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Sara Errani lors de la finale face à Maria Sharapova | PATRICK KOVARIK / AFP

Elles ont marqué la Quinzaine

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De Sara Errani, étonnante finaliste, à Serena Williams, éliminée pour la première fois au premier tour d’un tournoi du Grand Chelem, le tableau féminin de cette 82 édition de Roland-Garros a connu son lot de surprises qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

Les révélations

Elle est sans conteste la grande révélation de ces Internationaux de France. Deux ans après le sacre de sa compatriote Francesca Schiavone, Sara Errani s’est retrouvée en finale de Roland-Garros face à l’ex-future N.1 mondiale, Maria Sharapova. Si en finale, la joueuse de Bologne a probablement eu du mal à gérer la pression, elle a démontré en l’espace de deux semaines toute l’étendue de son talent. Du haut de ses 1,64m, Errani a tenu tête à de nombreuses têtes de série à l’image d’Ana Ivanovic (N.13) la vainqueur de l’édition 2008 qu’elle a battue en trois sets, de la toujours coriace Svetlana Kuznetsova (N.26), de l’Allemande Angelique Kerber (N.10) et en demi-finales de l’Australienne Samantha Stosur (N.6).

Déjà quart de finaliste à Melbourne en début de saison, l’Italienne n’a depuis cessé de hausser son niveau de jeu. Ayant davantage axé sa préparation sur le physique, Errani a ainsi pu rivaliser avec des joueuses du Top 10, ce qu’elle ne parvenait pas à réaliser jusqu’à présent. Ses trois titres obtenus par la suite à Acapulco, Barcelone et Budapest lui ont donné la confiance dont elle avait besoin pour se retrouver en finale Porte d’Auteuil. Vainqueur du tournoi parisien en double, il lui reste encore quelques progrès à effectuer si elle souhaite rester dans les dix meilleures joueuses du circuit WTA, à commencer par son service, un secteur qui lui a coût cher face à Sharapova…

Outre Errani, d’autres joueuses telles que l’Américaine Sloane Stephens, ont donné une bonne impression. Battue en huitième de finale par l’Australienne Stosur, l’Américaine de tout juste 19 ans devrait rapidement se retrouver dans le top 20. Affichant une rare décontraction, elle entend bien concurrencer des joueuses qu’elle vénère, les sœurs Williams.

Elles sont de retour

Son nom ne vous disait peut-être pas grand-chose, d’ailleurs, la plupart des commentateurs n’avait pas remarqué que Yaroslava Shvedova ne venait pas de nulle part. Si cette Russe naturalisée kazakhe s’est retrouvée en quart de finale de Roland-Garros, ce n’est pas par hasard. Tout le monde avait bien noté que cette joueuse au style de guerrière était issue de qualifications, la faute à une 142e place mondiale… Mais deux ans auparavant, cette même joueuse avait bel et bien déjà atteint les quarts de finale, et même intégré le top 30. Une blessure à un genou et d’autres pépins tels que le départ de son entraîneur ont compliqué la tâche de Shvedova. Après une entame relativement simple, la joueuse de 25 ans a pu franchir un nouveau palier dans ce tournoi en disposant de la tenante du titre Na Li (3-6, 6-2, 6-0). Dès lors, les projecteurs se sont de nouveau braqué sur elle, et la Kazakhe a finalement cédé en quart. Mais si s blessure au genou l’épargne, Shvedova devrait vraisemblablement refaire parler d’elle, et cette fois, elle sera attendue au tournant.

Demi-finaliste en 2009, mais éliminée l’an passé dès le premier tour, Dominika Cibulkova s’est de nouveau illustrée Porte d’Auteuil. La Slovaque a atteint les quarts de finale en battant au passage la N.1 mondiale, Victoria Azarenka (6-2, 7-6) et même si son match face à Stosur s’est soldé par un échec, la joueuse de 23 ans a désormais d’autres ambitions qu’un simple titre obtenu l’an passé à Moscou.

Elles ont raté leur rendez-vous

A 30 ans, son palmarès est impressionnant. Avec 41 titres, dont 13 en Grand Chelem, Serena Williams a pourtant trébuché à Roland-Garros. Vainqueur de l’édition 2002, l’Américaine a subi la loi d’une Virginie Razzano dans un très grand jour. La Française aura en effet réalisé l’exploit de sortir l’ancienne N.1 mondiale, ce qui n’était encore jamais arrivé dans un tournoi du Grand Chelem à la sœur cadette de Venus. Serena Williams a toutefois tenu à relativiser cet échec, elle qui l’an passé avait souffert d’une embolie pulmonaire. Serena a pourtant déçu les observateurs qui la plaçaient parmi les favorites de cette édition. Ses ennuis de santé oubliés, et après sa victoire à Madrid et une demi-finale à Rome les semaines précédentes, l’Américaine affichait en effet une belle forme.

Mais d’autres ont raté le coche, à l’instar de Marion Bartoli. La huitième joueuse mondiale n’est pas parvenue à atteindre comme l’an passé le dernier carré à Roland-Garros. Battue au deuxième tour par la Croate Petra Martic, l’Auvergnate a reconnu que sa préparation sur la terre battue n’avait pas été très judicieuse, mais le conflit qui l’oppose à la Fédération Française de Tennis au sujet de la présence de son père-entraîneur lors des matches de Fed Cup ou des Jeux Olympiques, a probablement pesé psychologiquement.

Première Chinoise à soulever le Trophée Suzanne-Lenglen, Na Li a perdu pied trop tôt cette année. La tenante du titre a été surprise par la revenante Yaroslava Shvedova, et ses très nombreux fans ont donc dû se contenter de voir leur protégée atteindre qu’un huitième de finale. Il est fort à parier qu’elle comme les autres joueuses aura à cœur de rebondir l’an prochain, pour la 83 édition.

Romain Bonte