Petites mains et gros bras

Petites mains et gros bras

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Si le Dakar est une vitrine qui met en évidence les plus belles dunes du monde, à travers le relais de la télévision, cela ne peut se faire que grâce au travail réalisé en amont, par des techniciens capables de toutes prouesses pour établir des liaisons et des fréquences impossibles, et à tous les gros bras qui chargent et déchargent tous les jours des camions.

Cela n'a l'air de rien de manipuler des valises métalliques pleines de matériel électronique, des mâts, des antennes, des caisses d'outils, des tables, des boîtiers, des écrans de contrôle, sans compter les valises de tous les suiveurs du bivouac Mais multiplier ces épreuves de manutention durant tout le Dakar, dans la chaleur et la poussière, rouler de nuit dans des conditions difficiles, pour être prêt pour le rendez-vous du lendemain, cela laisse tout de même des traces.

Et les gros bras du rallye sont souvent les premiers à pied d'œuvre sur place, en attendant l'arrivée des journalistes et des techniciens. Tous ces camions, qu'il s'agisse de studio de montage, de régie, de relais de diffusion, sont essentiels à la diffusion des images de France Télévisions. C'est en quelque sorte l'envers du décor. Les cars techniques interviennent à tous les instants de la construction des émissions des émissions pour donner le meilleur dans des conditions parfois difficiles. Et derrière les cars il y a des hommes. Des prestataires dont la mission est délicate car ils n'ont pas le droit à l'erreur sinon plusieurs centaines de milliers de téléspectateurs s'en aperçoivent. Ils doivent rester performants, ce qui n'est pas toujours aisé, car il faut supporter l'enchaînement des trajets et des levers aux aurores, et quelquefois il faut se battre avec les éléments. C'est là le talent de ces techniciens hors-pair. Parvenir à créer les trois émissions quotidiennes et à les diffuser depuis des milliers de kilomètres de Paris, dans un désert de sable qui n'a pas jamais dû voir une antenne auparavant.

Pour Jean-Marc, technicien vidéo, les choses se passent somme toute comme s'il fallait réaliser une émission en France, avec le même dispositif. "Nous ici, nous disposons de quatre caméras sur le plateau de France Télévisions, deux caméras qui sont montées sans fil, avec une réception pour les preneurs de son qui équipent les caméras avec un micro d'ambiance et un micro sans fil pour les présentateurs, une caméra filaire, qui reste sur le plateau, et une caméra à l'épaule qui peut travailler jusqu'à à 300 m du car régie. Il y a un réseau d'ordres pour tous les techniciens, les les cadreurs, et un réseau qui arrivent dans les oreilles des journalistes comme si on était sur un plateau télé. Pour les caméras sans fil, comme pour la vidéo,on est obligé de changé de fréquence quand on change de pays". Ce qui demande du travail, et de la précision. Mais aussi d'accepter que soit un peu l'aventure.

"Tout ce matériel de diffusion est monté et démonté tous les soirs. On fait la route en autocar, on essaie de dormir pendant le trajet, et quand on arrive, on retrouve le camion. On ressort tout le matériel. Et on réinstalle tout. Comme ça tous les jours pour les trois émissions. Chacun a sa fonction. et sait exactement ce qu'il a à faire. On est un maillon de la grande chaîne de la diffusion". Mais comme le dit Jean-Marc, il n'y a pas que pour la télévision que les gros bras et les petites mains s'activent. Car ce que l'on peut trouver sur place pour faciliter la vie de ceux qui courent et de ceux qui suivent le Dakar, cela ne se fait pas tout seul. "Quand on arrive au bivouac, il y a déjà beaucoup de gens au travail. Pour installer les sanitaires, tirer les câbles électriques...C'est une organisation équivalente à celle du Tour de France, sauf qu'on est à l'extérieur, loin...Mais pour nous, hormis les conditions et les horaires pour les échanges avec la France, ça ne diffère pas tellement, car nous sommes rodés et nous connaissons les problèmes que nous pouvons rencontrer".  

Mais au-delà de l'aspect même de leurs fonctions, la plupart de ces professionnels ont un rapport particulier avec le Dakar. "C'est un peu une grande famille. Chaque année, on retrouve tout le temps les mêmes personnes. Dans ce genre d'événement en général aussi". Ce qui peut s'expliquer car dans ce type d'activité intense et physiquement usante, il faut avoir une certaine expérience pour aller à l'essentiel, faire vite et bien, et réagir aux changements de dernière minute. Il faut aussi être capable de cette magie particulière de faire surgir de l'image depuis nulle part.

Christian Grégoire