Le public lors d'une rencontre de League of Legends
Le public lors d'une rencontre de League of Legends | DPA

League of Legends : une finale mondiale à Paris pour récompenser l'essor de l'esport français

Publié le , modifié le

L'AccorHotels Arena de Paris-Bercy accueillera dimanche la finale des championnats du monde de League of Legends entre G2 Esports et Fun Plus Phoenix. Une première en France pour l'événement le plus attendu de l'année dans l'esport mondial et la conséquence du travail de la mairie depuis 2017. L'occasion pour l'esport français, en plein essor, de s'affirmer comme une industrie crédible et importante.

Paris se prépare à recevoir un événement à l’importance autant concrète que symbolique. Alors que le Masters 1000 de Bercy en tennis vient de s’achever, l’AccorHotels Arena verra s’affronter dimanche prochain, les deux meilleures équipes de la saison de League of Legends, les Européens de G2 Esports et les Chinois de FunPlus Phoenix, en finale des championnats du monde. La France accueille pour la première fois l’événement esport le plus suivi de la planète, la récompense d’un travail de fond de la mairie de Paris et la reconnaissance de la place de l’esport français sur la scène mondiale. 

Un processus entamé il y a deux ans 

Si l’événement ne parlera pas aux néophytes de la discipline, les championnats du monde de League of Legends représentent peu ou prou le Graal de l’esport mondial. “C’est le moment où tous les projecteurs de l’esport mondial sont braqués sur la ville d’accueil de la finale” souligne Fabien “Chips” Culié, commentateur de League of Legends pour O’Gaming. Selon les chiffres avancés par l’éditeur et organisateur Riot Games, 99,6 millions de personnes ont regardé la finale 2018 entre les Européens de Fnatic et les Chinois d’Invictus Gaming à Incheon (Corée du Sud), dont 44 millions en même temps lors du pic d’audience. Des chiffres dopés par les spectateurs chinois, dont le nombre réel reste difficile à estimer. Reste que les audiences ne cessent d’augmenter. La demie entre entre G2 et SKT, finale avant l’heure de l’édition 2019, a rassemblé 3,9 millions de spectateurs hors Chine, un record dans l'histoire de l’esport. Seul The International, tournoi équivalent sur le jeu DOTA 2, peut espérer rivaliser. Paris est seulement la troisième ville européenne à accueillir l’événement en neuf éditions, après Jönkoping pour la finale inaugurale en 2011 et Berlin en 2015. 

Rasmus "Caps" Winther, joueur de G2 Esports, sera à Paris pour viser la victoire finale

C'est un processus qui a duré deux ans du côté de la ville, explique Roch François, délégué général de l’association France Esports et anciennement chargé de mission à la mairie de Paris. Il a directement participé à la candidature parisienne, qui s’inscrit dans un mouvement de fond à la ville. “On a d'abord construit une stratégie esport qui consistait à positionner la ville de Paris comme une destination de référence pour l'esport international, souligne-t-il. D'en faire, si ce n'est la capitale mondiale, au moins la première ville européenne en termes d'esport. La stratégie événementielle, comme ce que fait la ville sur le sport traditionnel, c'est être une terre d'accueil de grands événements. Donc accueillir la finale des Worlds de League of Legends, on avait cet objectif en tête.

Une discussion à l'Euro 2016 comme déclencheur

Paris avait déjà participé aux championnats du monde en 2015, en recevant la phase de groupes au Dock Pullman. La croissance de la popularité du jeu et l’intérêt grandissant de la mairie pour l’esport ont accéléré les choses à partir de 2017. Mais l’élément déclencheur est intervenu un an avant, lors de l’Euro 2016. “Sur la fan zone de Paris, mon élu Jean-François Martins (adjoint à la maire de Paris en charge des sports et du tourisme, ndlr) et moi, on fait une partie de Pro Evolution Soccer, raconte Roch François. On discute de jeu vidéo de manière globale et on se rend compte qu'on a une appétence pour ça incroyable. Son chef de cabinet nous rejoint. Je me rends compte que dans le bord politique, des personnes hyper influentes adorent le jeu vidéo, ont entendu parler de l'esport et savent ce que c'est. Pour moi, ça a été le tournant parce qu'à partir de ce moment là, on réalise qu'il y a les moyens de faire une vraie politique pour l'esport à la ville de Paris.

A partir de là, les événements s’enchaînent. Paris reçoit, déjà à Bercy, la finale du Summer Split des EU LCS, alors le championnat d’Europe de League of Legends. “C'était les premiers pas, les premières velléités de la ville envers Riot pour les sensibiliser au fait qu'on voulait accueillir tout ou une partie des Worlds, que c'était dans notre feuille de route” explique Roch François. Des événements qui valident en interne le positionnement de Paris sur l’esport, pour convaincre le reste de la mairie. “On remplit Bercy en 2017 avec une ambiance rarement vue, on a l'occasion d'emmener toute notre administration sur cet événement-là pour leur montrer l'engouement, la ferveur d'un public très rajeuni par rapport à ce que la salle peut connaître sur des événements sportifs, se rappelle Roch François. Sans comprendre ce qui se passe, vu qu'ils ne connaissent pas le jeu, ils sentent que c'est quelque chose d'important. Tout ça a amené l'acception à la ville pour accueillir de tels événements.

La demi-finale des Worlds à Madrid
La demi-finale des Worlds à Madrid © AFP

Des premières expériences convaincantes

L’année suivante, en mai 2018, le Zénith reçoit le Mid Season Invitational, tournoi de mi-saison et deuxième plus gros événement de League of Legends. “A partir de ce moment-là, on a fait en sorte que Jean-François Martins rencontre les équipes de Riot Games (l'éditeur du jeu et organisateur des compétitions), continue Roch François. Le dialogue s'est créé et on leur a proposé de donner des modalités de candidatures, ce que Riot ne faisait jamais. Ils ont toujours procédé par désignation. Ils ont un petit peu maturé le sujet et on a eu un retour de Riot en nous disant "Ok, on va faire cette candidature, voici les critères, vous avez 15 jours". Le dossier a pris 15 jours mais la construction de la réflexion et le lobbying de la ville pour accueillir l'événement, avec Bercy, des rencontres avec notre délégation olympique, c'est un travail de deux ans.” 

Alban Dechelotte, directeur du sponsoring et du développement chez Riot Games Europe, explique ce nouveau processus : “On a initié une sorte de short-list d'une dizaine de villes qu'on a approchées pour leur parler de l'événement, qu'on a rencontrées avec l'ambition de faire trois, quatre villes sur les championnats du monde. En ce moment, pour les championnats d'Europe, c'est 130 villes interrogées donc là c'était plutôt ciblé.” La candidature parisienne s’est rapidement distinguée, avec celles de trois autres villes dont Madrid, qui a hérité finalement des quarts et demi-finales, et Berlin, hôte de la phase de groupes. “Paris a toujours été dans la boucle parce qu'on avait fait des super événements avec les organisateurs et les fans français, qui ont toujours eu beaucoup de succès, souligne Alban Dechelotte. La mairie nous a accompagnés pour faire de la finale quelque chose de spécial entre l'affichage dans la ville pour permettre à tous les Parisiens de savoir que l'événement arrivait, la mise en place d’un village pour les supporters, la conférence de presse d’avant-finale à la Tour Eiffel, on a senti qu'il y avait une motivation pour cet événement.” 
 
Cette volonté d’accueillir l’événement ne s’est donc pas limitée à des échanges courtois, mais bien à des gestes concrets. “On a reçu un soutien extraordinaire de la mairie et des ministères pour nous permettre d'accéder au statut d'événement culturel, indique Alban Dechelotte. Ce qui nous a permis d'avoir pas mal de simplifications administratives, évidemment dans les règles avec des permis, des demandes dans le temps, comme la législation le demande. Mais on reconnaît notre existence pour nous permettre de nous inscrire dans des dispositifs qui existent déjà.” 

La victoire d'Invictus Gaming lors des Worlds 2018

Bercy, le choix de la raison 

Pour porter une candidature, il faut un lieu. L’AccorHotels Arena de Paris-Bercy s’est rapidement imposée comme le choix logique pour plusieurs raisons. La première est l’image de Bercy et sa localisation en plein Paris. “Malgré l'affolement que connaît l'esport, on est sur un secteur d'initiés, explique Roch François. Franchir la porte de Bercy de cette façon, avec un événement qui fait parler, significativement c'est très fort. Sur un territoire français où l'esport et le jeu vidéo en général n'est pas excessivement bien intégré dans les mœurs. Mine de rien, pour un éditeur, cela compte de rentrer par la grande porte. Un événement qui fait autant parler dans une salle aussi emblématique, ce n'est pas anodin.” 

La deuxième raison est technique. “C'est une des plus belles salles au monde et techniquement une des plus avancées, souligne Roch François. Ce qui permettait d'organiser facilement un événement sur le plan technique, là où d'autres salles en Europe ou en France ne convenaient pas.” Un besoin vital pour un événement esport au budget de plusieurs dizaines de millions d’euros. “On ne peut pas se permettre de perdre une milliseconde de réactivité sur les claviers, les écrans, les serveurs, insiste Alban Dechelotte. C'est un laboratoire de recherche et développement qui se déplace et on doit faire ça en une semaine. Une équipe est encore à Madrid qu’une autre travaille déjà à Paris. C’est notre Super Bowl, une combinaison de sport et d’entertainment”. Le troisième facteur relève du business. L’AccorHotels Arena est exploitée par Anschutz Entertainment Group (AEG). Le très puissant groupe américain gère également, entre autres salles, le Staples Center de Los Angeles, où trois finales des championnats du monde ont déjà eu lieu, et l’O2 Arena de Londres. Ces relations déjà bien établies, et forcément intéressantes à cultiver pour Riot, ont joué en faveur de Bercy. 

Le Stade de France, un cas trop compliqué

Parmi les autres pistes, celle du Stade de France a été étudiée mais rapidement écartée. La première contrainte était calendaire, avec un match de l’équipe de France de football quatre jours après la finale des championnats du monde (France-Moldavie, le 14 novembre). La deuxième est le remplissage. “80 000 personnes, malgré tous les commentaires qu'on a pu avoir, en plein mois de novembre on n'était pas sûr de remplir, explique Roch François. D'autant qu'il y a un modèle économique à tenir. On n'est pas sur du sport et des événements subventionnés sur lesquels on peut avoir un déficit. Il y a une logique économique et le Stade de France, même si c'est un stade magnifique, coûte cher à mettre en oeuvre.” 

Enfin, l’aspect technique évoqué précédemment compliquait un peu plus l’hypothèse. “Le stade est ouvert avec aucune possibilité de le recouvrir, si ce n'est de déployer des moyens financiers faramineux, souligne Roch François. Cela rend quasiment l'événement impossible techniquement." Un choix qui ne déplaît pas à Riot, au contraire, après deux éditions dans des stades à Pékin (dans le Nid d’Oiseau) et Incheon (au Munhak Stadium). “Sur les dernières années, on a été poussé dans nos retranchements avec des finales dans stades ouverts, explique Alban Dechelotte. On sait à quel point c'est difficile pour les joueurs sur scène qui souffrent du froid, les équipes techniques qui ont des problèmes de lumières et d'écrans. Pouvoir jouer dans une salle couverte, c'était un vrai soulagement. On a confiance dans la salle, on sait qu'elle va nous permettre de travailler très sereinement.” L’aspect politique a également écarté la Paris La Défense Arena, liée à la mairie de Nanterre et au conseil général des Hauts-de-Seine. 

Rasmus "Caps"  Winther (à droite) et Marcin "Jankos" Jankowski de G2 Esports
Rasmus "Caps" Winther (à droite) et Marcin "Jankos" Jankowski de G2 Esports © AFP

La vente des billets laisse des frustrés 

Mais après quatre ans d’attente et 40 000 spectateurs à Pékin en 2018, difficile pour les fans européens de voir seulement entre 16 000 et 18 000 places être mis en vente. Les billets disponibles ont été liquidés dans la demi-heure suivant leur mise en vente en septembre. La seconde vague de 2 000 tickets supplémentaires n’a duré que quelques minutes, entraînant son lot de déçus. “On comprend et on est frustré, reconnaît Alban Dechelotte. On voudrait tous leur donner des places. C'est dans notre ADN de toujours essayer de faire plus pour les joueurs. On essaye de faire de notre mieux. C'est un équilibre à trouver entre la faisabilité technique, la disponibilité des salles et la motivation des autorités locales.”
 
La colère s’est accrue lorsque de nombreux billets sont réapparus dans la foulée sur des plateformes de revente, avec des prix multipliés par dix, cinquante ou cent. “C'est hyper frustrant, souligne Alban Dechelotte. On n'a pas le choix du partenaire de billetterie, c'est souvent celui de la salle. Cela nous force à réfléchir comment on peut mieux travailler de ce côté-là, avec des systèmes de pré-réservation, de pré-enregistrement. J'ai regardé avec attention ce qui s'était passé avec la NBA, et avec un système beaucoup plus élaboré, ils ont eu les mêmes problèmes. C'est un challenge pour nous mais aussi d'autres organisateurs de protéger la disponibilité des places pour un maximum de fans, des vrais fans, et pas seulement des brokers qui essayent de les revendre.

Une chance de briller pour l'esport français

Événement de l’année pour les joueurs et les fans, il est également particulièrement attendu par les autres acteurs de l’esport français. Avec un important enjeu d’image pour le milieu, même en l'absence de joueurs français en finale. “C'est un beau coup de projecteur sur nous et la scène de manière générale, explique Fabien “Neo” Devide, co-fondateur et président de Team Vitality, le plus grand club d’esport français. C'est une belle récompense de l'éditeur d'avoir ce respect-là et de pouvoir montrer qu'on est un public de passionnés. Sur d'autres sports, on peut parfois nous attaquer parce qu'on n’a pas une culture du supportérisme et on va nous comparer, par exemple au football, avec la qualité des chants des fans anglais. Dans l'esport, on n’a à rougir de personne. Et cela donne des ambiances indescriptibles. Je pense que ce sera le cas et on va le montrer encore plus avec la finale des Worlds.” Pas un hasard si Vitality a décidé d’inaugurer son nouveau QG parisien cette semaine, à quelques jours de la finale.

Une occasion en or pour convaincre de nouveaux partenaires ou renforcer des relations existantes, qu’elles soient commerciales ou politiques. “Voir de l'esport est beaucoup plus fort qu'entendre quelqu'un parler d'esport, explique Nicolas Maurer, co-fondateur et CEO de Team Vitality. On sait très bien raconter ce qu'est l'esport, mais ça n'aura jamais la même force que d'emmener quelqu'un dans une compétition. Qu'il se rende compte de l'excitation, du public en délire, du côté très télégénique, des retournements de situation. Beaucoup de choses qu'on peut trouver dans le sport. Il y a un vrai show, c'est magnifique à voir. On le fait régulièrement et on va le faire pour la finale.” 

La finale des Worlds 2018 à Incheon (Corée du Sud)
La finale des Worlds 2018 à Incheon (Corée du Sud) © AFP

Convaincre les pouvoirs publics

Une chance pour l’esport français de gagner en crédibilité non pas dans le milieu, où il a déjà une place de choix, mais en dehors. Désormais délégué général de l’association France Esports, créée en avril 2016 pour “représenter la filière pour sa promotion à travers les territoires”, Roch François résume les enjeux. “Cela nous permet d'attirer l’œil des pouvoirs publics, explique-t-il. On avait des échos de très grandes compétitions à l'étranger, de chiffres incroyables, de tout l'aspect show de l'esport, on va l'avoir en France. L'événement a été un prétexte sur la dernière année pour pouvoir discuter plus facilement avec les pouvoirs publics, les inciter à prendre le sujet à bras le corps et leur faire remarquer qu'on était déjà une terre d'esport en France. Qu'on avait un esport qui existe depuis 20 ans, voire 30 ans, et qu'on avait une place sur l'échiquier mondial aussi particulière que dans le sport, et qu'il fallait la défendre et la développer. Il faut continuer à être pionnier dans les modèles.” 

En France comme dans le monde, l’esport a connu à la fin de la décennie 2000 une montée progressive, puis une explosion ces dernières années. En 2018, France Esports comptabilisait dans son baromètre annuel un peu plus de 5 millions de personnes ayant déjà assisté à un événement esport en ligne ou sur place. Un an plus tard, l’association en recense 7,3 millions. Les pratiquants, soit ceux participants à des rencontres classées en ligne ou des compétitions, sont passés de 2 à 4,2 millions. Pourvoyeuse de talents au plus haut niveau de l’esport depuis l’apparition de la scène dans les années 90, la France a entamé dans les années 2010 une phase importante : celle de la structuration.

Un tournant de 2016 à prolonger

En 2016, la Loi pour une République numérique (régulièrement raccourcie en loi numérique) marque un tournant avec la création d’un statut officiel pour les joueurs professionnels de jeu vidéo. Les équipes doivent désormais recevoir un agrément semblable à celui des clubs professionnels dans le sport traditionnel, qui permet l’utilisation de contrats proches de ceux des sportifs de haut niveau. Une structuration loin d’être terminée. “On discute avec les ministères et les parlementaires pour essayer de créer un cadre favorable à l'esport sur les années à venir, indique Roch François. La Direction Générale des Entreprises et le ministère des Sports nous ont proposé une feuille de route pour les années 2020-2025. Comment fait-on pour promouvoir l'esport de manière responsable et surtout structurée et organisée ? La difficulté qu'avait l'état avant que France Esports apparaisse, c'était la multiplicité des interlocuteurs, la difficulté de navigation dans un milieu avec ses propres codes. Il a évolué et s’est structuré hors des pouvoirs publics, et n'a donc pas du tout le mode de fonctionnement que connaissent les ministères.” 

Structure, structure, structure. Le mot revient en boucle dans la bouche des acteurs de l’esport, notamment au sein des équipes. Structuration sur le plan légal, économique mais aussi pour la formation des esportifs de demain. “Aujourd'hui, on sait trouver les talents. Notre enjeu, c'est comment on prépare ces talents au niveau de professionnalisme requis, explique Nicolas Maurer. Entre être fort dans sa chambre et être fort sur une scène devant 15 000 personnes, être capable d'être concentré, de jouer en équipe pendant 5 heures avec une énorme pression, il y un a énorme écart. Dans le sport, avec les centres de formation, les pôles espoirs, le jeune va passer par toutes ces étapes avant d'arriver au plus haut niveau, plus ou moins vite selon son talent. Il y a cette structure. Dans l'esport, cela manque. C'est un de nos gros enjeux dans le futur.” 

La finale des championnats du monde de League of Legends ne chamboulera pas du jour au lendemain l’esport français, mais doit permettre d'accélérer le rapprochement entre les pouvoirs publics, les investisseurs et le milieu. “Le manque de moyens, c'est une réalité, souligne Roch François. On a une foisonnance d'initiatives qui sont très bonnes mais manquent de moyens. La plupart des investisseurs dans l'esport français, ce sont des investisseurs étrangers, c'est dommage. On propose cette structuration qui favorise des échanges avec les pouvoirs publics qui n'avaient pas lieu jusqu’ici, ce qui était un des manques. On a une maturité qui arrive, qu'elle soit économique ou de structuration. Elle prend peut-être plus de temps qu'à l'étranger sur certains points, mais elle va arriver de toute manière.” Les retombées de la finale des championnats du monde de League of Legends ne sont pas garanties et ne seront pas immédiates, mais elles laissent espérer à l’esport un pas supplémentaire vers la reconnaissance et la normalisation du milieu.