League of Legends - Worlds 2020 : DAMWON a remis la Corée du Sud au sommet

Publié le , modifié le

Auteur·e : Hugo Monier
Les Sud-Coréens de DAMWON Gaming avec la Coupe de l'Invocateur
Les Sud-Coréens de DAMWON Gaming avec la Coupe de l'Invocateur | Riot Games - Lol Esports

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Vainqueur des championnats du monde de League of Legends, DAMWON Gaming a permis à la Corée du Sud de s'offrir le trophée pour la sixième fois. Face à la montée en puissance de la Chine, gagnante des deux dernières éditions et finaliste cette année, la péninsule a dû s'adapter.

La Reine est de retour ! Trois ans après son dernier succès aux championnats du monde de League of Legends, la Corée du Sud a remporté sa sixième victoire en dix éditions. DAMWON Gaming, pour sa première finale des Worlds, a dominé les Chinois de Suning (3-1). “C’est notre devoir de ramener la Coupe à la Corée” disait le midlaner Heo "Showmaker" Su avant la rencontre. Un retour au sommet avec la manière. 

Après Incheon, la Corée prend sa revanche 

En 2018, la Corée accueillait les Worlds à Incheon. Après cinq succès d’affilées, dont trois finales 100% coréennes, le sacre à domicile était attendu. Mais Invictus Gaming avait finalement soulevé le trophée, le premier pour la Chine, devant les Européens de Fnatic. Pire, aucune équipe coréenne n’avait passé les quarts. L’an dernier, sur la route de la finale à Paris, DAMWON s’était fait sèchement stoppé en quart par les favoris européens, G2. Et encore une fois, la Chine avait triomphé, cette fois grâce à FunPlus Phoenix. Il n’en fallait pas plus pour voir une passation de pouvoir entre les deux. 

Il y a eu un moment de transition de la Corée, on est peut-être passé par un petit creux, analyse Charles “Noi” Lapassat, commentateur de la finale pour O’Gaming. Ils ont été enfermés dans leur style de jeu trop rigoureux. Un jeu un peu trop lent, trop scripté dans un jeu qui s’est beaucoup accéléré et qui a favorisé l’agressivité.” Tout le contraire de la Chine, connu pour son championnat où il faut rarement attendre plus de quelques minutes pour voir le premier kill du match. “Ce sont des monstres mécaniques avant d’être des stratèges, juge Charles Lapassat. Il y a des détails qui poussent à ça, avec un système de donations pendant les parties de LPL (le championnat chinois). Le public peut donner de l'argent spécifiquement à un joueur. Donc ça encourage les initiatives individuelles, l'agressivité.” 

DAMWON, le renouveau de la Corée

Face à un jeu accéléré par les mises à jours régulières, la Corée a dû se réinventer, difficilement. "Maintenant, il y a plus d’outils pour terminer proprement et rapidement une partie. Avant, on pouvait faire traîner en longueur. Donc les Coréens récitaient leur leçon, c'était très carré. Le style a changé, poursuit Charles Lapassat. La Corée est un bon petit dinosaure, elle a mis du temps à s'adapter. Il a fallu une nouvelle génération de joueurs." Des nouveaux arrivants, comme DAMWON. Promus de deuxième division coréenne, ils ont découvert les Worlds en 2019.  "Ils ont mis un petit coup de pied et ont détruit les dinosaures à domicile, souligne Charles Lapassat. L'équipe championne de Corée, qui a tout écrasé, ce ne sont que des petits jeunes. Il n'y en a aucun avec de l'expérience.

Pour devenir cette machine à écraser ses adversaires, DAMWON s'est forcément inspiré des équipes chinoises. Son agressivité avait été domptée par les G2 en quarts de finale de Worlds 2019. Une étape essentielle en terme d'expérience pour atteindre leur forme actuelle, leur équilibre. "Avant ces Worlds 2020, on savait que le toplaner (Jang "Nuguri" Ha-gwon), le jungler (Kim "Canyon" Geon-bu) et le midlaner (Heo "Showmaker" Su) seraient des monstres absolus, explique Charles Lapassat. La question, c'était quid de la duolane (le botlaner Jang "Ghost" Yong-jun et le support Cho "BeryL" Geon-hee) qui leur avait fait défaut l'an dernier. Un peu parce qu'ils jouaient à la chinoise, parfois trop agressifs. Maintenant, ils jouent à la chinoise... mais à la coréenne. C'est l'alliance ultime. C'est la fusion parfaite du style chinois et coréen." Capables aussi bien d'étouffer leurs adversaires dans leurs temps forts que de les temporiser dans leurs moments de moins bien, ils ont dominé la compétition du début à la fin. 

La LCK prépare sa révolution

La lutte entre la Chine et la Corée est toutefois loin d'être terminée, tant la machine économique chinoise fait peur. "Il y a tellement de moyens, de matches, d’audience, tellement de tout, souligne Charles Lapassat à propos de la LPL. La Chine, ce sont des moyens démesurés et maintenant c'est une machine très dure à rattraper. On avance au ralenti par rapport à la Chine, et pourtant en Europe on a un bon système, avec des ligues nationales développées.

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Et la Corée du Sud se prépare à un chamboulement dans les prochaines semaines, avec la mise en place d'un système de franchises pour la prochaine saison, avec un ticket d'entrée en 7,5 et 11 millions d'euros pour chaque équipe. "Tous les contrats de tous les joueurs s'arrêtent en novembre, explique Charles Lapassat. Des équipes vont rester, d'autres vont disparaitre. Les cartes vont être rebattues." La LCK est la dernière ligue majeure à adopter ce système, après la Chine (LPL), l'Europe (LEC) et les Etats-Unis (LCS). Il doit permettre de renforcer la stabilité des équipes, qui n'auront plus la pression de la relégation, et développer les revenus. Le bon choix pour la Corée du Sud ? Seul l'avenir nous le dira. 

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