Tour de France Didier Rous
Didier Rous | Isabelle Trancoën

Double objectif pour Cofidis

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Après une première semaine de plat où la nervosité et les conditions climatiques ont fait pas mal de dégâts, la montagne se profile avec la 8e étape où l’arrivée se jouera à Super-Besse. A cette occasion, nous nous sommes faufilés dans le bus de la formation Cofidis pour savoir qu’elle va être la stratégie, mais aussi les objectifs, des troupes d’Eric Boyer.

 Au-delà de la préparation physique et des traditionnelles reconnaissances de parcours, le « briefing » du matin, quelques dizaines de minutes avant de prendre le départ, a toute son importance. C’est le moment où le directeur sportif prend la parole devant ses neuf coureurs pour expliquer le profil de l’étape du jour et rappeler la tactique à adopter. C’est bien installé dans un fauteuil en cuir beige que nous avons assisté à ce moment clé de l’équipe Cofidis.

« Allez, les gars, on y va ! ». Didier Rous rassemble ainsi ses troupes tandis qu’Alain Deloeil déplie la carte. Les neufs coureurs sont regroupé au milieu du bus, tous en tenue. Les oreillettes tombent sur les épaules et les yeux sont rivés sur les deux directeurs sportifs. L’ambiance est plutôt détendue, ce qui contraste avec la nervosité du peloton ces derniers jours. Ils sont d’ailleurs quelque uns à ne pas cacher leur joie de délaisser enfin les routes plates pour prendre un peu d’altitude.

Avec son accent montalbanais bien prononcé, Didier Rous ne laisse rein au hasard. Il détaille le profil des 189 km au programme du jour. Il explique notamment les changements de direction du vent attendu sur l’ensemble du parcours, un élément capital pour tenter de prévoir les cassures dans le peloton. Il rappelle les endroits du sprint intermédiaire, du ravitaillement et des « bosses » pour prendre les points du maillot à pois. Il parle de l’état des routes, des pourcentages de montée et des lieux qui peuvent être dangereux ou décisifs.

« Aujourd’hui, ça va partir vite, ça va rouler vite, avertit Didier Rous. Plein d’équipes vont être à l’affût. En ce qui nous concerne, on va voir si « Gallo » (NDLR : Tony Gallopin) a récupéré de sa gamelle. Ensuite, tout le monde, sauf Rein (Taaramae) bien évidemment, tout le monde doit essayer de prendre l’échappée. Il faut vraiment qu’on y soit. » Un objectif qui sera en partie atteint puisque Julien El Farès et Romain Zingle réussiront une heure plus tard à s’y glisser. « Rein ne doit faire aucun effort ni prendre le vent. Il est revenu 2e pour le maillot blanc, c’est important de le préserver », poursuit Didier Rous. Avant d’ajouter à l’attention notamment de David Moncoutié : « Et n’oublions pas le maillot à pois ! L’autre jour, Jonny Hoogerland a été trop costaud mais si on peut avoir le maillot ce soir, ce serait vraiment bien. »

Avant de conclure, un petit examen de l’arrivée s’impose. Le « roadbook » à la main, Rous raconte : « A 7km de l’arrivée, on a 3,5 km à 5%, ensuite, on a environ 1,8 km de descentes et de replat. Enfin, on a le dernier kilomètre et demi à 7,6%. ». « Mais il y a vraiment une rampe dure à la fin, à environ 10% », précise Samuel Dumoulin qui estime que cette arrivée « va faire mal à la gueule ». La discussion s’anime un peu sur les ultimes kilomètres avant que Didier Rous ne conclue : « Je rappelle que Rein doit rester tous les jours au contact des leaders. C’est OK pour tout le monde ? » Il est maintenant temps de finir de se préparer. Les coureurs se relèvent tandis qu’Alain Deloeil replie la carte. Dix minutes seulement se sont écoulées mais les consignes ont été claires. Alors c’est parti !

De notre envoyée spéciale Isabelle Trancoën