Helder Rodriguez montagne
Helder Rodriguez (Yamaha) goûte à un Dakar en haute altitude | FRANCK FIFE / AFP

Un Dakar en altitude, ça fatigue les hommes et les moteurs

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A défaut de pouvoir totalement jouer sur un parcours nouveau, les organisateurs du Dakar ont musclé leur épreuve 2016 avec ces quatre jours en altitude entre Jujuy, Uyuni et Salta. A plus de 4000 mètres, hommes et machines n’ont plus vraiment toutes leurs facultés. Explications.

L’enchaînement va faire mal. Mercredi : une boucle de 630 kilomètres autour de Jujuy à une altitude moyenne de 3.500 mètres. Jeudi : montée en Bolivie avec le point culminant du Dakar à 4.600 m. Vendredi : un tour du salar d’Uyuni entre 3.500 m et 4.200 m. Samedi : Redescente vers Salta en Argentine mais avec une spéciale autour des 4000 m de moyenne. Il faut être un athlète pour supporter ces montagnes russes où l’oxygène se fait rare. A ces hauteurs, tout semble presque aller au ralenti. « L'année dernière, on a passé deux jours à une moyenne de 4.000 mètres, on sent que ça tire sur l'organisme, raconte Stéphane Peterhansel. On sent une certaine fatigue, on peut avoir des maux de tête. On est un peu au ralenti au niveau de nos réflexes, notre anticipation est un peu diminuée. » Pour cette raison, certains pilotes ont effectué des séances dans un caisson hypoxique. Sébastien Loeb et Nasser Al-Attiyah en ont un chez eux, d’autres les ont loués ou sont allés dans des centres spécialisés comme Nani Roma à Barcelone.

Stage en altitude ou caisson hypoxique

Le Qatari, vainqueur du Dakar 2015, avait connu une alerte l’an passé mais nous a assuré que c’était à cause d’une prise de médicament. « C'était de ma faute, nous a-t-il confié en décembre. J'ai pris des médicaments pendant l'étape et ils m'ont rendu malade. En altitude on perd un peu d'oxygène mais ça n'empêche pas de continuer. Je me suis préparé physiquement pour affronter cela. » Pour mettre tous les atouts de son côté, Peugeot a concocté un stage à ses équipages. Hormis Loeb, ils sont tous allés une semaine à Font-Romeu dans un « milieu à  faible taux d'oxygène », a expliqué à l'AFP le patron de Peugeot Sport, Bruno  Famin. Au programme des tests en hypoxie pour en repérer les effets sur la réactivité et la mémoire. Pour les préparer à gérer une ou plusieurs étapes de ce genre sur la durée. En cas de souci, le centre médical du rallye s’est préparé à réoxygéner les pilotes souffrants avec des bouteilles et des masques à oxygène.

40 % de puissance en moins

Plus haut, moins vite, moins fort, c’est ce qui se produit côté mécanique dès que la route s’élève. "Les voitures perdent presque 10% de puissance tous les 1.000 mètres d'altitude. A 4.000 mètres, on va perdre quasiment 40% de puissance. La voiture  va moins vite", explique Peterhansel. Le phénomène est bien connu mais quand il s’agit de rouler le plus rapidement possible d’un point à un autre, notamment lors d’une compétition automobile, ça devient problématique. Qu’y faire ? Pas grand chose si ce n’est disposer d’un gros moteur à la base. Peugeot a testé sa 2008 DKR au Chili en décembre dernier. Quelques roulages à plus de 4.700 mètres leur ont permis de mieux comprendre le problème et s’y adapter du mieux possible. A voir le Lion enchaîner les victoires, on se dit que le moteur français n’a pas l’air si handicapé par l’altitude.

avec AFP