Parc fermé et yeux ouverts

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C'est une constance sur le Dakar depuis sa création. Le lieu le plus surveillé reste le parc fermé où voitures, motos, quads et camions, lustrés, préparés, solidement gonflés, attendent dans l'ombre de pouvoir enfin vrombir, se dégourdir les roues et s'ébrouer dans les chemins de terre et des dunes provocantes.

Tous les véhicules avait pris place fin novembre à bord du Sao Paulo, un énorme cargo qui avait  la lourde mission de conduire sa précieuse cargaison à bon port:171 autos, 185 motos, 76 quads et 33 camions plus les voitures complémentaires, celles de la course, de l'assistance, de la presse, et l'organisation  organisation, soit au total 680 véhicules. Avant d'affronter les pistes, les routes et les déserts sud-américains, les véhicules participant au rallye ont tranquillement traversé l'Atlantique dans les entrailles d'un cargo.

Après trois semaines de traversée, à laquelle participèrent deux collaborateurs du Dakar, toujours afin d'apporter le maximum de surveillance et de sécurisation, ce fut alors l'arrivée à Delta Docks, dans la province de Buenos Aires. Neuf heures durant, les techniciens, les manutentionnaires, et les dockers argentins, ont ainsi délesté le bateau de son chargement, et tous les les véhicules avaient été conduits et entreposés dans le parc fermé où chacun a trouvé sa place. Certes, il s'agit toujours d'une prouesse logistique, mais l'Argentine commence maintenant à bien maîtriser les impondérables techniques.

Les voitures rutilantes et les motos font l'admiration du public qui commencent à se presser à la base navale où a été installé le parc. C'est alors une multitude de flashes qui crépitent pour immortaliser la venue de ces voitures de compétition et de leurs champions de pilotes sous le soleil de Mar del Plata. Car jusqu'à ce que les organisateurs, bon princes, décident d'ouvrir les barrières et de laisser les petits et les grands rêver aux côtés de ces drôles de machines, celles-ci ne quitteront leur emplacement que pour la traditionnelle visite technique puis elles retourneront dormir sous la garde de la "policia" jusqu'au matin du 1er janvier. Alors seulement, devant une foule qui se verra offrir pour étrennes un départ haut en couleurs, voitures, motos, quads et camions pourront enfin lâcher les chevaux.  

Christian Grégoire