Le pechoux Mondiaux déception 112010
Erwann Le Pechoux a laissé passer sa chance | AFP - LOIC VENANCE

Le Pechoux n'a pas tiré

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Enorme déception pour le chef de file du fleuret tricolore, Erwann Le Pechoux, battu en 16e de finale par un modeste israélien Maor Hatoel. Une défaite sans appel 15-8. Une défaite amère pour l'escrimeur du Pays d'Aix, auteur d'un non match alors qu'un boulevard s'offrait à lui dans le Grand Palais parisien. Dispensé de premier tour grâce au forfait du Britannique Jefferies, Le Pechoux n'a pas su en profiter.

La malédiction du fleuret continue pour Erwann Le Pechoux, éliminé en 16e de finale de la compétition individuelle. Malgré une bonne préparation et un moral au beau fixe, le Fleurettiste a tout simplement oublié de jouer. "Je n'ai pas bien abordé la compétition. Je ne suis pas rentré dans mon match, explique-t-il après sa défaite. J'ai pris des touches d'entrée. Je connaissais bien cet adversaire et je savais qu'en concédant des touches de retard il me faudrait faire le moins de faute possible. Malheureusement, je n'ai pas arrêté de me précipiter, de faire des erreurs. Plus je prenais des touches et plus je voulais en mettre. Tout s'est enchaîné."

On en vient à regretter le forfait de son adversaire en début de matinée, le privant d'une mise en jambe idéale avant de retrouver Hatoel. "Tout le monde m'a dit que c'était bien de ne pas avoir tiré ce matin, indique-t-il.Mais en fait, ce n'était pas facile car je n'étais pas dans le mêmerythme. Peut-être que ça m'a manqué sur les premières touches, que j'aimanqué d'agressivité au départ. Je n'étais pas bien réglé au niveau dema pointe, peut-être que ça a joué." Complètement en dedans sur les premières touches, il n'a finalement pas trouvé ses marques. Devant un public acquis à sa cause, Le Pechoux a cherché la clé en vain. Pas de rébellion. Pas d'envie. "Je n'ai même pas pu me ressaisir et avoir un sursaut d'orgueil, confirme-t-il. J'ai manqué de combativité, d'envie. Ça m'arrive rarement mais je suis complètement passé à côté de mon match. J'ai pris 15-8 contre un mec qui est loin d'être fort. A 14-7, 14-8, je savais que c'était fini." Le Grand Palais serait-il maudit pour les Bleus ? Personne n'ose encore le dire car les compétitions ne sont pas finies mais les échecs se répètent. Le Pechoux ne veut pas prendre la pression comme excuse. Il est le seul coupable. "La pression du Grand Palais ? Je ne pense pas. Elle aurait pu venir au fur et à mesure de la journée. Je n'avais pas beaucoup d'enjeu car c'était un adversaire à ma portée au 2e tour des championnats du monde. Le problème, c'est vraiment moi qui ne suis pas rentré dans le match."

Une chance est passée pour Le Pechoux. Surement pas la dernière mais peut-être la plus belle. Le Français commence déjà à le regretter. La digestion s'annonce difficile. "Bien sûr que je repense à tout ce que j'attendais de ces championnats du monde. J'avais un tableau qui était, pour une fois, presque facile. Les adversaires me correspondait bien et les grosses têtes de série étaient tombées dès le 1er tour. J'avais un boulevard et c'était la bonne occasion ici en France. Pourtant je m'étais bien préparé, je me sentais bien et j'y croyais. On pense à ce qu'on aurait pu vivre aujourd'hui. Cet Israélien, c'était le gros match à passer. Au final, il ne se passera rien et la suite va être dure..."

Championnats du Monde d'Escrime