Novak Djokovic
Novak Djokovic l'oeil fixé sur la balle | AFP - KENZO TRIBOUILLARD

Djokovic au rendez-vous

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Le N.1 mondial, Novak Djokovic, s'est qualifié pour les demi-finales de Roland-Garros. Opposé à un Tommy Haas (N.12) qui avait passsé deux heures de plus sur le court depuis le début de la quinzaine, le Serbe n'a pas réalisé un match extraordinaire, mais il s'impose 6-3, 7-6 (7/5), 7-5 en 2h15 de jeu. Commettant énormément de fautes en retour, il se trouve néanmoins là où il voulait. Dernier tournoi du Grand Chelem à lui manquer, il est en demi-finale pour affronter Rafael Nadal (N.4), le septuple maître des lieux qui l'avait dominé l'an dernier en finale.

C'était le match attendu. Il est désormais devant nous. La revanche de la finale 2012 aura bien lieu, mais au stade des demi-finales. Depuis le tirage au sort, les deux hommes savent qu'ils se retrouveront avant la demi-finale. Novak Djokovic a livré une prestation solide, mais sans brillant. Comme s'il ne voulait pas encore trop se livrer avant le combat final, le duel déterminant, celui auquel il pense depuis un an. Des fautes à la pelle en retour de service, son point fort d'habitude, un manque de main-mise tactique sur le match, et en plus, l'absence de son côté intraitable au moment de faire la différence définitivement. A-t-il caché son jeu ? S'est-il préservé physiquement ? A-t-il été gêné par le vent ? A-t-il été embêté par un Tommy Haas au talent toujours intacte, mais au physique entamé ? On ne le saura vraiment que vendredi, face à Rafael Nadal.

Trois breaks nécessaires pour conclure

Novak Djokovic avait pourtant mis les bons ingrédients et dans le bon ordre. Un premier set empoché en trente minutes sur un break (6-3) en ayant réalisé un premier break au septième jeu (4-3), et sans avoir concédé la moindre balle de break sur son service, tous les voyants étaient alors au vert. Tommy Haas s'agaçait de commettre des fautes inhabituelles, et d'aller chercher des amorties qu'il avait toutes les peines à remettre, ajoutant de la fatigue à la fatigue. Et surtout, à compter du quatrième jeu, il prenait la très mauvaise habitude de commencer ses jeux de service en perdant le premier point. Normalement, contre le N.1 mondial, ce départ est fatal. Pas aujourd'hui. Incapable de réaliser le break, le Serbe devait en passer par le jeu décisif, après 1h12 de jeu. Dans celui-ci, par deux fois il perdait son service (1-0, 3-2), mais il recollait sur des fautes adverses (1-1, 4-3) pour, sur une merveille de revers croisé après un énorme bras de fer, s'offrir une balle de set qu'il ne laissait pas filer, voyant le revers de l'Allemand filer dans le couloir (7/5) après un set de 50 minutes. A ce moment là, la balance penchait irrémédiablement en faveur de Djoko: 10 aces à 2, 32 points contre 10...

Les événements s'engageaient d'autant mieux que Tommy Haas se montrait de plus en plus inconstant, ratant de nombreuses attaques de coup droit. Et sur l'un d'eux, il cédait son engagement (2-1). Mais Novak Djokovic le lui rendait aussitôt (2-2), avant de refaire la différence sur trois fautes d'affilée (double-faute, coup droit dans le filet et revers dans le couloir) pour mener (4-3). Cette fois, le N.1 mondial gardait la main (5-3), et se procurait même une balle de match sur le service de son rival, qu'il gâchait d'un revers dans le filet. La tête de série N.12 profitait de l'aubaine pour survivre (5-4), et sur deux erreurs adverses, il débreakait pour égaliser à (5-5). Mais au jeu suivant, après avoir sauvé deux balles de break et obtenu deux balles de jeu, Haas envoyait son coup droit dans la bâche, pour abandonner son service (6-5). Cette fois, le N.1 mondial ne cédait plus, terminant sur un magnifique revers le long de la ligne, comme il en a décoché peu aujourd'hui.

"Je peux gagner" contre Nadal

Avec 25 fautes directes mais surtout 40 fautes provoquées, Novak Djokovic a engrangé sa 19e qualification en demi-finale de Grand Chelem. Mais avec un tel déchet, il ne pourra certainement pas succéder à Jim Courrier, dernier joueur à avoir enchaîné Australian Open et Roland Garros (en 1992). "Je peux jouer encore mieux", avouait-il sur le court. "J'espère le faire au prochain tour." Et quand il a appris que Rafael Nadal serait son prochain adversaire, le Serbe a lancé: "Ma victoire à Monte-Carlo était un très bon match pour moi, et cela me donne un peu de confiance. Mais à Roland-Garros, Rafael est très fort. Je suis en très bonne position. Je suis prêt à jouer cinq sets." Le ton est déjà donné. Quelques minutes après, il n'avait pas changé en conférence de presse: " Maintenant, il y a un gros défi à relever, à venir. Je suis prêt pour cette bataille. J'ai bien joué jusque-là. Je sais que c'est le plus gros défi pour moi maintenant, à Roland Garros, c'est certain, il n'y a aucun doute là-dessus. De façon générale, je connais mon plan de jeu et je pars plein de confiance. Je crois que je peux gagner. J'ai besoin de bien commencer ce match."

Vidéo : La victoire de Djokovic

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