Peterhansel Sainz Peugeot
Peterhansel et Sainz, les deux pilotes de pointe de Peugeot | FRANCK FIFE / AFP

Peugeot se bat contre le temps

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Marque de référence après les succès de la 205 T16 et de la 405 T16, Peugeot occupera toujours une place à part sur le Dakar. Ce poids de l'histoire, les attentes nées du lancement de la 2008 DKR sur les Champs-Elysées ont mis le Lion en première ligne. Un statut de favori qui sera difficile à assumer la première année tant la barre est haute et le pari ambitieux.

"Le retour de Peugeot est une bonne nouvelle. Mais il faut être patient avec eux. On sait que c'est impossible de gagner la première année avec une voiture complètement neuve." Pilote de pointe en rallye-raid, Nasser Al-Attiyah a suivi avec intérêt le début de l'aventure Peugeot. Il y a deux ans, le Qatari avait lui aussi essayé de construire son propre buggy pour battre les Mini. Un échec cuisant qui avait brisé les ailes du projet du vainqueur du Dakar 2011. Fort de ses dernières expériences réussies en endurance et à Pikes Peak, le constructeur français a lui aussi misé sur un buggy pour faire son grand retour. Sortie cet été des ateliers de Vélizy, la 2008 DKR est un innovant concentré de technologie. Les choix sont radicaux et les dividendes ne sont pas attendus pour tout de suite. Pour le moment, ce ne sont pas les idées qui ont manqué mais le temps. Si la performance a été validée sur le terrain par Stéphane Peterhansel et Carlos Sainz, il n'en va pas de même pour la fiabilité.

"On est un peu court"

"Sincèrement, on est un peu court, a reconnu Peterhansel, Monsieur Dakar. Ce n'est pas de l'intox. Depuis plusieurs mois, ça a été un travail vraiment intense, et j'espère en tout cas qu'on aura au moins une petite récompense. Un podium, pourquoi pas ?" Avec ses petits camarades, le recordman des victoires sur le Dakar (11) a enchaîné les problèmes mécaniques en essais, notamment au niveau de la transmission. On évoque également un problème de roulis qui pourrait s'avérer handicapant. Ces soucis sont inhérents aux projets qui débutent. Volkswagen en avait lui aussi connu en son temps avant de dominer l'épreuve pendant trois années, de 2009 à 2011. Du bureau d'étude au terrain, la vérité n'est pas toujours la même. Seuls les kilomètres accumulés en essais et en course permettent de corriger le tir. Peterhansel regrette de ne pas avoir pu en faire assez. "On n'a fait que la moitié ou les deux tiers de ce qu'on aurait voulu faire en terme de kilométrage. Mais ce qui me gêne un peu, c'est qu'on n'a pas eu le temps de valider toutes les conditions de météo et de terrain différentes. On a fait les essais sur des terrains bien particuliers, mais on n'a pas balayé toutes les conditions possibles et imaginables."

La concurrence réagit déjà

Peugeot ne gagnera surement pas cette année mais le travail accompli ne sera pas perdu. Il est même fondamental pour développer l'auto dans la bonne direction. "Il faut bien commencer par un bout, et là on est au début et on va progresser, et j'espère gagner le plus rapidement possible, ajoute Peterhansel. Mais on sait que ça va être compliqué cette année". Il n'y a pas de temps à perdre car la concurrence ne laissera pas le Lion seul sur les terres des 2 roues motrices. Le team X-Raid (qui engage les Mini) développe lui aussi son buggy pour l'année prochaine. Guerlain Chicherit sera au volant dès dimanche pour son baptême du feu avant une longue phase de développement de neuf mois. Si tout va bien, les buggys X-Raid seront trois en départ 2016. Et ce n'est pas tout puisque le nom d'un constructeur allemand revient avec instance pour grossir le plateau.

Xavier Richard @littletwitman