Novak Djokovic 07.06.2013
Épuisé après 4h40 de combat intensif, Novak Djokovic a quitté le court Philippe-Chatrier sous l'ovation du public. | THOMAS COEX/AFP

Djokovic, le crève-coeur

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Le rêve de Grand Chelem s’évapore pour Novak Djokovic. Vainqueur de cinq des neuf derniers Majeurs disputés, dont trois contre Rafael Nadal, Djokovic a failli mettre un terme à la série phénoménale de l’Espagnol à Paris (26 victoires de suite, moins toutefois que les 31 établies entre 2005 et 2009). Mais il a finalement échoué in extremis.

Le Serbe vient (presque) de s’emparer de l’ultime bastion de résistance à son règne absolu. Presque car il lui a manqué un dernier coup de rein pour conclure une partie d’abord mal engagée avant un premier renversement de situation très favorable.

En éliminant Nadal sur sa terre fétiche, le Serbe aurait envoyé un signal fort. Il aurait effectué un nouveau pas de géant dans sa quête de gloire, à savoir devenir le premier à réaliser le Grand Chelem depuis Rod Laver en 1969 (Federer et Nadal n’ont jamais réussi même s’ils ont remporté les quatre levées, contrairement à Djokovic à qui il manque toujours le French).

Dur à digérer

Le leader du tennis mondial (depuis 2011) a été époustouflant de bravoure mais il a raté l’occasion d’inscrire un nouveau chapitre à sa légende en s’inclinant contre son rival en cinq sets acharnés. Un mois après son succès en finale à Monte Carlo contre ce même Nadal, le finaliste de l’édition 2012 a tout simplement gâché une formidable opportunité de réaliser le plus grand exploit de sa carrière.

Reste à savoir si ce n’est que partie remise ou si Nole regrettera longtemps ces quelques points qui n’ont pas basculé en sa faveur au cours de la manche décisive. Il tenait l’exploit à bout de bras mais il a manqué quelques coups droits et quelques smashs au pire moment, lorsque Nadal produisait son ultime effort, en champion. Cette défaite est encore plus cruelle que celle de 2011 (demi-finale contre un fantastique Roger Federer). Et elle n’a rien à voir avec la finale de l’an passé, lorsque le Majorquin évoluait encore un cran au dessus (succès en quatre sets). La déception sera-elle digérée pour Wimbledon ? Rien n’est moins sûr.

"Il a été très courageux"

"Ça a été un match incroyable, je ne peux qu'être déçu", a confié Novak Djokovic. "Mais je le félicite car il a été très courageux dans les moments importants. Quand il avait un jeu de retard dans le cinquième set, il a réussi des coups incroyables du fond du court. C'est pour ça que c'est le champion depuis tant d'années. Je ne m'attendais pas à un match facile. Je savais qu'on donnerait tout l'un et l'autre, physiquement et mentalement, pour gagner. J'ai fait de mon mieux. Mon troisième set n'était pas bon. J'ai baissé physiquement, mais j'ai réussi à revenir, et j'ai très bien joué ensuite. Mais ça n'a pas été suffisant. Il faut saisir les opportunités quand elles se présentent, sinon vous le regrettez.

Je ne pense pas avoir commis trop d'erreurs. (Sur le point où il touche le filet avec le corps). Je n'ai pas vu le ralenti, donc je ne peux pas trop faire de commentaire. J'ai essayé d'argumenter que la balle était déjà sortie du court. Mais on ne sait pas ce qui ce serait passé autrement. En tout cas, j'aurais dû gagner ce point à 99,9 %. Au cinquième set, il a joué des points avec des angles incroyables. Il a aussi très bien servi. Ça aurait pu aller dans les deux sens. Ce n'est pas ma première ni ma dernière défaite contre ce joueur. Je voulais tellement ce titre, c'est décevant. Mais je ne pense pas que ça va peser pour l'avenir, car j'ai déjà connu ça avant. Ce n'est pas la fin du monde. Même si le sentiment n'est pas bon en ce moment, je pense encore avoir du temps devant moi pour revenir et gagner ici."

Vidéo: la balle de match 

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