Dakar cargo
Le cargo Rio Imperial attend l'embarquement des véhicules du Dakar | Jean-Marie Hervio/DPPI

Tous dans le même bâteau

Publié le , modifié le

La plupart des concurrents européens du Dakar connaissent Le Havre. On venait y chercher son véhicule en provenance du Sénégal. On le dépose désormais pour rallier l'Amérique du Sud, point de départ du rallye-raid depuis 2009.

Le quai normand marque la fin de la préparation au Dakar et le début d'une grande aventure. Cette montée dans le cargo Rio Imperial est un moment fort, attendu par de nombreux concurrents. Enfin du concret, symbolisé par la pose des stickers. En galère pour s'engager et trouver des sponsors, Manuel Lucchese était soulagé d'être arrivé jusqu'au Havre. "J’ai eu beaucoup de mal à monter mon projet cette année, et je n’ai pu récupérer une moto que mardi, a indiqué le champion du monde des Bajas (+ de 450cc). Je comptais faire le voyage seul, mais grâce à Facebook, j’ai trouvé un compagnon de route qui a pris place à côté de moi dans ma fourgonnette : c’est Davide Biga, un motard bien connu en Italie depuis qu’il a fait le tour du monde en Super Ténéré. Nous sommes arrivés à 5h du matin, dans les temps !" Les teams professionnels étaient eux aussi à bon port. Les 9 camions d’assistance du Team X-Raid pointaient au garde à vous devant la guérite d’accueil jeudi 22 novembre au matin. Les clés des 6 Mini et de la BMW X3 engagées sur le rallye ont été confiées à l’équipe de mécaniciens et d’ingénieurs chargés de les bichonner. Pour l’écurie tenante du titre, la conquête du Havre est abordée avec rigueur, mais relève de la formalité.

Avant de prendre la mer, 700 véhicules (course, assistance, organisation, presse…) ont passé le cap des premières vérifications techniques. Les équipes du Dakar ont passé le relais à Haropa (Havre-Rouen-Paris), le 1er ensemble portuaire français, et s'appuient sur l’expertise logistique de la structure qui orchestre le chargement ou le déchargement de 365 000 véhicules par an sur le terminal routier du Havre. Après leur passage par le hangar 121, où les pilotes obtiennent leur feu vert après contrôle des matériels de sécurité, les véhicules sont entreposés dans un parc fermé, puis seront pris en main par 70 chauffeurs experts en créneaux. Plein comme un oeuf, le cargo est prêt à larguer les amarres pour un long périple qui va le conduire en Amérique centrale. Afin de rejoindre le littoral pacifique jusqu'à Lima, il faut emprunter le canal de Panama. L'arrivée est prévue fin décembre dans la capitale péruvienne. Les véhicules attendront sagement la reprise en main de leur propriétaire. D'autres kilomètres sont à couvrir mais pas au chaud dans un cargo.