Jimmy Engoulvent l'un des piliers de l'équipe Saur-Sojasun
Jimmy Engoulvent l'un des piliers de l'équipe Saur-Sojasun | AFP - François Lo Presti

Engoulvent, la force tranquille de Saur-Sojasun

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Plus personne ne regardera Saur-Sojasun de haut. Surtout pas cette année. L’équipe bretonne débarque sur son deuxième Tour de France (invitation ASO, ndlr) nantie d’une belle moisson de victoires et d’un moral d’acier. Vainqueur des Quatre Jours de Dunkerque, Jimmy Engoulvent est l’un des symboles de cette réussite. Et si ça se prolongeait sur le Tour ?

 

Pendant que des formations françaises d’un certain renom stagnent ou régressent, d’autres sont en pleine ascension. Saur-Sojasun est la petite équipe qui monte. « On progresse d’année en année, confirme le Manceau Jimmy Engoulvent, l’un des capitaines de route de l’équipe. On a fait un bon début de saison avec pas mal de victoires. A nous de continuer et de prouver sur le Tour de France qu’on a encore progressé. » Budget légèrement en hausse, recrutement malin, jeune talent, Saur-Sojasun a visé juste. A la veille du départ de Liège, les ambitions sont forcément à la hausse. Jérôme Coppel espère un Top 10 et toute l’équipe va travailler pour ça. La victoire sur une étape, on y pense forcément mais ce n’est pas une obsession. « Le classement de Jérôme est le premier objectif, reprend Engoulvent. Une victoire d’étape, ça dépend beaucoup des circonstances.  On a carte blanche pour aller dans les échappées. Après, l’équipe aidera celui qui est devant. Mais Jérôme Coppel ne sera jamais seul. On va l’aider un maximum. »

La plus belle saison d’Engoulvent

Dans de nombreux coups sur le Tour 2011, Saur-Sojasun n’était pas allé au bout de son idée. Cette année, avec la confiance, la finition est là. Julien Simon n’est pas étranger à cela.  « On a une nouvelle carte avec Julien qui est capable de bien faire lors des arrivées en bosse. C’est une carte à ne pas négliger », indique Cap’tain Jimmy qui a également à cœur de mettre une bonne ambiance dans l’équipe. Gros rouleur, Engoulvent réalise lui à trente-deux ans sa plus belle saison dans le peloton. Sur les Quatre Jours de Dunkerque, il a même frappé un grand coup avec une étape et le général malgré les bosses du Boulonnais.  « J’arrive serein pour mon cinquième Tour, sans trop de pression. J’ai fait un bon début de saison avec trois victoires. J’espère ne pas avoir de pépin de santé. » Ambitieux sur le prologue, le Sarthois vise une belle place. Il ne rêve pas d’un succès car il sait que d’autres coureurs sont plus armés que lui mais son explosivité pourrait le faire entrer dans le Top 20.  « Je vais me donner à 100 % comme d’habitude et ça fera ce que ça fera. J’avais fait un bon prologue en 2004. J’ai progressé depuis. »

« Moi c’est un peu vallonné ou pas du tout… »

Ce Tour pour rouleurs n’est d’ailleurs pas pour lui déplaire. Le Manceau prône tout simplement l’alternance. « 100 km de chrono c’est beaucoup pour les grimpeurs mais les gros rouleurs vont être contents. C’est bien que ça change. Ça permet d’avoir une course différente tous les ans pour ne pas avoir un Tour de France stéréotypé. Et un Tour pour les rouleurs, ce n’est pas trop dérangeant pour moi. » Il ne serait pas étonnant de voir la grande carcasse de Jimmy Engoulvent dans ces longues étapes de transition où la chance sourit parfois aux audacieux et aux courageux. De ce côté-là, il est servi ! Reste à bien doser ses efforts. « Sur les sprints très plats je suis battu de très loin, concède-t-il. Je vais choisir mes arrivées au jour le jour. Se battre pour une place de dix tous les jours, ça use beaucoup d’énergie et demande beaucoup d’efforts. Il va falloir courir intelligemment. Moi, c’est les étapes un peu vallonnées ou pas du tout. » Premier rendez-vous à Tournai ou ailleurs.