cockpit Peugeot 2008 DKR
La 2008 DKR 16 vue de l'intérieur | FRANCK FIFE / AFP

Pourquoi les Peugeot dominent tant ce Dakar

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Raillé l’an dernier, le Lion a désormais la cote sur ce Dakar. Chez Toyota comme chez Mini, on est admiratif et même un peu jaloux des 2008 DKR 16.

  • Buggy plus compact et plus léger

Buggy plus compact et plus léger

La copie était à revoir. Elle l’a été en profondeur. En 2015, Peugeot partait d’une feuille blanche et s’était enfermé dans des mauvais choix techniques. Trop compacte, trop lourde, la 2008 DKR était inconduisible sur de nombreux terrains avec une forte tendance à partir en tonneaux. Un an plus tard, ce n’est plus du tout la même auto. La silhouette s’est élargie, les masses ont été mieux réparties et la bête a fondu. Près de 350 kg en moins, ça fait une sacrée différence. La version 2016 est devenue féline ! La Lionne a même pris les habits du guépard. En ligne droite, chez Overdrive (Toyota) on évoque une vitesse de pointe supérieure d’environ 20 km/h en faveur de la 2008 alors que le moteur des trois principaux rivaux développent 350 cv.

  • Gommes exclusives de Michelin

Gommes exclusives de Michelin

L’échec de 2015 a aussi eu des répercussions sur les pneumatiques. Avec son partenaire sochalien, Michelin a, sur sa demande, revu totalement ses enveloppes dédiées deux roues motrices. Une structure différente, un dessin différent et des gommes différentes. Bref un pneu totalement nouveau adapté aux buggys qui tient mieux la route et qui a fait des miracles dans la boue. Face à la grogne de ses clients qui avancent un retard de 10 ans, Michelin va essayer de rectifier le tir pour le prochain Dakar.

  • Parcours favorable

Parcours favorable

Sur la carte du Dakar 2016, les quatre roues motrices devaient briller en première semaine et souffrir en deuxième. Sur le papier seulement puisque le manque de sinuosité a fait le jeu des Peugeot. L’essentiel des spéciales a eu lieu sur des pistes très rapides et sans réels besoins de relance, l’avantage donné à un 4X4 est réduit à néant. Jean-Marc Fortin, le patron des Toyota de Giniel de Villiers, Leeroy Poulter et Ronan Chabot, pense qu’avec des vraies routes tortueuses et montagneuses, ses voitures ou les Mini auraient été devant. Si le parcours peut expliquer bien des choses, le Belge reconnaît la supériorité intrinsèque des Peugeot.

  • Loeb arme fatale de la dream team du Lion

Loeb arme fatale de la dream team du Lion

Quand Peugeot parle de dream team des pilotes, il n’a évidemment pas tort. Stéphane Peterhansel est tout simplement « Monsieur Dakar » avec ses 11 victoires. Carlos Sainz est une légende du WRC et a gagné l’épreuve en 2010. Si Cyril Despres est légèrement en retrait, le nouvel homme fort du Lion, c’est Sébastien Loeb. L’extra-terrestre du WRC s’est régalé en claquant trois spéciales sur les cinq premières du rallye. Le talent du nonuple champion du monde des rallyes combiné à une navigation plutôt simple l'ont propulsé sur le devant de la scène. Mais attention à « Peter » qui ne renonce jamais et qui a pris la tête du général à l’issue de la 6e étape.

  • Le poids d’un constructeur

Le poids d’un constructeur

Puisqu’il est le seul chez les autos, personne ne peut avoir la force de frappe d’un constructeur comme Peugeot. Les Mini et les Toyota sont elles développées et exploitées par des structures privées, respectivement le team X-Raid de Sven Quandt et l’équipe Overdrive de Jean-Marc Fortin. Cela rappelle l’ère Volkswagen qui avait connu quelques déboires avant de devenir imbattable. C’est en train de devenir le cas pour Peugeot qui consacrerait un budget conséquent à son programme rallye-raid. Selon notre estimation, le coût d’une 2008 DKR 16 avoisinerait le million d'euro quand un client Mini doit débourser 800.000 euros et un Toyota autour des 450.000.