Engoulvent (Saur-Sojasun)
Jimmy Engoulvent (Saur-Sojasun) mène le groupe des échappés | LIONEL BONAVENTURE / AFP

Engoulvent lutte contre le mauvais Saur

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Le Sarthois Jimmy Engoulvent a été très actif au sein de l'échappée du jour. Le rouleur y a cru mais les HTC ont mené une chasse impitoyable dans le final. Et Saur-Sojasun est encore bredouille sur ce 98ème Tour de France.

Des allées de platanes. Un plafond très bas. Et au fond une bande de six mineurs face au vent. Six gros rouleurs dont Jimmy Engoulvent, en mission pour son équipe. « J’ai fait des journées où je n’étais pas super. Je m’en voulais un peu car je fais partie des anciens de l’équipe et je dois montrer l’exemple. » Du coup, le Manceau est allé au charbon dans des conditions qu’il apprécie, la pluie et le froid. « On va dans les échappées car on sait que Cavendish est quasiment imbattable dans le sprint. On voyait un peu plus la lumière que le peloton car on n’était que six mais on avait un fort vent de face et de la pluie. C’était très difficile le final encore que les routes étaient belles, larges et rectilignes. »

Après avoir géré son avance, l’écart s’est réduit à l’approche de Lavaur. Le match avec le peloton était lancé. Un mano à mano intense et pas gagné d’avance pour les équipes de sprinteur à cause de cette pluie battante qui ne quitte plus le Tour. Les échappées pouvaient y croire en conservant assez longtemps une trentaine de secondes d’avance. Jusqu’à l’attaque suicidaire du Néerlandais Boom. « A partir du moment où Lars Boom a attaqué, c’était fini, raconte Engoulvent. Je pense que tout seul c’était impossible d’aller au bout. Avec le vent qu’il y avait, même à six c’était difficile. Quand il a attaqué, derrière, plutôt que de s’organiser, des coureurs ont voulu aller le chercher et c’était fini. Quand il y a un peloton qui roule à 60 km/h à deux kilomètres de l’arrivée, on ne peut pas se désunir. Et malheureusement, ça a été le cas. »

Le coup était raté pour les six hommes et par conséquent pour Saur-Sojasun. Encore une fois. On peut toujours se consoler en regardant le même bilan affiché par les autres équipes françaises. « Pour l’équipe, ce n’est pas assez. Le mieux serait de gagner une étape, reprend Engoulvent. Là on se montre mais on n’est pas récompensé. On a fait quatre journées avec un Saur-Sojasun à l’avant. C’est plutôt rassurant parce que ça tourne et que l’équipe commence à bien fonctionner. » L’espoir de l’équipe bretonne réside désormais dans les jambes de Jérôme Coppel. Grimpeur affirmé, il sera dès demain sur son terrain de prédilection dans les Pyrénées. « Après sa chute, Jérôme a eu du mal à s’en remettre, raconte Engoulvent. On espère que ça va aller pour la montagne. Dès demain on sera fixé. On est confiant car c’est un très grand grimpeur. » Suffisant pour gagner à Luz-Ardiden ? Pas sûr.