portrait Pierre Rolland (Europcar) TDF 2011
Pierre Rolland (Europcar) | Franck Levasseur

Du grand Rolland !

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Depuis que Thomas Voeckler est en jaune, Pierre Rolland consacre toute son énergie à veiller sur son leader et sur le maillot distinctif. Dans l’ascension du Plateau de Beille, le coureur orléanais a encore impressionné, faisant jeu égal avec les cadors. Son statut d’équipier modèle est plus que jamais indéniable.

A l’arrivée en haut du Plateau de Beille, ses premiers mots lui ont été destinés. Alors qu’il était assis par terre, littéralement secoué par l’effort, Pierre Rolland a reçu les félicitations de son coéquipier Thomas Voeckler. Sobrement. « Merci, mec ! » a lâché le maillot jaune en serrant la main de son « poisson pilote ». Et il le méritait bien, Pierre Rolland, après sa prestation dans les 16,5 km d’ascension finale. Avec beaucoup de panache, lui et Thomas Voeckler, ont tenu tête aux frères Schleck, à Alberto Contador ou encore à Cadel Evans.

« Aujourd’hui, j’étais vraiment à fond, à fond, a expliqué Pierre Rolland. L’objectif numéro 1, c’était le maillot jaune et on le garde. (…) Avec le Team Europcar, on est vraiment très fier. On ressort des Pyrénées la tête haute. » Pétri d’humilité, le natif de Gien a, dans la foulée, tenu à souligner le travail d’équipe fourni : « Vous m’avez vu dans le final mais avant, il y a eu 6 autres coureurs qui ont fait un travail fabuleux. Les lauriers sont pour Thomas mais c’est un travail collectif et c’est grâce à cela qu’on arrive aujourd’hui à accrocher les meilleurs. »

Et quand on lui parle de lui, Pierre Rolland, d’une pirouette, en revient toujours au collectif. « A 3km de l’arrivée, je suis monté à hauteur de Thomas et je lui ai dit "c’est toi le plus fort, il faut que tu attaques", a raconté Rolland. Il m’a regardé et a un peu hoché la tête car il devait avoir très mal aux jambes. Ce dont il ne s’est pas rendu compte, c’est que les autres avaient encore plus mal aux jambes que lui. » Question souffrance, Pierre Rolland n’a pas non plus été épargné. « J’ai essayé de remonter plusieurs fois pour mettre un tempo mais je ne pouvais plus, » s’est-il presque excusé.

Avant de rappeler le soutien que Voeckler lui a apporté : « Thomas a une phrase qu’il dit souvent et qu’il m’a dit quand j’ai parfois eu des doutes. "Tu sais Pierre, le travail finit toujours par payer. Si tu es un gros travailleur et même si tu n’a pas un gros potentiel, un jour ça payera". » Et aujourd’hui, Pierre Rolland, 10e sur la ligne d’arrivée, a récolté les fruits de son travail. A la plus grande admiration de ses coéquipiers. « Pierre est impressionnant et il a encore progressé, a estimé Cyril Gautier. Ce n’est pas pour rien qu’il était l’espoir français du cyclisme. Il a un énorme potentiel. » Un potentiel qui ne demande qu’à s’exprimer.

Isabelle Trancoën