Froome
Chris Froome dans l'ascension du Mont Ventoux | JEFF PACHOUD / AFP

Dix-septième étape : un chrono pour grimpeurs

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La 17e étape de la Grande Boucle, un contre-la-montre individuel de 32 kilomètres dans les Hautes-Alpes, entre Embrun et Chorges, est annoncée comme l’un des possibles tournants de cette centième édition. Le directeur du Tour, Christian Prudhomme, évoque même une étape qui "va faire date". Dans un décor de carte postale, les coureurs graviront deux cols de 2e catégorie et s’élanceront dans deux descentes acrobatiques, susceptibles d’exclure définitivement certains candidats de la course au podium. Avant trois étapes alpestres dantesques, qui pourra se rapprocher d’un maillot jaune apparemment intouchable ?

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Le parcours : très technique

En surplomb du lac de Serre-Ponçon, les 32 kilomètres du jour offriront aux coureurs une vue remarquable… et un parcours pour le moins casse-pattes. La route s’élèvera dès les premiers coups de pédales vers le sommet de la côte de Puy-Sanières (6,4 km à 6% de moyenne) qui précède une descente très compliquée, avec plusieurs virages à l’aveugle. En bas, pas de répit : une nouvelle montée (la côte de Réallon, 6,9 km à 6,3% de moyenne), similaire à la précédente, se hissera immédiatement sous les roues des participants. Ces derniers avaleront, au total, 1000 mètres de dénivelé positif en 20 kilomètres. Le dernier tiers du parcours est une longue descente, un peu moins technique que la précédente, avec des faux-plats jusqu’à l’arrivée à Chorges.

L’enjeu : peaufiner la hiérarchie avant l’Alpe d’Huez

L’écart entre Chris Froome et ses concurrents, créé dans la montée vers Ax-3-Domaines puis creusé dans le Mont Ventoux, ne sera vraisemblablement pas comblé lors de ce second contre-la-montre individuel. Le natif de Nairobi, aussi facile en plaine (2e du chrono du Mont-Saint-Michel) qu’en montagne, aura sans doute même l’occasion de repousser un peu plus loin encore ses principaux adversaires. Mais le reste du Top 10, relativement hétérogène, se tient en moins de quatre minutes. Les outsiders en jambes verront donc, dans ce tracé, l’occasion rêvée de se rapprocher du podium – ou d’y conforter sa place – avant l’Alpe d’Huez (deux fois) jeudi, la Madeleine vendredi, et Annecy-Senmoz samedi.

Le coureur à suivre : Alberto Contador

Quinzième au Mont-Saint-Michel sur un parcours ne comportant pas la moindre difficulté, l’Espagnol trouvera dans les Hautes-Alpes un terrain plus bosselé qui lui convient davantage. Actuellement troisième du classement général à 4’25 de Christopher Froome, le double vainqueur du Tour (2007, 2009) aura à cœur de se repositionner avant d’attaquer les pentes alpestres. Il pourrait notamment passer le Néerlandais Bauke Mollema, qui le devance de dix secondes seulement (2e à 4’14), et mettre une pression toute relative sur le maillot jaune. "On l'a préparé avant le Tour", a reconnu le directeur sportif de l'équipe Saxo, Philippe Mauduit. "C'est un contre-la-montre  qui n'est pas simple avec deux montées, une descente très technique et une qui l'est un peu moins. Si la pluie est au rendez-vous, c'est un parcours qui conviendra bien avec Alberto mais si le terrain est sec, il fera moins la différence dans les descentes, et Chris [Froome] sera supérieur dans les montées".

Le chiffre : 2

La commune de Chorges (3000 habitants) est la 2e plus petite ville-étape de ce Tour de France 2013. Elle n'est « battue » que par le Mont-Saint-Michel, qui compte… 45 habitants !

Flashback : 2001

Le 17 juillet 2001, il y a douze ans jour pour jour, Lance Armstrong remportait l'un des plus beaux succès de sa carrière. Avant d’attaquer l’Alpe d’Huez, l’Américain ne semblait pourtant pas dans son assiette, fébrile et en retrait. Mais dès les premiers mètres d’ascension du mythique col, ses équipiers de l’US Postal, Roberto Heras en tête, prenaient les choses en main. Tout le monde craquait, sauf Jan Ullrich. Amstrong décidait alors de lui adresser le coup de grâce. Il fusillait l’Allemand du regard, lui adressait quelques mots, et s’envolait. Pour ne plus jamais être rattrapé. 

Vidéo : La reconnaissance de l'étape avec Péraud