Novak Djokovic
Novak Djokovic | ROBYN BECK / AFP

Djokovic, le spécialiste du retour inespéré

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Novak Djokovic a payé pour apprendre. Le Serbe a suffisamment perdu des matches qui auraient pu tourner en sa faveur qu’il a su se forger un mental pour devenir le roi des retours improbables, ces retournements de situation qui apportent un surcroît de confiance dans les moments clefs d’un match. Et qui permettent de gagner les tournois du Grand Chelem.

Lors des premières années de sa carrière, Novak Djokovic n’avait clairement pas le physique adéquat pour remporter un tournoi du Grand Chelem. Ses problèmes respiratoires l’obligeaient même parfois à bluffer ses adversaires pour finir par s’imposer. Gaël Monfils, battu en cinq sets au premier tour de l’US Open 2005 par un Djoko tout proche de l’abandon, en fût l’une des premières victimes.

Puis vient le temps de l’apprentissage du plus haut niveau pour Djokovic, celui de la fin des années 2000 lorsque le Belgradois butait systématiquement (ou presque) sur le duo Federer-Nadal, intraitable. A l’US Open 2007 par exemple, Djokovic s’incline en finale contre le Suisse après avoir gâché cinq balles de set au premier et deux au deuxième (7-6, 7-6, 6-4). Hormis son premier sacre en Grand Chelem à Melbourne en 2008 (contre Tsonga), le Slave ne parvient pas à dépasser l’hydre à deux têtes qui dirige la planète tennis. Il perd ainsi en cinq actes contre Tsonga en quarts de finale de l’Open d’Australie en 2010 après avoir pourtant mené deux sets à un (6-7, 7-6, 1-6, 6-3, 6-1).

Federer, victime préférée

Arrive enfin l’avènement de « Nole » qu’on peut faire débuter à la finale de la Coupe Davis 2010 où il apporte deux points décisifs à la Serbie, offrant à son pays le premier grand titre de son histoire. Libéré, Djokovic attaque la saison 2011 tambour battant. En septembre 2010, le Serbe avait déjà sauvé deux balles de matches contre Roger Federer avant de l’emporter après quasiment quatre heures de jeu (5-7, 6-1, 5-7, 6-2, 7-5). Mais cette victoire tenait plus de la tension de l’Helvète sur les points importants que du mental adverse.

Un an plus tard, c’est bien Djokovic qui va chercher la victoire face à un Federer qui n’a rien à se reprocher sur la première des deux balles de match dont il dispose dans la manche décisive : le numéro un mondial décide de tenter le tout pour le tout sur le puissant service de Federer et il réussit un retour de coup droit énorme qui crucifie le Suisse. Le match vient de changer d’âme et le Serbe finit par s’imposer au forceps 6-7(7), 4-6, 6-3, 6-2, 7-5, prouvant qu’il est bien désormais le maître du circuit.

Seul Nadal rivalise

Son splendide succès contre Jo-Wilfried Tsonga avec quatre balles de match sauvées au passage (et avec brio), venant après un combat viril face à Andreas Seppi (4-6, 6-7, 6-3, 7-5, 6-3), prouve que Djokovic a vraiment changé de dimension depuis un an et demi. Tombeur de Andy Murray en cinq manches à Melbourne puis victorieux d’un duel époustouflant d’intensité contre Rafael Nadal deux jours plus tard –alors que l’Espagnol s’est procuré une balle de 5-2 au dernier set, Djokovic semble indestructible dans les Majeurs.

Aussi solide que Nadal mentalement, le Serbe « mange la tête » de la plupart de ses rivaux et finit (presque) toujours par les battre. Au meilleur des cinq sets, il ne craint personne. Et s’il devait finalement perdre avant la fin de ce Roland-Garros 2012, ce serait à coup sûr parce que son adversaire évoluerait un ton au dessus de lui, tennistiquement parlant. Lui ne flanchera pas parce qu’il a « la tronche ». Et hormis Nadal, personne n’est aussi fort que lui de ce côté-là…

PS: Novak Djokovic en est à 16 victoires sur 21 dans les matches en cinq sets. Et il reste sur une série de 7 succès consécutifs dans ces duels à n'en plus finir.