Peterhansel dakar 2016
Stéphane Peterhansel (Peugeot) a pris son pied sur le tracé sinueux de la 2e étape du Dakar 2016 | FRANCK FIFE / AFP

Stéphane Peterhansel va peut-être croire aux miracles

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Recordman des victoires sur le Dakar (6 à moto, 5 en autos), Stéphane Peterhansel était curieux de savoir où était sa Peugeot 2008 DKR 16 face à la concurrence des Mini et Toyota. Il estime que sa monture est encore un peu jeune. "Il faudrait un miracle pour qu'on gagne" avait-il annoncé avant le départ. Le doublé réalisé avec Sébastien Loeb va-t-il le faire changer d'avis? Il est de nature à le rassurer sur la performance de la Lionne.

C’est peu dire que Stéphane Peterhansel a une incroyable expérience du Dakar. Quand on participe pour la 27e fois à l’épreuve, le stress du départ n’existe plus. Serein, « Peter » attendait l’heure de la confrontation. « L’an dernier, on se posait beaucoup de questions sur notre performance, explique-t-il. Avec une année de plus d’expérience, la question est toujours en suspens. On ne sait pas car on a eu très peu de confrontations avec la concurrence. Le feeling est bon. On sent que la voiture va vite mais combien par rapport aux autres ? » Ces interrogations d’avant-course ont été balayées dès la 2e étape entre Villa Carlos Paz et Thermas de Rio Hondo, la seule disputée puisque la 1re avait été annulée à cause de la météo. Sur son terrain de prédilection (il a remporté 8 fois le rallye d’Argentine WRC), Sébastien Loeb a affolé le chrono et remporté sa première spéciale sur le Dakar. « C’est vraiment des pistes comme il en a pratiquées pendant toute sa carrière, indique son coéquipier. C’est un terrain qui lui convient parfaitement, donc ce n’est pas une surprise. » Si on pouvait s’attendre à une grosse performance du nonuple champion du monde des rallyes, la deuxième place de Peterhansel met elle en lumière la vélocité trouvée de la 2008 DKR nouvelle version.

Encore un peu tôt ?

Patron de Peugeot Sport, Bruno Famin a marqué sa satisfaction. "Le fait que les quatre pilotes soient dans le coup, c'est bon signe pour la voiture. Ce n'est pas seulement l'effet Loeb. C'est satisfaisant pour l'instant. Après, c'est la première vraie étape. Il ne faut pas tirer de conclusions hâtives." Ce résultat positif demande donc une confirmation. Peterhansel attend de voir la suite car le problème mécanique qui affecté la 2008 de Carlos Sainz démontre que c’est du côté de la fiabilité que le bat risque de blesser. « C’est encore un peu tôt, estime Peterhansel quant à la possibilité de s’imposer en 2016. Peugeot est revenu après 25 ans d’absence sur le Dakar. Réussir en deux ans c’est difficile face à des équipes très expérimentées et qui sont là depuis plus de 10 ou 15 ans. On a beaucoup de retard à rattraper. C’est encore un peu tôt cette année mais un miracle peut toujours arriver… » Les leçons de 2015 ont visiblement été retenues et Peugeot revient avec humilité. « Il faut garder un peu de réserve, indique Monsieur Dakar. On ne peut pas être prétentieux et trop sûrs de nous. »

La chasse est ouverte

Ce qui l’incite à la prudence c’est aussi le parcours de ce Dakar. En manque de dunes, le rallye ne devrait pas sourire à un buggy comme la 2008. « C’est une deux roues motrices qui nous donne certains avantages dans les parties désertiques ouvertes et dans les dunes, explique Peterhansel. Depuis que le Dakar existe, c’est sûrement le moins avantageux pour les deux roues motrices. On verra dans le sinueux et en moyenne montagne si on a assez de vitesse. » D’où une tactique qui se voulait prudente au départ avant de sortir les griffes en deuxième semaine sur des portions plus désertiques avec des spéciales compliquées en navigation. Sauf que la victoire de Loeb est passée par là. Et les félins ne sont pas encore rassasiés.

Vidéo : Stéphane Peterhansel "pas contrarié" par la victoire de Sébastien Loeb

Xavier Richard @littletwitman