Arequipa
La région d'Arequipa | AFP - Andrea Pistoliesi

Rendez-vous en terre inconnue

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Le Dakar a tourné une nouvelle page de son histoire en faisant sa première incursion au Pérou. C'est à Arequipa, la deuxième ville du pays, que la caravane a pris ses quartiers, à plus de 2300 m d'altitude, dans les montagnes du désert des Andes. Avec de la pierre blanche et du sable grisâtre au programme, il s'agit déjà d'une entrée en matière prometteuse.

Passée la "ville blanche", inscrite au patrimoine de l'UNESCO, avec de petites maisons construites en pierres volcaniques en étagement sur le flanc de la montagne, et les quartiers étroits aux couleurs d'Afrique avec de basses habitations dont on ne sait comment elles tiennent debout, l'espace devient poussière. Et passées les routes à deux voies où se croisent difficilement des camions essoufflés sur leurs essieux, e désert s'ouvre sur des chemins de terre jusqu'à un no man's land improbable, où le bivouac s'est installé. Une cuvette enclavée dans la montagne, où le téléphone refuse de connecter au reste du monde. Un grand moment de solitude, à l'image de la région, désolée, aride, et belle.

Si en périphérie de la ville, des opérations sont menées pour fertiliser plusieurs hectares, grâce à des opérations d'irrigation de la rivière surgie de la Cordillère, dans ce creuset, où le vent atténue la chaleur, les rotondités des collines restent désespérément sèches. Un peu comme les manières de fonctionner des policiers et de la douane du pays, qui se sont repus de formalités en tous genres. Ce sera peut-être un inconvénient à corriger pour que le Dakar s'installe de façon plus régulière dans cette riche historiquement riche où il y a encore beaucoup à découvrir.

Côté parcours, les Péruviens ont été gâtés: un programme de choix avec deux spéciales, un bivouac intermédiaire sans assistance et surtout, encore et toujours, beaucoup de sable. C'était la volonté des organisateurs que de maintenir des dunes pratiquement jusqu'au dernier jour pour faire durer le suspense. Le fait est qu'ils ont trouvé dans la sécheresse péruvienne une nature adaptée et un terrain propice au rallye. C'est évidemment un parcours extrêmement piégeux. Les concurrents arrivent en terre inconnue. C'est le moment de faire preuve de vigilance. Car les chemins étroits et rocailleux, les éclats de poussière et les murs de dunes dressent un mur de difficultés à ceux qui partent à leur conquête. Pour sa première péruvienne, c'est sûr, le rallye danse sur un volcan.

Christian Grégoire