Novak Djokovic
Djokovic peut respirer après s'en être sorti dans la douleur | AFP - JACQUES DEMARTHON

Djokovic revient de loin

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Novak Djokovic a réussi à se tirer d'un bien mauvais pas pour se qualifier pour les quarts de finale dimanche à Roland-Garros, en l'emportant en cinq sets 4-6, 6-7, 6-3, 7-5, 6-3 après 4h18 d'un affrontement terrible où le Serbe a longtemps paru sans solution face à un Seppi qui a crânement pris sa chance avant d'être ramené à la raison par le N.1 mondial.

Sans doute Novak Djokovic ne pensait-il pas souffrir autant face à Andreas Seppi, tête de série N.22, même s'il savait que l'Italien avait affiché de la constance dans le combat pour venir à bout au tour précédent de Fernando Verdasco. Mais le Serbe qui n'apprécie pas du tout le temps maussade, l'humidité qui modifie les sensations sur terre et refroidit l'ambiance dans un central qui ne s'est jamais emballé, était vraiment dans un mauvais jour. Dès les premières balles, il n'a pas su prendre le jeu à son compte. Immédiatement Seppi a senti qu'il y avait peut-être quelque chose à faire, et n'a pas héiter à lâcher ses coups. Très à l'aise sur son coup droit, avec une bonne première balle et n'hésitant pas à varier ses attaques, l'Italien a insinué le doute dans la tête de Djokovic qui semblait plutôt fébrile. Une fébrilité qui l'a mis en porte à faux et il a suffi d'un break pour que l'Italien décroche la première manche.

Djokovic avait vraiment du mal à apprivoiser les éléments alors que paradoxalement, Seppi était plutôt à l'aise sur ses services et trouvait de bonnes longueurs. Il ne fermait pas le jeu bien au contraire, n'hésitant pas à provoquer le N.1 mondial sur des montées au filet, et sortait le plus souvent victorieux lorsque s'installait l'échange. Djokovic heureusement avait encore quelques bons coups dans sa raquette, se sortait de situations délicates par un ace ou une balle croisée mais on sentait bien un peu chez lui l'agacement de ne pas parvenir à dicter le jeu. Pas intimidé, Seppi ne se contentait pas de défendre, il poussait Djokovic à la faute et breakait à 3-2 dans la deuxième manche, break ponctué d'un jeu blanc en suivant. Djokovic s'accrochait en laissant passer ces moments délicats, et parvenait même à débreaker à 5-5 et à aller jusqu'au tie-break. Mais pour une fois, il ne se montrait pas transcendant dans l'exercice, perdant des points en route, et laissant Seppi beaucoup plus solide sur ses  services, empocher le deuxième set.

Les choses commençaient à se compliquer sérieusement pour le Serbe, même s'il breakait dès l'entame de la 3e manche puisque, il ne parvenait pas à convertir cet avantage et laissait Seppi revenir. Djokovic parvenait évidemment à sortir quelques coups talentueux comme il en a l'habitude, mais de façon bien trop rare pour bousculer le grand Italien. Indiscutablement cela se jouerait à l'usure physique ou moral. On devinait que Djokovic bouillait à l'intérieur et s'en voulait à lui-même de ne pas pouvoir trouver davantage de solutions. Alors que Seppi commençait à commettre des erreurs sur ses premières balles et traversait un passage "petit bras", Djokovic en profitait pour pour accélérer et mettre un peu plus de puissance, parvenant à breaker une nouvelle fois à 4-3 pour enfin enchaîner et s'adjuger une 3e manche qui relançait la partie après 2h30 de jeu.

Ce fut en quelque sorte le déclic pour le Serbe qui, sans être fulgurant dans ses coups, commençait à retrouver des sensations alors qu'un soleil timide revenait sur Roland-Garros. De nouveau plus assuré dans ses prises de balles, plus solide sur son service, Djokovic pesait alors sur le match. Il ne lâchait plus de points sur de grossières erreurs, et prenait enfin la maîtrise des opérations. Seppi faisait de la résistance mais ne pouvait empêcher le N.1 mondial de revenir à sa hauteur en remportant le 4e set 7-5.

Sur sa lancée, et rassuré d'avoir retrouvé un niveau de jeu acceptable, alors que Seppi a contrario retombait dans certaines erreurs apès avoir joué en sur régime, Djokovic insistait sur ses points forts, un service puissant et des revers fond de ligne, quelques passings bien ajustés laissant l'Italien sans réaction. Un break plus loin, Djokovic faisait alors la course en tête et ne lâchait plus les rênes jusqu'à la ligne d'arrivée et une victoire qu'il pouvait apprécier à sa juste valeur tant elle avait été laborieuse.

Djokovic : "Je me suis bien battu"

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Christian Grégoire