Sara Errani
L'Italienne Sara Errani | AFP - KENZO TRIBOUILLARD

Errani face à la montagne Williams

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Pour tenter d'accrocher sa deuxième finale de suite à Roland-Garros, Sara Errani (N.5) défie Serena Williams (N.1) en demi-finales. Une joueuse qu'elle n'a jamais battue en cinq affrontements. Mais la terre-battue est sans doute la meilleur surface de l'Italienne, et la moins bonne de l'Américaine, qui veut à tout prix soulever pour la deuxième fois de sa carrière le trophée. Onze ans après son premier sacre, elle aimerait ajouter un 16e tournoi du Grand Chelem à son palmarès.

"Elle est très forte physiquement, c'est une athlète incroyable. Elle a beaucoup de puissance." Sara Errani a parfaitement conscience de ce qui l'attend cet après-midi. Ce n'est un secret pour personne, affronter Serena Williams, c'est faire face à un tir de barrage, c'est maîtriser une puissance dans tous les coups. Et l'Italienne n'est pas physiquement la mieux dotée pour relever le défi. Avec son mètre soixante-quatre et ses 60 kg, elle rend dix centimètres et dix kilos à l'Américaine. Mais élevée tennistiquement en Espagne, aux côtés de David Ferrer, elle a développé une grande intelligence de jeu, et une technique idéale sur terre-battue. Bien campée sur ses jambes, avec une grande mobilité et un courage sans faille, elle assène ses grands lifts qui font bondir la balle très haute, repoussant ses adversaires et lui donnant le temps de réinvestir le terrain. C'est grâce à ses qualités qu'elle avait atteint la finale de Roland-Garros, les demi-finales de l'US Open et les quarts de finale de l'Open d'Australie en 2012.

Le tournoi de Rome comme un signe

Mais jusque-là, ce jeu ne lui a jamais permis d'accrocher à son palmarès la N.1 mondiale. Depuis 2008, cinq matches et autant de victoires pour l'Américaine, qui a cédé une manche qu'à une reprise (à Dubaï 2009), et qui reste sur un succès intéressant cette année sur la terre-battue de Madrid (7-5, 6-2). "Il faut reconnaître sa régularité. A Madrid, le match était difficile", rappelle Serena Williams. Bousculée par Kuznetsova au tour précédent, elle a été contrainte de puiser dans ses réserves mentales pour atteindre ces demi-finales. Et elle ne compte pas s'arrêter là. "Je fais preuve de détermination, je veux remporter à tout prix ce titre ici", a-t-elle rappelé avec conviction après sa qualification.

Le problème réside dans son adversaire, et dans sa propre tête. En affrontant Sara Errani, elle défie le genre de jeu qu'elle n'aime pas, avec une adversaire très présente dans tous les coins du terrain, qui va remettre beaucoup de ses attaques, et sera capable de contre-attaquer à la moindre faiblesse. Peu habituée à revoir certaines balles, la N.1 mondiale doit alors gérer son impatience, sans se frustrer, sans perdre le fil de son match. Et la terre-battue n'est pas son sol préféré, elle dont le jeu de jambes n'est pas la force principale, loin de là. Victorieuse pour la première et seule fois à Roland-Garros en 2002, elle avait remporté le tournoi de Rome juste avant. Cette année, elle a accroché le tournoi romain pour la deuxième fois de sa vie. Serena Williams pourrait y voir un signe.