Pascal Dupraz : "Ambassadeur de Team BDS, c'est un rôle que je prends très au sérieux"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Gicquel
Pascal Dupraz.
Pascal Dupraz. | MAXPPP

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Nommé le 15 juillet ambassadeur de Team BDS, une structure esport suisse, Pascal Dupraz s'est lancé un nouveau challenge pour l'année à venir. L'entraîneur du SM Caen va découvrir un nouvel univers de plus en plus prisé des acteurs du monde du football. Il devrait rencontrer les membres de l'équipe en septembre.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre une structure esport ?
Pascal Dupraz (entraîneur de Caen et ambassadeur de Team BDS) : "C’est la conjonction de plusieurs facteurs qui peuvent être favorables pour les deux parties. J’ai des enfants qui sont passionnés de jeux vidéos. Ce sont eux qui m’ont amené à réfléchir à ce type de partenariat. Ce qui me plait c’est le contact, être au plus près des joueurs à chaque fois que j’en aurai l’occasion, leur donner une partie de ma méthode pour que chacun progresse individuellement et collectivement. En creusant on s’aperçoit qu’il y a des similitudes : c’est un secteur qui s’intéresse aux jeunes, ce qui est aussi le cas du football. Et il y a un esprit de compétition."

Pourquoi avoir choisir de rejoindre la structure suisse de Team BDS ? 
PD : "Car je suis né à Annemasse, à la frontière genevoise. J’ai travaillé 20 ans aux Nations Unis au siège du Haut Commissariat aux Réfugiés (UNHCR), à Genève. Je suis un citoyen du monde, mais j’ai des accointances naturelles avec les gens avec qui j’ai été élevé. C'était donc l’équipe idoine, d’autant qu’elle rayonne déjà sur la France. Ces éléments là ont joué favorablement, et certainement que BDS m’a également choisi pour cela."

Quel sera votre rôle précis ?
PD : "Mon action va être épisodique et ciblée en dehors de mon métier d'entraîneur du SM Caen. L’objectif est de transposer les compétences de gestion d’un groupe de footballeurs à un groupe de joueurs esportifs, aider modestement à leur progression. Etre à leur contact, délivrer des messages, mais aussi leur faire découvrir mon monde, leur faire bénéficier de la chance que j’ai de diriger des joueurs professionnels. L’approche de la compétition, ce que doit faire un sportif quel qu’il soit, c’est un volet que je maîtrise. Je pense pouvoir être utile à Team BDS pour cela. J’ai des idées pour que mon rôle d’ambassadeur aille plus loin, comme on accompagne un joueur de football."

Que pensez-vous pouvoir apporter aux joueurs, parfois jeunes, de BDS ? 
PD : "J’ai cette propension à lancer des jeunes joueurs, je le montre depuis huit mois à Caen et je vais encore le faire cette saison. Je suis certain que la plupart des joueurs de BDS sont bien dans leurs corps, mais on peut peut-être également les rendre encore meilleurs à ce niveau-là : une athlétisation un peu plus poussée, leur amener la possibilité de parler de diététique. Souvent on me catégorise comme un étant un homme de coups, un coach qui est trop dans l’émotion, réduisant mes qualités d’entraîneur propre. Mais j’ai aussi des méthodes, je suis beaucoup à l’écoute, et ce qui m’importe, c’est le bien être. Sans facteurs réunis pour être au top psychologiquement, on n’obtient pas les résultats que nos aptitudes pourraient nous permettre d’atteindre." 

Cette expérience peut-elle vous servir par la suite dans votre métier d'entraîneur de football ?
PD : "Je suis curieux depuis toujours. Chacune des rencontres que je fais, je la réalise pour qu’elle m’amène quelque chose. Dans ma construction personnelle, ce qui m’apporte beaucoup, c’est l’échange. A Caen, n’importe quel éducateur, aussi jeune ou inexpérimenté soit-il, peut m’apporter quelque chose, une pensée différente de la mienne. J’espère qu’au contact des dirigeants mais surtout des joueurs de Team BDS, je vais pouvoir en retirer beaucoup pour mon enrichissement personnel."

"Certains passent du temps sur les parcours de golf, je préfère échanger avec les joueurs de BDS sur mon temps libre."

L’esport est en pleine expansion et beaucoup d’acteurs du football s’y intéressent, pensez-vous que c’est voué à s’intensifier, à rapprocher les liens entre le sport dit “traditionnel” et l’esport ?
PD : "Certainement. Le football est le sport universel, il est bien logique que toutes les innovations en terme de jeu vidéo se tournent vers le football. On dit 'jouer au football', tout comme on dit 'jouer aux jeux vidéos'. Il y a déjà une analogie par la terminologie. Dans les deux, le plaisir est essentiel. Mais on peut jouer tout en étant extrêmement sérieux."

Quelle place aura cette mission à côté de votre poste d’entraîneur ?
PD : "Ça ne se jouera que pendant les jours “off” pour moi. Ça ne sera pas toutes les semaines, uniquement à des dates précises. BDS viendra aussi à nous. C’est un rôle que je prends très au sérieux,  je ne prends pas les choses à la légère. J’ai plein d’idées, et eux en ont plein également. Les premiers mots que j’ai dits à BDS, afin qu’il n’y ait pas de mélange de genre, c’est que mon métier c’est entraîneur de football professionnel. Certains passent du temps sur les parcours de golf, je préfère échanger avec les joueurs de BDS sur mon temps libre. C’est un rythme intéressant et une chose réalisable sans altérer mon engagement pour Caen."

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