Ou aux hommes jeudi.

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