Yohann Diniz à Barcelone en 2010
Yohann Diniz | JOSEP LAGO - AFP

Diniz marche vers un podium

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Si Yohann Diniz refuse de parler de titre ou de médaille, c'est peut-être par superstition et parce que ses deux derniers gros championnats se sont mal terminés, mais ce qui est certain, c'est que le Rémois qui a décidé de se concentrer sur le 50 km marche a pourtant mis tous les atouts de son côté pour tenter de faire aussi bien qu'il y a six ans quand il avait décroché l'argent.

Diniz n'a pas cherché à réaliser de gros chronos pendant sa préparation. Il a d’abord effectué un gros travail foncier pour renforcer son endurance. Puis, dans un deuxième temps, il a pris part à quelques compétitions sur piste pour travailler sa vitesse. Dans cette optique, il s’est aligné plusieurs fois sur 5000 m. Aux championnats de France, il a terminé 2e du 10.000 m. Une préparation en deux temps qui lui permet d’arriver en forme à Moscou.

Il détient la meilleure performance mondiale sur 50 km, il est bien préparé. La logique voudrait donc qu'il puisse envisager de repartir avec la plus belle des médailles. Mais lors d’une telle course, les imprévus sont courants et il le sait. Yohann a été disqualifié lors des deux derniers grands championnats. La première fois pour marche non réglementaire, la deuxième pour ravitaillement hors zone. Ainsi, le Français se veut-il prudent et serein.

Pas de pression

"Je n’ai pas de pression particulière. Les sélections sont plus derrière que devant moi, il faut prendre du plaisir. Je ne vais sûrement pas commencer à me prendre la tête avec ces histoires de médaille. Là, mon objectif n°1 sera de faire une course aboutie. La dernière remonte quand même à Barcelone en 2010… Ce serait bien de vaincre le signe indien. Après, bien sûr, je veux finir au moins dans les huit premiers. L’idéal serait d’être bien techniquement dans les cinq premiers kilomètres, de ne pas être crispé. Après seulement, je pourrai lancer la machine. Il ne faudra pas prendre de risque, plutôt y aller au feeling." 

Yohann Diniz sait qu'il devra lutter contre les Russes, qui restent parmi les plus solides sur ces épreuves longue distance, mais il devra aussi se battre contre lui-même en étant très attentif à ne pas faire de faute, et surtout dans la manière de gérer sa course émotionnellement. Sa forme est bonne, son état d'esprit est irréprochable, son envie intacte. A 35 ans, il aimerait enfin marcher vers un podium, voire toucher la consécration même si, dans une épreuve à propos de laquelle il est difficile de faire des pronostics, il ne veut pas en entendre parler.    

Vidéo: Diniz termine 10ème à bout de force

Christian Grégoire