Al-Attiyah – Peterhansel
Stéphane Peterhansel et Nasser Al-Attiyah ensemble chez Mini | FRANCK FIFE / AFP

Peterhansel contre le reste du monde

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Avec ses onze victoires au compteur, Stéphane Peterhansel fait figure de grand favori pour se succéder au palmarès du Dakar. La menace est pourtant réelle, dans son camp et ailleurs.

Stéphane Peterhansel n’est pas un grand bavard. Quand il a vu débarquer Nasser Al-Attiyah la veille de la présentation du Dakar en novembre dernier, il a mis du temps avant d’émettre le moindre son. Car malgré son statut de roi du rallye-raid, « Peter » ne voit jamais d’un bon œil tout ceux qui peuvent se mettre entre lui et la route d’une nouvelle victoire au Dakar. Le Qatari, vainqueur en 2011, est un obstacle de taille. S’il ne dispose pas du statut de pilote officiel Mini, il n’en dispose pas moins de la même voiture que le Français et sera traité d’égal à égal sur le bivouac. Peterhansel a en mémoire toutes les éditions où Al-Attiyah a mené la vie dure à Carlos Sainz alors que les deux pilotes couraient ensemble sous les couleurs de Volkswagen. Il sait que le Qatari jouera sa carte à fond, une Mini en tête ou pas. Des cinq favoris régulièrement cités, "trois d'entre eux sont dans mon équipe" X-Raid-BMW, assure Peterhansel, citant Al-Attiyah, Roma et Terranova. Les deux derniers sont peut-être un cran en dessous mais ils ont le couteau entre les dents. Roma est très ami avec Peterhansel mais il aimerait bien sortir de son ombre. Quant à l’Argentin, il arrive en fin de contrat et va devoir se retrousser les manches pour rester dans un top team. Si Peterhansel et ses petits camarades s’engagent dans une lutte sans merci, ce petit jeu pourrait avoir des conséquences dans l’équipe de Sven Quandt.

Sainz prêt à bondir

Bien entendu, la concurrence se frotte les mains de cette arrivée tardive du Qatari chez X-Raid. Pour détrôner le roi Peter, il ne faut négliger aucune carte. Celle-là pourrait bien être maîtresse. « On surveille ça de très près », savoure Jean-Marc Fortin, le patron du team Overdrive qui fait courir le Sud-Africain Giniel de Villiers (3 fois 2e et une fois 3e du rallye). La Toyota a elle changé de châssis et revu son injection pour essayer de combler son déficit de puissance face au turbo diesel des Mini. Condamné au sans faute, De Villiers a au moins les moyens d’accrocher un nouveau podium. Plus ? En revanche, le plus gros rival de Peterhansel pourrait bien être Carlos Sainz. Le double champion du monde des rallyes et vainqueur du Dakar 2011 a rejoint l’équipe SMG de Philippe Gache et dispose d’un buggy fiabilisé et performant. S’il reste au contact pendant la première semaine, tout est possible. Quant aux buggys de Robby Gordon, BJ Baldwin et Guerlain Chicherit, leur jeunesse sera un handicap sur la totalité du rallye. La dernière inconnue s’appelle Ford qui aligne deux autos bien nées mais au potentiel encore incertain dans les mains de Lucio Alvarez, révélation du Dakar 2013.