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Violences sexuelles : la fédération française d'équitation a annoncé une "série d'actions" après la plainte d'une cavalière

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La Fédération française d'équitation (FFE) a annoncé vendredi à Bordeaux "une série d'actions" après avoir été interpellée par une ancienne compétitrice affirmant avoir été victime de viols et agressions pendant son adolescence dans les années 80 par trois encadrants.

Après une première réponse écrite de la fédération qui s'affirme "à l'écoute", la directrice technique nationale de la FFE Sophie Dubourg a indiqué à la presse, à l'occasion du Jumping International de Bordeaux, qu'une "série d'actions (allaient) suivre". L'annonce intervient en plein scandale de violences sexuelles dans le monde du patinage.

Amélie Quéguiner, quinquagénaire, a expliqué dans une lettre au président de la FFE Serge Lecomte, postée sur son compte Facebook, avoir été "la proie et la victime" de trois hommes, "l'enseignant de mon club pendant 10 ans, le CTR (Conseiller technique régional) de l'époque à plusieurs reprises lors de formation dans mon club et déplacement en championnat, un autre enseignant lors d'un stage régional".

"J'avais envie de participer à la parole qui se libère en ce moment"

Elle explique avoir "porté plainte contre ces trois individus, même si les faits sont aujourd'hui prescrits". La plupart se seraient déroulés à l'époque dans les Pyrénées-Atlantiques, et hors de ce département pour des stages. Le parquet de Pau a confirmé vendredi à l'AFP avoir classé sans suite pour prescription, fin 2019, une plainte déposée par Mme Quéguiner en 2018. Cette semaine, elle a annoncé sur Facebook avoir déposé une autre plainte. La gendarmerie a confirmé un dépôt de plainte, jeudi à Laroche-Chalais (Dordogne), visant deux personnes.

Amélie Quéguiner, ex-cavalière professionnelle de bon niveau régional, aujourd'hui directrice de centre équestre en Dordogne, a rappelé qu'elle avait déjà fait état il y a deux ans des viols par son agresseur principal, mais que les récentes révélations de patineuses ont été pour elle un "déclencheur", pour aller plus loin. 

"Cela a éliminé la dernière honte qu'il pouvait y avoir en moi, me dire que je n'étais pas seule à avoir été victime de plusieurs, que ça pouvait se dire et qu'il fallait le dire", a-t-elle déclaré sur France Bleu Périgord. "J'avais envie de participer à la parole qui se libère en ce moment, afin de sensibiliser le plus de monde possible sur l'évidence que ces faits existent dans le sport et dans l'équitation en particulier".

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"Flot de témoignages"

Dans sa lettre au président de la FFE, Amélie Quéguiner assure avoir reçu "un flot de témoignages" depuis ses premières révélations et sa plainte en 2018. "Il y a dans vos licenciés des dizaines de filles et de garçons, mineurs, agressés sexuellemet et violés", lance-t-elle à Serge Lecomte. "La majorité le sont par des enseignants, diplômés ou non, des cadres techniques, des encadrants, des maîtres de stage".

Dans sa missive, où elle répète a plusieurs reprises "dans l'équitation aussi", elle dénonce le fait que son agresseur principal, bien qu'aujourd'hui à la retraite, "continue de prodiguer son savoir lors de stages en centres équestres, et traîne toujours sur les paddocks et les terrains" de saut d'obstacles. Dans un communiqué sur le site de la FFE, Serge Lecomte, évoquant la lettre de Mme Quéguiner, a affirmé jeudi que "sous (sa) présidence, tous les faits dont nous avons été saisis relevant de violence, déviance ou abus sexuels, ont systématiquement, et sans délais, donné lieu à la mise en place de mesures conservatoires", et saisine des services compétents de l'État et de la commission juridique de la FFE.

S'agissant des mis en cause par Mme Quéguiner, Mme Dubourg a assuré pour sa part que "ces trois personnes-là n'ont pas de missions fédérales, donc c'est d'abord (du ressort) du ministère des Sports pour le droit d'enseigner, la carte professionnelle et (de) la justice pour le pénal". Mais "il faut qu'ils soient entendus. Le ministère et la Fédération prendront aussi leurs responsabilités face à ces trois personnes-là", a-t-elle ajouté.  

AFP

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