Equitation longines prétexte
. | AFP - Christophe Bricot

Equitation : le président de la fédération aurait fermé les yeux sur des faits de pédophilie

Publié le , modifié le

Une enquête de Mediapart diffusée le 23 mai revient sur la pédocriminalité qui gangrène le monde de l'équitation. Parmi les cas évoqués par le site d'investigation, celui de Loïc Caudal, reconnu coupable en 2013 et 2017 mais embauché par la fédération française d'équitation (FFE) de 2014 à 2019 met en cause le président de la FFE, Serge Lecomte, accusé d'avoir fermé les yeux sur ces condamnations.

La fédération française d'équitation a-t-elle employé sciemment un homme reconnu coupable d'atteinte et d'agression sexuelle sur plusieurs mineures en 2013 et 2017 ? C'est la question que pose le site Mediapart dans une enquête sur la pédocriminalité dans le monde de l'équitation. Tout en pointant la situation générale dans les centres équestres, l'enquête met ainsi en cause le président de la FFE, Serge Lecomte, qui a employé Loïc Caudal, un éducateur condamné deux fois.

Condamné, évincé mais embauché

Ancien éducateur au centre équestre de Suresnes, Loïc Caudal a été accusé en 2013 d'atteinte sexuelle sur mineure, et a écopé de quinze jours de prison avec sursis. En 2017, il a été reconnu coupable d'agression sexuelle sur trois mineures avant d'être condamné à 1 an de prison avec sursis et mise à l'épreuve. Interdit d'enseigner et d'être en contact avec des mineurs selon son avocate Me Laure-Ingrid Morainville, Loïc Caudal a été viré de son club de Suresnes en 2014 après plusieurs disputes.

Or, suite à ce départ, il a travaillé pour la FFE de 2014 à 2019, comme chauffeur de véhicules publicitaires et poseur de signalétiques, et ainsi été aperçu sur plusieurs concours par des témoins cités dans l'enquête. Joint (difficilement) par Mediapart, Serge Lecomte, président de la fédération mais aussi du centre équestre de Suresnes, dit n’avoir "jamais été avisé des tenants et des aboutissants de cette affaire. Jamais et par personne, même pas par les victimes !". Avant de se justifier ainsi : "Attendez, j’ai d’autres chats à fouetter que d’appeler l’avocat, d’appeler le juge, je l’ai licencié, c’est fini ! En plus, vous savez très bien que je gère plusieurs clubs et que je ne suis pas en permanence à Suresnes. (...) En fait, j’ai su qu’il y a eu de multiples problèmes avec plusieurs jeunes filles. Mais je ne l’ai su qu’après coup."

à voir aussi Violences sexuelles : la fédération française d'équitation a annoncé une "série d'actions" après la plainte d'une cavalière Violences sexuelles : la fédération française d'équitation a annoncé une "série d'actions" après la plainte d'une cavalière

Or, l'enquête affirme qu'au sein de la FFE, les condamnations de Loïc Caudal étaient connues de tous. Fort d'autres témoignages concernant d'autres affaires, l'enquête dépeint un monde de l'équitation où ces agissements sont "affreusement banales" selon Amélie Quéguiner, qui y affirme avoir été violée pendant dix ans par son coach. Face aux nombreuses révélations de ce genre dans le monde du sport cet hiver, la FFE avait mis en place une ligne téléphonique. Auprès de Mediapart, la fédération assure avoir reçu vingt appels sérieux dont 6 portant sur des faits graves.

Adrien Hemard @AdrienHemard

Equitation