Stéphane Peterhansel
Le pilote français Stéphane Peterhansel | AFP - FRANCK FIFE

Peugeot et Peterhansel, c’était trop pour Mini et Toyota

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Peugeot a posé sa patte sur le Dakar 2016. Une victoire éclatante qui tient autant aux progrès de la 2008 DKR qu’au brio de Stéphane Peterhansel. Mini, avec Nasser Al-Attiyah et Hirvonen, et Toyota ont essayé de résister. En vain.

Peugeot, des sourires et du stress

Le redressement est spectaculaire. Un an après son fiasco de 2015, Peugeot est redevenu ce félin prédateur des grands espaces. Son dernier succès sur le Dakar remontait à 1990. Tous les terrains de cette 38e édition ont souri aux 2008 DKR 16. Pas besoin d’un grand chelem de spéciales pour s’en rendre compte. La victoire finale apparaît tout à fait logique et valide les choix entrepris dès février dernier. Pour autant, le Lion aurait pu tout perdre lors d’une deuxième semaine de tous les dangers, la seule dans les standards du Dakar. La 2008 n’a pas aimé la grosse chaleur du nord-ouest argentin, les ornières et les tonneaux de Sébastien Loeb.  Le nonuple champion du monde WRC y a enterré tous ses espoirs et entrevu le travail qui l’attend dans les prochains mois. Carlos Sainz, alors leader, a lui abandonné sur casse mécanique (entretoise reliant moteur et boîte de vitesse) alors que Cyril Despres était déjà hors du coup à cause de problème électrique. Unique rescapé mais confortablement en tête, Stéphane Peterhansel supportait à lui seul la pression d’une équipe. Il l’a géré de main de maître.

Une dream team mais un seul Peterhansel

Son expérience n’a pas d’égal. Ce n’est surement pas un hasard si la seule Peugeot épargnée par les gros pépins est celle de « Monsieur Dakar ». Légèrement en retrait face aux véloces Loeb et Sainz, Stéphane Peterhansel a bondit au bon moment lors de l’étape clé du Dakar entre Belen et La Rioja. Il n’a pas eu besoin d’un "miracle" comme il le disait avant le départ pour accrocher son 12e titre, son 6e en autos. Sa science de la course et sa pointe de vitesse ont parlé.

Nasser Al-Attiyah sauve les apparences, Hirvonen démarre bien

Il rêvait d’un doublé. Un brin taquin, Nasser Al-Attiyah avait même lancé à la cantonade aux membres de Peugeot qu’il préférait sa Mini aux 2008 DKR. Quinze jours plus tard, ses appels du pied en direction du Lion sont à peine voilés. Le Qatari s’est battu en champion mais il a constaté que sa monture ne pouvait plus rivaliser à la régulière avec les Peugeot. Ses deux scratches en deuxième semaine et sa deuxième place sur le podium sont presque inespérés mais prouvent combien Al-Attiyah est le seul capable de titiller les 2008. Reste à savoir si le Lion acceptera de faire rentrer un nouveau loup dans sa bergerie. On a beaucoup parlé de la première de Sébastien Loeb mais un autre débutant a tiré son épingle du jeu : Mikko Hirvonen. Le Finlandais, épaulé par Michel Périn, a remporté une spéciale et se classe à une très belle 4e place.

Mini et Toyota à la croisée des chemins

2016 sonne le glas des espoirs de Mini et Toyota dans leur forme actuelle. C’est l’heure des remises en question pour X-Raid et Overdrive, les deux teams privés qui exploitent respectivement les All4Racing et les Hilux, qui se sont heurtés à Peugeot avec une régulière impuissance. L’exploitation du règlement avantageux des deux roues motrices allait bien finir par arriver. Malgré des évolutions notables et un travail acharné des deux structures, une nouvelle hiérarchie s’est établie et aucune révolution n’est à prévoir. Mini n’a jamais vraiment cru au projet buggy de Guerlain Chicherit. Sven Quandt, le patron de X-Raid va-t-il revoir sa position ? S’il le fait, le retard pris sur Peugeot sera difficile à rattraper. On pourrait donc assister à une domination sans partage des 2008 DKR pendant quelques années.

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