Relais 4x400m
Passage de témoins ors des relais du 4x400m masculin | AFP

Diagana: "Un relais 4x400m à son niveau"

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Grosse déception pour le 4x400m français qui ne sera pas, pourtant comme à son habitude, en finale d’un grand championnat. Le relais, composé de Nicolas Fillon, Teddy Venel, Mamoudou Hanne et Yoann Décimus, a terminé septième de sa série. Stéphane Diagana, ancien champion du Monde de la spécialité en 2003, revient sur la contre-performance des Bleus et nous explique tous rouages à respecter pour réaliser un bon 4x400m.

"Avec seulement deux séries, contrairement à d’habitude, le niveau était très resserré pour se qualifier pour la finale. Cela a été très, très vite", explique Diagana. "Je suis bluffé par les autres équipes qui ont tourné autour des 3"01. Avec quatre relayeurs autour de 46", le 3"04 est logique. C’est le niveau que vaut le relais tricolore. C’est donc une demi-surprise", ajoute l’ancien champion du Monde du 400m haies.

"Il était d’ailleurs envisagé au départ de ne pas envoyer le relais à ces Mondiaux. Il était finalement à Daegu pour qu’il puisse faire une course supplémentaire avant les JO de Londres. C’est une nouvelle génération qui est en train de se mettre en place. Il faudra du temps.", reprend-t-il. Un relais orphelin de Leslie Djhone, recordman de France, blessé au genou, qui leur a manqué "chronométriquement" et en tant que "leader".

Beaucoup de spécificités à comprendre dans un 4x400m
Un relais 4x400m comporte de nombreux pièges à éviter et qui demande un véritable art de la course. "Sur un 4x400, les 500 premiers mètres sont capitaux. Le premier coureur du relais effectue son premier 400m et doit être bien place à la fin de sa course pour bien lancer le deuxième coureur", analyse le consultant de France Télévisions.

"Le deuxième relayeur fait les premiers 100 mètres de sa course dans son couloir, ceci avant de se rabattre à la corde (au premier couloir). Il doit avoir un gabarit solide, un peu comme un coureur de 800m. Il ne doit pas se faire enfermer quand les coureurs se rabattent", déclare-t-il. "Il n’y a pas de spécificités sur le 3e passage. Il faut bien tenir le cap. Enfin, le dernier relayeur doit être un homme fort, qui termine bien. Nécessaire pour être dans le coup pour la gagne", insiste Stéphane.

Une épreuve dont le passage de témoin est primordial comme pour toutes courses de relais. "Chaque relayeur doit être concentré sur son passage. Malgré la fatigue, l’athlète doit bien présenter son témoin pour qu’il soit bien visible de son coéquipier. Ce dernier devant bien s’en saisir, le tout en se lançant correctement pour une meilleure fluidité et gagner du temps sur les autres équipes", conclut le spécialiste du Tour de piste.

Gilles Gaillard