League of Legends : Un partenariat avec l'Arabie Saoudite annoncé puis annulé sous la pression

Publié le , modifié le

Auteur·e : Hugo Monier
Les Worlds de League of Legends à Bercy, en novembre 2019
Les Worlds de League of Legends à Bercy, en novembre 2019 | AFP

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L'annonce mercredi d'un partenariat entre le championnat européen de League of Legends et la structure saoudienne NEOM a entraîné de vives critiques. Riot Games, l'organisateur de la ligue fermée européenne, est finalement revenu sur cet accord dans la nuit.

Le deal aura duré quatorze heures. Mercredi, le championnat européen de League of Legends (LEC) annonçait un partenariat avec NEOM, le projet saoudien à 500 milliards de dollars visant à construire une nouvelle ville futuriste au nord-ouest du pays. NEOM devait devenir le sponsor principal du segment d’été, débuté en juin. L’accord a été annulé cette nuit, sous la pression des fans, des employés du LEC et des équipes engagées.

Une opposition massive

Le partenariat avec l’Arabie Saoudite a été immédiatement accueilli avec colère. Les voix, dont celles de plusieurs employés de l’organisateur du LEC Riot Games (qui appartient au super-groupe chinois Tencent), se sont élevées pour dénoncer l’association d’un pilier de l’esport avec un gouvernement répressif envers les femmes et la communauté LGBT. D’autant plus que le compte Twitter du LEC arborait un drapeau arc-en-ciel, symbole de la lutte contre l’homophobie, au moment de l’annonce. Un rejet également du projet NEOM, qui a entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes et la mort d’un opposant à la ville désirée par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

"Déception est un euphémisme", a alors réagi l’animatrice et journaliste Laure Valée, membre de l’équipe de production du LEC. "Il y a eu beaucoup de bons jours pour être un membre du LEC, aujourd’hui n’en est pas un", a écrit son collègue Daniel Drakos. Les équipes engagées dans cette ligue fermée restaient elles silencieuses, mais ont exprimé leur désaccord en coulisse. "Une très bonne nouvelle au réveil", a écrit le coach de G2 Fabian "GrabbZ" Lohmann après l’annulation de l’accord. "On nous a demandé de ne pas réagir avant une réponse officielle de la part des équipes, et je suis vraiment heureux que notre patron Carlos Rodriguez ait activement lutté contre ce partenariat.

Une "erreur" selon Riot Games

L'annulation a été annoncée dans la nuit, via un communiqué. "Comme entreprise et comme ligue, nous savons qu’il est important de reconnaître quand nous faisons des erreurs et d’essayer de les corriger rapidement", a expliqué Albert Guerrero, en charge de l'esport en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. "Après réflexion, et si nous continuerons à soutenir nos joueurs et nos fans en Arabie Saoudite et au Moyen-Orient, le LEC a mis fin à son partenariat avec NEOM. Dans une volonté de développer notre écosystème, nous avons scellé ce partenariat trop rapidement et divisé la communauté que nous voulons justement faire grandir."

Quelques heures avant la mise en avant du partenariat avec le LEC, NEOM avait déjà annoncé un accord avec un autre acteur de l'esport : l'organisateur de tournois BLAST. Le patron de l'entreprise danoise, Robbie Douek, s'est félicité d'un "contrat record" pour aider NEOM a développer ses projets dans l'esport. Dans un communiqué, NEOM a également annoncé vouloir développer une académie pour développer les talents saoudiens de l'esport. Ce partenariat est, pour l'instant, toujours d'actualité. Dans une santé financière bien moindre que celle de Riot Games, BLAST renoncera-t-il à une telle rentrée d'argent ? 

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