David Douillet
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Douillet favorable à une "Agence du sport"

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Le député David Douillet a remis vendredi au président Nicolas Sarkozy son rapport sur "l'attractivité de la France pour l'organisation des grands évènements sportifs", dans lequel il prône la mise en place d'une "Agence du sport" qui réunirait toutes les compétences.

Le rapport constate que la France a beau se classer au cours des trente dernières années parmi les grandes nations organisatrices, derrière l'Allemagne  et l'Espagne, des échecs comme ceux de la candidature à l'organisation des jeux  Olympiques d'été "ont altéré l'image de notre pays en termes de capacité à  attirer les grands événements sportifs".  Notant que le choix de se lancer se fait trop souvent au coup par coup, le  député UMP des Yvelines propose que soit définie une "stratégie cohérente et  conquérante" à l'échelle nationale.

Pour piloter le tout, il suggère une refonte du Centre national pour le développement du sport (CNDS) en une "Agence du sport français" dotée des  compétences financières et politiques, avec à sa tête "un ambassadeur du sport"  nommé directement par le président de la République. Ce poste serait confié à une personnalité sportive de renom. "Sa fonction sera d'être en permanence en lien avec les grands décideurs du  sport mondial", a précisé le double champion olympique de judo. Le rapport Douillet voit dans le manque d'installations d'envergure "un  frein majeur" qui met hors jeu la France pour certains championnats sportifs et  recommande l'aménagement des installations nécessaires, avec des partenariats  public-privé, sans attendre l'attribution de grandes compétitions.        

Douillet: "il faut anticiper les évènement"
Comment est née l'idée d'une Agence du sport avec un ambassadeur à sa  tête ?
"Cela part d'une constatation basique, il faut deux ingrédients principaux pour rassurer les grands décideurs du sport mondial: des moyens financiers et une volonté politique nationale forte. De là, on a imaginé que les compétences devaient être centralisées autour du CNDS (Centre national pour le  développement du sport). Le CNDS, qui est en gros la tirelire du sport français, évoluera vers une autre entité, appelée Agence du sport ou autre, qui  rassemblera tous les éléments permettant à la France d'être efficace sur la captation de grands événements mondiaux: réseaux de lobbying, partenariat avec les entreprises, formation de grands dirigeants... Pour rassurer sur le plan politique, on a imaginé un ambassadeur qui rendra des comptes directement au  président de la République. Sa fonction sera d'établir une connection pérenne et  durable avec le milieu sportif international."
      
 Vous êtes-vous inspiré de ce qui se fait à l'étranger et notamment en  Grande-Bretagne ?
 "Réunir autant de compétences et d'expertise dans un même lieu est assez  novateur. Le CNDS a déjà la compétence pour financer les fédérations qui  organisent des grands événements internationaux. Donc on pousse la logique  jusqu'au bout. On ne veut plus voir ce qui s'est passé récemment avec l'escrime,  qui a eu l'obtention des Championnats du monde mais qui s'est ensuite retrouvée  le bec dans l'eau parce qu'elle n'avait pas de partenaire pour monter son  projet. Désormais, tout cela sera anticipé. L'Agence du sport aura travaillé  avec la fédération à cette candidature et l'aura encadrée. On n'aura plus qu'à  appuyer sur le bouton. C'est une aide directe au mouvement sportif français pour  obtenir les plus grands événements qui les concernent. De même au niveau de la  nation pour une Coupe du monde de football ou les jeux Olympiques."
      

Cette nouvelle entité ne risque-t-elle pas de se heurter à un obstacle  financier ?
"On ne monte pas une usine à gaz. C'est quelque chose de très simple qui  ne coûte pas d'argent puisqu'on s'appuie sur une structure existante et on la  bonifie en récupérant d'autres compétences. Ce n'est pas une structure qui va  avoir 300 personnes, mais un lieu où on synthésise les forces vives du sport  français. On ne le voit absolument pas comme un contre-pouvoir du ministère des  Sports et du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) mais plutôt  comme leur enfant."
      
Comment jugez-vous la stratégie française par rapport à d'autres nations  ?
Il n'y a pas de stratégie globale. Au cas par cas, on se dit: "Tiens ce  serait bien d'organiser les Championnats du monde". Regardez ce que font les  Allemands. Depuis 2004, ils organisent des Championnats du monde et Coupe du  monde: biathlon, bobsleigh, skeleton, patinage, ski nordique, luge, ski alpin...  Pourquoi ? Parce que Munich est candidate aux Jeux d'hiver 2018. Ils ont compris  la stratégie. L'Espagne, la Grande-Bretagne font pareil. Si nous voulions être  candidat aux Jeux de 2028, ce serait déjà trop tard." 

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